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Caravage à Rome, amis et ennemis

Musée Jacquemart-André (Paris, le 20 novembre 2018).

Pour la première fois à Paris, dix originaux de Caravage, figure emblématique de la peinture européenne et baroque du XVIIe siècle, sont réunis au sein du musée Jacquemart-André. Ces prêts exceptionnels dialoguent avec les œuvres d’illustres contemporains, comme le Cavalier d’Arpin, Annibal Carrache, Orazio Gentileschi, Giovanni Baglione ou Jusepe de Ribera, afin de rendre compte de l’effervescence artistique qui règne alors à Rome autour de la révolution artistique initiée par Caravage.

Né en 1571, Michelangelo Merisi, dit Caravage, va révolutionner la peinture italienne du XVIIe siècle par son usage novateur du clair-obscur qui isole des personnages au réalisme troublant dans un espace qui à disparu. L’exposition est consacrée à la carrière romaine de Caravage et au milieu artistique dans lequel il a évolué : comme les études les plus récentes l’ont montré, le peintre entretenait des relations étroites avec les cercles intellectuels romains de l’époque. L’exposition s’intéresse ainsi aux rapports de Caravage avec les collectionneurs et les artistes, mais aussi avec les poètes et les érudits de son temps. Il s’agit tout d’abord d’évoquer la vie à Rome au début du XVIIe siècle en montrant l’activité des grands ateliers dans lesquels Caravage fait ses premières armes.

Images extraites du court-métrage immersif en réalité virtuelle In tenebris Caravaggio (2018), produit par Arte, via la plateforme numérique Arte Trip.

C’est aussi durant cette période qu’il fait des rencontres déterminantes pour sa carrière, celles du marquis Giustiniani (1564-1637) et du cardinal Francesco Maria Del Monte (1549-1627) qui deviennent deux de ses mécènes et lui adressent de nombreuses commandes. Outre les amis et les soutiens de Caravage, l’exposition s’attache à présenter ses ennemis et rivaux. Caravage, qui ne voulait pas être imité et qui le fut pourtant malgré lui, s’est souvent opposé à ses contemporains, à l’occasion de discussions, de procès et même de rixes. Sa carrière romaine s’achève en 1606, quand, au cours d’un duel, Caravage tue Ranuccio Tomassoni. Condamné à mort suite à cette rixe fatale, Caravage est contraint à l’exil mais ses plus fidèles protecteurs continuent à s’intéresser de son destin.

L’EXPOSITION

Le parcours de l’exposition est découpé en huit sections homogènes, pertinentes et aérées conçues par les deux commissaires généraux, Francesca Cappelletti et Pierre Curie, ainsi que le scénographe Hubert le Gall.

Section 1 – Le Théâtre des têtes coupées

Le thème de Judith décapitant Holopherne eut un grand succès dans la Rome de la fin du XVIe siècle et le début du XVIIe, au point de devenir quasiment un test pour la pittura dal naturale (d’après nature), imitée par tant de contemporains de Caravage. À l’origine de cette vogue, le tableau peint par le peintre lombard pour le banquier génois Ottavio Costa, l’un de ses commanditaires plus importants.

Chef-d’œuvre incontestable de la peinture, il révèle le talent de Caravage sur la scène romaine de la fin du Cinquecento. Reprenant un sujet biblique abordé par le théâtre, le peintre met en scène un drame observé de près, en gros plan. Holopherne, penché vers l’avant, saisit les draps dans un dernier geste désespéré alors qu’il succombe. La jeune et courageuse veuve qui lui coupe la tête semble à peine perturbée par le spectacle du sang et de son trépas. À ses côtés, une vieille servante pose un regard impitoyable sur la scène. Caravage oppose la jeune et la vielle femme, la beauté de la jeunesse et les signes du temps, dans un contraste destiné à perdurer dans des contextes différents.

Méduse de Caravage (1597).

David avec la tête de Goliath de Caravage (1606).

L’artiste, bien que n’ayant pas inventé le genre, a toujours eu un penchant pour les têtes coupées (1). Dans les siècles précédents, Memling, Luini ou Cranach pratiquaient déjà le genre, mais Caravage est passé à la vitesse supérieure comme si la violence de ses peintures, des arrêts sur image souvent plus glaçants que sanglants, canalisait la sienne, l’homme étant réputé pour son caractère bagarreur et incontrôlable. L’inventeur du clair-obscur a remis au goût du jour l’art de la décapitation sur chevalet et l’a transmis à toute une génération de « suiveurs » nommés les Caravagesques. Parmi ses autres tableaux, Salomé avec la tête de St Jean Baptiste (1607), Méduse (1597), David avec la tête de Goliath (1606). Dans ce dernier, Caravage pousse le vice jusqu’à se représenter sous les traits de Goliath. Une première dans l’histoire de la peinture : l’autoportrait en décapité !

Salomé avec la tête de St Jean Baptiste de Caravage (1607).

Dans Salomé avec la tête de St Jean Baptiste, la fille de la reine Hérodiade danse devant son beau-père Hérode. Bluffé, pour ne pas dire plus, il lui propose de lui offrir ce qu’elle désire. Ce sera la tête du pauvre Jean-Baptiste, servie sur un plat d’argent, rappelant l’entresort des décapités parlants.

Judith et la servante avec la tête d’Holopherne de Orazio Gentileschi.

Dans les scènes bibliques, les artistes choisissent soit de capter l’action immédiate, comme le fait souvent Caravage, soit de représenter le moment d’après, quand la tête dégoulinante est brandie comme un trophée ou fourrée dans un sac. Dans le rôle des exécuteurs : Judith, David et Salomé. Avec Judith et la servante avec la tête d’Holopherne (1611-1612), Orazio Gentileschi propose différentes interprétations du sujet, en privilégiant parfois, plutôt que le moment de la décapitation, celui de la fuite de Judith en compagnie de la servante, dans une atmosphère correspondant à la suspension de l’action après le drame.

Section 2 – Musique et nature morte

Le Joueur de Luth de Caravage était accroché dans la grande salle des tableaux anciens dans le palais du marquis Vincenzo Giustiniani, le commanditaire le plus important de Caravage et l’une des grandes personnalités intellectuelles du XVIIe siècle européen.

Dans l’inventaire réalisé à sa mort en 1638, le tableau est décrit comme « la demi-figure d’un jeune homme jouant du luth, avec plusieurs fruits, fleurs et livres de musique ».

Malgré la sophistication des effets associés à la représentation des éléments naturels, la musique est le thème principal de l’œuvre : le jeune homme, avec son regard languide et sa chemise entrouverte, joue du luth et entonne un madrigal amoureux. C’est un hommage aussi à la musique du luth, un instrument plus raffiné que le théorbe, mais abandonné, justement à cause de « la grande difficulté rencontrée pour savoir bien jouer du luth ».

Ce tableau est à l’origine d’une tradition de peintures représentant de jeunes chanteurs à l’attitude plus ou moins mélancolique, occupés à chanter leurs peines de cœur, comme les bergers de la poésie antique.

Section 3 – Peindre d’après un modèle vivant

Le Jeune Saint Jean-Baptiste au bélier des Musei Capitolini constitue un témoignage essentiel pour définir le concept de la peinture des saints d’après nature. Son iconographie est inhabituelle : il est représenté jeune et souriant, dans la même pose que l’un des nus peints par Michel-Ange dans la chapelle Sixtine, entourant un bélier de son bras. Dès le début du XVIIe siècle, la nouveauté d’une telle image a entraîné des identifications avec des sujets anciens et des interprétations allégoriques. Le tableau eut beaucoup de succès et fut imité à maintes reprises car l’image de saint Jean dans le désert offrait aux peintres de l’époque l’opportunité d’appliquer l’étude du nu masculin à un sujet sacré.

Section 4 – Les contemporains

Durant le procès intenté par Giovanni Baglione contre Caravage en 1603, on demande à ce dernier de citer les peintres contemporains qu’il apprécie et qu’il considère comme des «  hommes de valeur  ». Cette liste précieuse est l’un des rares témoignages directs de ce qu’un peintre aussi controversé, qualifié de «  naturaliste  » à la moitié du siècle, pense de la peinture de son époque, même si Caravage ici mélange sans aucun doute ses idées sur l’art à une exigence plus pressante : se défendre contre les accusations. Il ne s’agit pas d’un extrait d’un traité artistique, mais d’une déposition devant le juge.

Caravage cite les peintres les plus influents de la scène romaine, avec lesquels il pouvait tout à fait avoir été en contact. Il avait probablement rompu avec le Cavalier d’Arpin depuis longtemps, mais ce peintre faisait vraiment autorité dans la Rome de Clément VIII. Federico Zuccari représentait la culture artistique de la fin du Cinquecento et était un peintre intellectuel et académique ; Roncalli réalisait des fresques appréciées et allait avoir, d’ici peu, de violentes altercations avec le Cavalier d’Arpin. Pour ce qui est d’Annibal Carrache, le problème des rapports avec Caravage se pose dès 1595 environ ; la confrontation directe se produit au début du siècle dans la chapelle Cerasi. Pendant quasiment tout le siècle, les peintres se prononcent sur cette cohabitation, qui ne sera considérée comme un affrontement que par certains et surtout plus tard.

Section 5 – Images de la méditation

Les disciples de Caravage étaient Bartolomeo Manfredi, Jusepe de Ribera, Francesco (dit Cecco) del Caravaggio, et en moindre mesure le Spadarino et Saraceni, auxquels on peut ajouter Orazio Borgianni, Orazio Gentileschi, Antiveduto Gramatica et Giovanni Baglione.

Tous ces peintres sont présents dans l’exposition et certains dans cette section, avec des œuvres significatives ; ils témoignent d’une expérimentation commune sur le thème de la figure isolée, la capacité de bien représenter un personnage unique, l’une des spécialités de Caravage et des peintres qui l’admiraient. La figure de Saint Jérôme permet à Caravage d’associer le thème de la méditation à une réflexion sur la vieillesse. Le chef-d’œuvre conservé aujourd’hui à la Galleria Borghese est généralement daté de 1605, mais on ignore encore les circonstances de sa commande. Il fait partie des tableaux essentiels pour comprendre le style de la maturité de Caravage, dont l’influence a été déterminante pour le caravagisme, notamment dans les premières œuvres de Ribera.

La lumière souligne minutieusement les rides et les plis que le temps a imprimés dans les chairs. Et grâce à la synthèse extrême de la composition, elle confère une aura majestueuse à l’intense travail d’écriture du saint, doté d’une longue barbe blanche, dont la figure est équilibrée par la présence du crâne à l’autre extrémité du tableau.

Le Saint François en méditation est représenté à genoux, un crâne posé à ses pieds. Cette vision de la méditation eut beaucoup de succès et fut beaucoup diffusée dans la deuxième moitié du Cinquecento.

Section 6 – Quelques visages à Rome au début du siècle

L’Accademia di San Luca a été fondée officiellement à Rome en 1593. Son premier directeur – appelé principe, le « prince » – est Federico Zuccari, peintre maniériste et auteur d’un traité sur l’art de la peinture. La gestation de l’Académie avait été fort complexe et avait duré pendant toute la deuxième moitié du Cinquecento.

Les premiers statuts n’avaient été approuvés qu’en 1607 et les architectes admis aux côtés des peintres et des sculpteurs seulement en 1634. Caravage ne mit sans doute jamais les pieds à l’Académie, mais celle-ci dut prendre l’habitude, dès ses premières décennies d’existence, de réunir les autoportraits ou les portraits des membres et des peintres qui avaient joué un rôle important dans la vie artistique de la ville. En 1624, les images d’artistes réunies auprès de l’Académie étaient déjà au nombre de 53. Une liste de portraits d’« académiciens décédés » dressée en 1617 compte, en plus des portraits de Carlo Saraceni et d’Orazio Borgianni, celui de Caravage.

Son portrait, que nous présentons ici, reprend les traits du peintre tel que nous les connaissons d’après les descriptions littéraires, les autoportraits présents dans ses peintures (du Martyre de saint Matthieu de la chapelle Contarelli à l’Arrestation du Christ réalisée pour Ciriaco Mattei et aujourd’hui conservée à Dublin) et, surtout, le dessin d’Ottavio Leoni. Au cours de sa longue carrière de portraitiste, ce dernier a immortalisé les visages de Rome au XVIIe siècle, des artistes aux amis en passant par les grands protagonistes de la vie de la cité.

Section 7 – La passion du Christ

L’évocation de la période romaine de Caravage serait incomplète sans le thème des rivalités artistiques, récemment abordées par des études approfondies et documentées. L’un des événements les plus importants est sans nul doute ce «  concours  » qui, vers 1605, aurait opposé Caravage aux peintres Cigoli et Passignano dans la réalisation d’un Ecce Homo pour «  monseigneur Massimi  », qui aurait été gagné par Cigoli. Le thème du «  concours  » illustre le contexte artistique romain des toutes premières années du XVIIe siècle, tout en proposant une observation attentive des deux œuvres qui en étaient au cœur.

Section 8 – Le temps de la fuite

De nombreux documents d’archives mis au jour récemment ont contribué à reconstituer le meurtre sanglant de Ranuccio Tomassoni, que Caravage connaissait depuis plusieurs années. Les deux hommes partageaient des amitiés, des fréquentations et une certaine tendance à répondre violemment en cas d’outrage. Ranuccio et ses frères se déplaçaient armés en ville et étaient souvent impliqués dans des désordres avec les gardes du pape. Les principaux éléments décrivant le meurtre se rejoignent. Le 28 mai 1606, on célèbre le premier anniversaire de l’élection de Paul V. Le soir, près de la basilique San Lorenzo in Lucina, Caravage et Ranuccio Tomassoni en viennent aux mains, Ranuccio tombe au sol, est blessé à la cuisse par un coup d’épée et meurt «  à peine confessé  ». Le peintre ensanglanté s’enfuit et ne donne plus aucune nouvelle. Seulement plus tard on découvrira qu’il a fui vers le sud accompagné de ses amis de toujours, immédiatement protégé par le cardinal Del Monte et la famille Colonna.

Un tableau nous parle de ces mois de fuite et d’isolement. C’est Le Souper à Emmaüs, aujourd’hui conservé à la Pinacoteca di Brera. Cette œuvre marque une étape fondamentale dans l’évolution du style de Caravage ; les personnages sont de plus en plus isolés et sont entourés de ténèbres, dont ils ne ressortent que par quelques rares touches de lumière.

Le Souper à Emmaüs a probablement été réalisé en même temps qu’une Madeleine en extase dite Madeleine « Klain », tableau qui a sans doute rencontré un succès immédiat, mais dont le parcours reste difficile à établir. On connaissait l’histoire de cette œuvre par le biais d’une réplique fidèle datée des alentours de 1612 et signée par Louis Finson.

L’iconographie de cette Madeleine est absolument innovante : tout en préfigurant les extases des saintes du Bernin, sa pose renvoie à celles des statues antiques de ménades et de satyres ivres, ainsi qu’à Ariane endormie et à Méléagre mourant. Le visage consumé et hagard de la sainte trahit l’extase d’une pécheresse convertie et plongée dans une lumière contrastée qui révèle ses courbes abandonnées.

Madeleine en extase dite Madeleine « Klain ».

Madeleine.

À l’occasion de cette exposition, nous avons la chance de pouvoir comparer, pour la première fois, la Madeleine « Klain », attribuée de longue date à Caravage, avec une autre version, également de la main du maître. Cette version, découverte en 2015, n’a encore jamais été exposée en Europe. Le tableau n’a été exposé qu’une seule fois auparavant, à Tokyo, en 2016. Il s’agit donc d’une occasion unique pour le public de les admirer ensemble.

Madeleine, détails.

Le Musée Jacquemart-André

Ouvert au grand public depuis plus d’un siècle, le Musée Jacquemart-André, demeure des collectionneurs Édouard André et Nélie Jacquemart, édifiée en 1869, abrite une multitude d’œuvres d’art portant les signatures les plus illustres. De la Renaissance italienne (Uccello, Bellini, Mantegna, Della Robbia), de la peinture flamande (Rembrandt, Hals, Ruysdaël) et de la peinture française du XVIIIe siècle (Boucher, Chardin, Fragonard, Vigée-Lebrun).

L’art, raison de vivre d’Édouard et Nélie André, a permis à ce couple de collectionneurs de rassembler en quelques décennies près de 5 000 œuvres, dont beaucoup sont d’une qualité exceptionnelle. Pour satisfaire leur souci d’éclectisme, les époux André, puis Nélie Jacquemart seule après la mort de son mari, ont su, avec rigueur et détermination, faire appel aux plus grands antiquaires et marchands, parcourir le monde à la recherche de l’objet rare, dépenser des sommes considérables pour des œuvres de maîtres, sacrifier des pièces de second ordre – et parfois même les renvoyer au vendeur – afin de respecter un choix d’excellence, qui fait de l’hôtel Jacquemart-André un musée de rang international.

Salle italienne.

Fuite en Egypte de Sandro Botticelli (1505).

Les salles du « musée italien » sont une splendeur et abritent des chefs-d’œuvre de Mantegna, Donatello ou Botticelli. Le point d’orgue du lieu étant l’escalier d’honneur monumental à double révolution où trône La réception du roi Henri III par le doge Contarini (1745), une fresque rococo majestueuse de Giambattista Tiepolo qui illustre clairement sa virtuosité illusionniste et son art du trompe-l’œil. Pour parachever le décor de cet escalier, les époux Jacquemart-André ont déplacé cette très grande fresque, marouflée sur toile, peinte initialement pour la villa Contarini en Vénétie où ils l’ont découverte et achetée en 1893. Elle représente Henri III revenant de Pologne pour prendre la succession de son frère Charles IX sur le trône de France. Il passe par Venise où il est reçu par le doge Contarini.

Un plafond peint par le même artiste représentant La Renommée annonçant l’arrivée du roi III complétait le décor de la villa vénitienne. Ce plafond a été remonté dans la Salle à Manger de l’hôtel, aujourd’hui Salon de thé.

Cet hôtel et ses collections, qui s’étendent sur près de 2 000 m², apparaissent aujourd’hui comme le témoignage qu’a voulu laisser à la postérité ce couple fortuné et sans descendance, qui a voué sa vie à l’art. Légataire de ce bien en 1912, l’Institut de France s’emploie depuis à respecter ses volontés testamentaires et à faire connaître au plus grand nombre ses collections exceptionnelles rassemblées avec passion dans un lieu qui n’a rien à envier aux autres grands musées parisiens.

- Textes extraits du dossier de presse de l’exposition.

Les œuvres présentées du Caravage :
- Judith décapitant Holopherne (1598). Galleria Nazionale d’Arte Antica di Roma, Palazzo Barberini, Rome
- Le Joueur de luth (1595-1596). Musée de l’Ermitage, Saint-Petersbourg
- Le Jeune Saint Jean-Baptiste au bélier (1602). Musei Capitolini, Rome
- Saint François en méditation (vers 1606). Museo Civico Ala Ponzone, Cremone
- Saint Jérôme (1605-1606). Galleria Borghese, Rome
- Ecce Homo (1605). Musei di Strada Nuova, Genova
- Le Souper à Emmaüs (1605-1606). Pinacoteca di Brera, Milan
- Saint François. Galleria Nazionale d’Arte Antica di Roma, Palazzo Barberini, Rome
- Madeleine en extase dite « Madeleine Klain ». Collection particulière, Rome
- Madeleine (1606). Collection particulière

Notes :
- (1) L’illusion de la décapitation est un classique de la magie qui rencontra un très grand succès public et commercial. Nous retrouvons cet effet au théâtre dans les comédies de magie dès le XVIIIe siècle et ensuite tout au long des XIXe et XXe siècle. Pour la grande histoire, Catherine Howard (1522-1542), Reine d’Angleterre et cinquième épouse d’Henri VIII, fut décapitée pour adultère ! Parmi les différentes décapitations réalisées par les illusionnistes, celle de Rubini était particulièrement morbide car montrée sous un jour parfaitement sérieux et terrifiant. Aucune douceur dans l’expression du bourreau, mais un sadique sentiment de satisfaction. Dans la tradition des « coupeurs de tête », les autres magiciens prennent leur sujet plus légèrement et la terreur est neutralisée par des effets distrayants, comme en témoigne Le décapité récalcitrant de Georges Méliès, où la décapitation revêt une allure comique un peu exagérée ; ou The Great Decapitation Mystery de Servais Leroy et Bosco ; il y a aussi l’angélique beauté de Magie Hindoue d’Adélaïde Herrmann ; Nicola nous met à l’aise en nous disant que la décapitation est un « cri mêlé au rire » ; Kellar, Andress et Cazeneuve tenant leur propre tête, nous réconfortent par un gentil regard. Notons également d’autres bourreaux-illusionnistes comme Bénévol, le Professeur Gauthier, le Professeur Krosso, Max Reywills, Charles De Vere… une liste non exhaustive.

A voir :
- Caravage à Rome, amis et ennemis. Du 21 septembre 2018 au 28 janvier 2019. Musée Jacquemart-André, 158 bd. Haussmann - 75008 Paris. Ouverture 7 jours sur 7, de 10h à 18h.

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Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 18 décembre 2018.
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