Au moment de débuter sa deuxième conférence, l’équipe organisatrice explique, en avant scène et en aparté (ceci s’appelle un zeugma) à Juan Tamariz, que sa conférence devra durer seulement une heure car le planning est très serré.
Au premier rang nous suivons la conversation avec attention car le groupe précédent avait pu bénéficier d’une présentation d’une heure et demie.
Nous sommes vite rassurés, car Juan Tamariz, en professionnel consciencieux, répond qu’il lui faudra une heure et demie pas moins, pour être équitable, et que les spectacles suivants devront s’adapter.
1- Premier tour : un gag !
Un spectateur monte près de lui, un demi paquet de cartes est mélangé honnêtement, une carte est seulement pensée, le jeu est mélangé encore une fois. C’est impossible de retrouver la carte ? D’accord ? Je ne peux pas le faire ! Et l’artiste balance le jeu par-dessus son épaule en ajoutant : « A la fin, je vends des notes de conférences, il n’y a qu’un seul tour décrit, c’est celui-là ! »
2- Carte à la poche 1
Un deuxième spectateur monte sur la scène. Le jeu est mélangé, puis étalé, puis rassemblé et coupé plusieurs fois. Le spectateur place la carte supérieure du jeu dans la poche arrière droite du jeans de l’artiste et lui redonne le jeu faces en bas. Deux cartes sont extraites du jeu très rapidement : un dix et un cœur. La carte est extraite de la poche, c’est le dix de cœur !
3- Carte à la poche 2
Un troisième spectateur vient. Le jeu est coupé. Le spectateur doit placer la carte du dessus ou celle du dessous dans sa poche, toujours sans la regarder. Le jeu est rendu faces en bas. Deux cartes sont extraites : un six et un trèfle. Elles annoncent le six de trèfle qui est retiré de la poche !

4- Coïncidence
Juan Tamariz place une femme à sa droite et un homme à sa gauche. Un jeu est emprunté et le deuxième jeu utilisé est celui de l’artiste.
A droite, le paquet de l’artiste est mélangé et coupé. Une carte est placée face en haut dans le jeu sans regarder. Le jeu est égalisé puis retourné face en bas.
A gauche, le jeu emprunté est mélangé, coupé. On demande au spectateur de nommer son carré préféré. Le carré d’as. Il peut changer d’avis s’il le désire, en rois ou dames ? Non, il ne veut rien changer. Sans aucun mouvement suspect, les quatre as sont retrouvés sur du jeu ! Premier effet.
Puis l’homme situé à sa gauche mélange sans regarder, le jeu est étalé, mélangé. Alors on lui demande un chiffre. C’est le chiffre trois qu’il choisit. En haut ou en bas ? En haut. Le spectateur prend la troisième carte du haut et la place au milieu du jeu.
Les deux paquets sont distribués carte après carte simultanément, comme dans les tours de coïncidence. On arrive à la carte face en haut de la spectatrice : c’est une dame de carreau. La carte au même rang du paquet du spectateur est retournée face en haut, c’est aussi la dame de carreau !
5- L’illusion d’optique du trois de carreau
Le spectateur choisit une carte au stop. C’est le trois de carreau retourné face en haut, puis face en bas.
Puis le jeu est mélangé et une carte est retournée.
C’est le deux de carreau. Ce n’est pas la carte ? C’est bien un carreau ? Oui dit le spectateur. Il y a plus de points ? Oui ? C’est dommage car si vous aviez dit moins, j’aurais su quelle carte vous aviez choisie ! Mais il manque un point, c’est donc le trois.
A ce moment Juan Tamariz approche l’as de carreau et dans un mouvement de va et vient rapide il superpose l’as de carreau sur le deux de carreau et l’effet d’optique permet de visualiser un trois de carreau.
Sur le temps faible suivant (rire + applaudissements) le trois de carreau réel est substitué à la place du petit montage animé. C’est magnifique et drôle.
6- Huile et Eau à trois reprises
Premier effet : quatre cartes rouges et quatre cartes noires sont contrôlées par le spectateur. Il y a bien huit cartes ni plus ni moins. Les cartes sont placées en alternance de couleur par le spectateur en un seul tas. L’artiste ne touche à rien. Les cartes sont recomptées et remontrées. Avec un seul doigt elles sont étalées et montrées séparées.
Deuxième effet : cette fois le tour est recommencé avec les cartes faces en haut, alternées en deux colonnes placées l’une sur l’autre. Elles sont de nouveaux séparées, les rouges d’un côté, et les noires de l’autre côté.
Troisième effet : terrible de netteté. Les cartes rouges sont alternées au milieu des cartes noires et l’alternance est montrée sans mouvement suspect en étalant les cartes. Le paquet est refermé et aussitôt les cartes sont étalées avec les noires d’un côté et les rouges de l’autre. C’est incroyable !
Référence : http://www.artefake.com/spip.php?article8
7- Tour du téléphone ou divination d’une carte pensée
Le jeu de cartes est mélangé et posé sur la table. Le spectateur contacte avec son portable une personne inconnue du public et de l’artiste. Cette personne doit penser à une carte sans dire laquelle.
Après un moment de silence…Juan Tamariz s’écrie : « OUI ! »
Puis il dit en baissant la voix : « Aucune idée de cette carte ! C’est difficile, très difficile ! »
Pour se rattraper : « C’est qui ? Votre femme ? Elle habite où ? Orléans ? » Alors l’artiste se tourne dans une autre direction, comme pour mieux recevoir le message depuis Orléans ! (rires)
« Cette fois, c’est raté… ? Non, non ! Ne changez pas de carte ! C’est une coïncidence, c’est une carte que j’aime beaucoup.
Pour la première fois, demandez le nom de la carte à votre femme, je ne touche à rien…Dame de pique ? »
Alors l’artiste demande au spectateur d’épeler J-U-A-N et il tombe sur la dame de pique.
Il reprend le téléphone des mains du spectateur et parle à sa femme :
« Ici c’est Juan Tamariz, écoutez bien vous allez recevoir une grande ovation ! ».
Alors il tend le téléphone vers le public et c’est ce qui se produit.

8- Pré show
Un tour pour tout le monde, même les profanes. L’artiste demande de placer les index en face des yeux pour l’illusion de la saucisse en lévitation. Il passe parmi les spectateurs des premiers rangs pour aider ceux qui n’arrivent pas à obtenir l’illusion. Et pour celui-là, il sort un chapelet de saucisses factices de sa poche de veste !
9- Cards across (cartes voyageuses)
Un premier spectateur compte dix cartes (paquet A) dans la main de l’artiste. Ces dix cartes sont confiées au deuxième spectateur. Dix autres cartes sont comptées par le premier spectateur (paquet B) Trois cartes voyagent invisiblement du paquet B, dans le paquet A. Le magicien recompte les cartes du paquet B. Le nombre passe de 10 à 9, ensuite de 9 à 8 avec un comptage très fluide. Le spectateur compte lui-même une dernière fois : il reste 7 cartes. Le deuxième paquet est sensé contenir 13 cartes. Il n’en contient que 10. Après bien des péripéties les cartes manquantes sont retrouvées dans la veste du spectateur. (Non, ce n’est pas celui qui avait droit au chapelet de saucisses)
Juan Tamariz crédite Larry Grey en 1961 qui a eu l’idée le premier de retrouver les trois cartes « voyageuses » dans la poche du spectateur, mais sa méthode pour y parvenir est différente. (Voir Dai Vernon’s Further Inner Secrets of Magic (1961) Card Across by Larry Grey.)
Référence : http://www.artefake.com/spip.php?article23
Un grand merci, monsieur Juan Tamariz, pour ce très beau voyage dans votre univers.
L’artiste termine en expliquant, pas à pas, ses différentes ficelles mais cela est une autre histoire…
A voir :
L’interview de Juan Tamariz sur Chop-Cup.com.