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Viktor VINCENT / Synapses

Théâtre Trévise (Paris, le 18 février 2012).

Sur scène, un écran diffuse un message sous forme de cartouche :

1- Pour participer, levez la main et un papier vous sera remis.

2- Ecrivez secrètement les initiales d’une personne qui vous est chère.

3- Ne montrez ces initiales à personne, pas même à votre voisin.

4- Pliez le papier en 4.

5- Dépêchez-vous, il n’y a que 30 feuilles de papier à votre disposition.

Deux assistants collectent les papiers dans des corbeilles noires. Une fois le ramassage terminé, tous les papiers sont disposés dans un saladier transparent et éclairé, posé sur un guéridon côté cour. Vers ce guéridon se trouve également un pupitre avec accroché dessus une illusion d’optique en spirale noire et blanche. Côté jardin se trouve un autre guéridon et un chevalet portant une représentation du tableau de Jérôme Bosch, The Conjurer (1475-1505).

Dès l’entrée des spectateurs dans la salle, le ton est donné et le spectacle qui va suivre sera entièrement participatif.

Introduction

La lumière de la salle s’éteint et une voix off féminine annonce : « …Bonne chance à tous et gardez bien les yeux ouverts ! Viktor Vincent, Synapses. »

L’écran, en fond de scène, commence à diffuser une vidéo de style super 8 (avec sautes d’images). Nous voyons, entre autre, un magnétophone jouant à l’envers une musique, et un compte à rebours de 10 à 0. Nous verrons plus tard que ces images auront une place importante dans le spectacle…

Vient ensuite différents extraits de numéros d’illusionnistes. L’évasion suspendue d’une camisole de force d’Harry Houdini, des manipulations de cartes de Chester J. Woodin, une lévitation de Thurston. La pellicule, comme désagrégée par les moisissures du temps, s’arrête. Apparaît sur scène le mentaliste Viktor Vincent vers le tableau de Bosch.

Celui-ci nous met en garde que les apparences sont trompeuses et que nous allons expérimenter, ensemble, la pensée, ou plutôt essayé de capter des combinaisons de pensée ; à l’image des synapses qui connectent deux cellules nerveuses. Est-ce que les messages chimiques arriveront au bon destinataire ?

1- La photo

Le mentaliste annonce d’emblé qu’il va demander à une multitude de spectateur de venir le rejoindre sur scène lors du spectacle. Il appel ça « la loi de l’emmerdement maximum ». Pour cela, il est aidé d’Attila, un nounours en peluche jeté au hasard dans la salle, qui désignera la « victime » (ce qui enlève de suite l’idée d’utiliser des compères).

Une spectatrice est donc désignée d’office et doit choisir entre 6 photos dont les faces sont cachées. Une fois la photo choisie et mise de côté, le mentaliste montre les 5 autres pour bien faire constater qu’il s’agit de personnalités différentes. Il retourne alors le choix de la spectatrice qui correspond à la 7ème photo, mise de côté depuis le début sur le pupitre. En retournant l’illusion d’optique, une reproduction à l’identique apparaît.

Viktor Vincent assure qu’il a fait tout ce choix à la place de la spectatrice, en l’influençant de manière subliminale. C’est alors qu’il dévoile ses dires en nous repassant la vidéo du début. Nous constatons qu’une image de la personnalité choisie par la spectatrice était déjà présente dans le montage du compte à rebours de manière furtive, l’espace d’un quart de seconde entre le 1 et le 0. La vidéo nous est passée au ralentie pour que nous constations l’insert. Le montage contenait également des messages entiers disant de choisir tel numéro de photo. Pour finir, le magnétophone passait à l’envers une musique bien connu des cinéphiles, et qui remise à l’endroit donnait un moyen imparable pour influencer le choix final. Tout était joué d’avance : la musique, le numéro et le son !

Avec ce premier numéro, Viktor Vincent frappe un grand coup dans l’inconscient des spectateurs en posant les bases de son travail de mentaliste emprunt de visions et de sensations sonores. Comment les images et les sons peuvent-ils nous influencer insidieusement ? Le tour pouvait être extrêmement basic en s’arrêtant à la révélation du tableau. L’intérêt est relancé par un double climax qui vient enrichir le premier d’une nouvelle lecture. On sent dans cette approche une passion pour le cinéma. A ce sujet, plusieurs œuvres cinématographiques ont déjà travaillé sur les images subliminales, notamment avec le cinéma de propagande. Comment diriger les masses, comment les distraire (d’un but personnel) et les faire rejoindre le groupe. Dans Synapses, le procédé fait plutôt référence à certain message publicitaire inoffensif…

2- Le billet

Viktor Vincent tient en main 5 enveloppes scellées. L’une d’elle contient un billet de 100 euros. 4 chaises sont disposées sur scène et attendent les spectateurs qui vont être choisis avec la technique du frisbee. 4 disques envoyés, n’importe où, dans la salle par le mentaliste. Les personnes désignées montent sur scène et choisissent de s’asseoir ou elles veulent.

Le mentaliste se tient derrière les chaises et demande à chaque spectateur de lui nommer une enveloppe parmi les 5. « 1, 2, 3, 4 ou 5 ? », Viktor Vincent essayant d’influencer leur choix par différentes techniques visibles (ton de la voix, toucher, etc.). Au final, 4 enveloppes sont distribuées librement aux spectateurs assis.

C’est le moment de la révélation. Le mentaliste ouvre la dernière enveloppe qu’il tient dans sa main. Celle-ci ne contient pas 100 euros… mais 400 euros ! Il a été prévoyant ! C’est au tour des 4 autres enveloppes d’être ouvertes. On découvre dans chacune un papier de couleur différente avec un smiley la bouche à l’envers. Les spectateurs se lèvent de leurs chaises qui sont repliées et laissent apercevoir la même couleur que leur papier respectif au même emplacement !

3- La station de métro

« Comment être libre si tout est écrit d’avance ? »

Sur cette constatation, Attila est lancé dans la salle et une personne vient rejoindre le mentaliste sur scène. Une enveloppe kraft, avec un point d’interrogation dessiné dessus, est placée sur le pupitre côté cour.

Sur les indications de Viktor Vincent, la personne va essayée de faire des choix libres. Le mentaliste prend alors un plan du métro de Paris qu’il plie et déchire en deux. Il confit les morceaux à la spectatrice qui les tient dans chaque main. Bras tendus, elle va devoir faire le choix de jeter un des tas dans une corbeille qui se trouve sur le guéridon. Quand la spectatrice a jeté un tas, celui qui reste dans l’autre main est de nouveau déchiré en deux, et l’opération répétée. Ne reste plus qu’à la fin deux petits bouts de feuille. Un morceau reste sur le guéridon, c’est le choix final de la spectatrice. Il correspond au nom d’une station de métro, une station de métro choisie, au hasard, sur 450.

C’est le temps des révélations. Le mentaliste diffuse un petit film qu’il a tourné avant le spectacle où on le voit déambuler dans LE Métro correspondant au choix de la spectatrice. Deuxième révélation avec cette fois ci l’enveloppe du début qui est ouverte. Le nom du métro correspond !

4- La bille rouge

« De quelle manière peut-on influencer quelqu’un ? Il suffit d’observer attentivement son attitude corporelle. »

Choix de 5 personnes du public au frisbee. Les 5 hommes sont placés en ligne côté cour.

« On va jouer à mentir, comme au Poker. Je vais vous confier un jeu de cartes que vous allez mélanger chacun votre tour en retirant une carte que vous garderez en poche, sans la montrer aux autres. »

Un sac contenant 4 billes blanches et une bille rouge est mélangé par le mentaliste. Celui-ci fait choisir au hasard les 5 billes une par une aux 5 hommes. Ils doivent en prendre connaissance secrètement.

Ils sont alors soumis, un par un, à un interrogatoire devant l’objectif de la caméra qui retransmet l’image sur l’écran du fond. La salle, ne loupe rien de l’attitude et des mimiques qui peuvent trahir untel ou untel. Sur le mode de la déduction et grâce au Body language, Le mentaliste devine les spectateurs qui détiennent les 3 premières billes blanches par une série de questions où les « cobayes » doivent absolument répondre par OUI. Leur comportement les a trahis. Reste deux personnes. Le mentaliste désigne, dans leur dos, l’une d’entre elle comme le possesseur de la bille rouge. Il demande alors à celui qui détient la bille de la poser à 3 dans sa main. La prédiction du mentaliste est exacte.

La personne ayant tiré la boule rouge tend ses mains face au mentaliste qui va essayer de deviner la carte qu’il a prise en début de séance. Après une montée en suspense, Viktor Vincent devine la bonne carte.

5- L’appareil soviétique

Deux femmes sont choisies au hasard par Attila et montent sur scène. Elles prennent place sur deux chaises côté cour. Le mentaliste leur apporte deux verres d’eau, après avoir mit quelque goutte dedans (provenant d’une fiole mystérieuse). « Inconscientes », les deux spectatrices boivent leur verre. C’est une première persuasion réussit pour le mentaliste qui propose aux spectateurs de regarder un document sur la guerre froide entre les Etats-Unis et l’URSS. Il montre les soviétiques en train d’étudier le cerveau de certain mentaliste. En résulte une machine qui serait capable de décupler les capacités du cerveau humain. En 1949, le KGB affirme que certain de leur agent peuvent voir à distance en quittant leur corps momentanément. Ce programme est suspendu à la chute du mur de Berlin en 1989… Réalité ou fiction ?

Le mentaliste propose de reproduire ces expériences en apportant sur scène une des machines ayant servie sous le régime soviétique, en spécifiant qu’il n’est ni voyant, ni médium. Un premier cobaye est placé vers la machine et branché à des électrodes. La machine est mise en route et le mentaliste commence sa première expérience de clairvoyance. Ici, les rôles sont inversés.

« Madame, vous allez essayer de lire dans mes pensées. »

Deux jeux de 5 cartes ESP (avec des symboles) sont étalés sur le guéridon ; un pour la spectatrice et l’autre pour le mentaliste. Le mentaliste choisit deux cartes qu’il met de côté face en bas, et la femme fait de même. Les cartes sont retournées et les symboles correspondent. L’opération est répété avec les 5 cartes misent les unes dessus les autres. Les cartes sont retournées et les symboles correspondent !

Une carte blanche avec marquée dessus Synapses est confiée à la spectatrice qui dessine derrière un objet de son choix. La carte est alors mise dans une enveloppe blanche, qui est remise dans une autre enveloppe noire cachetée. Le mentaliste va essayer de deviner le dessin par transmission de pensée. « Pouvez-vous m’envoyer des images ? » Guidé par la main de la femme, il dessine sur une ardoise un dessin abstrait. Il prend l’autre côté et dessine autre chose qu’il croît être le bon objet. La carte du début est révélée et le dessin correspond à la vision du mentaliste.

Pour la deuxième expérience, le mentaliste propose à l’autre femme d’expérimenter la particularité de développer la faculté de voir ce que tous le monde ignore ; en d’autre terme la clairvoyance. La femme prend, au hasard, un papier blanc dans le saladier transparent côté cour (parmi les 30 feuilles demandées aux spectateurs en début de spectacle). Le papier est placé dans deux enveloppes par la spectatrice qui s’assoie dessus.

C’est elle qui va deviner les initiales qui s’y trouvent. Une ardoise lui est confiée. En récitant l’alphabet, elle va dessiner à l’instinct deux initiales. Le dessin, récupéré par le mentaliste, est décrypté. L’enveloppe est ouverte et le papier correspond à la « vision » de la spectatrice !

Le mentaliste balaye alors la salle de sa main pour essayé de retrouver la personne qui a inscrite ces initiales. Il désigne 5 femmes qui se lèvent. Il va les « toucher » et demande à 3 d’entre elles de se rassoir. Reste deux spectatrices. Viktor Vincent devine les initiales de la première personne, la fait rassoir. Il devine ensuite que les initiales écrites sur le papier sont celles de la femme restée debout !

6- Le mot de la fin

Une desserte de livres arrive sur scène, composée de 6 paquets ficelés, contenant 10 livres chacun. Le mentaliste va laisser choisir à un spectateur le « mot de la fin ». La personne « tirée » au hasard par Attila monte sur scène. Une prédiction sous forme d’enveloppe est placée sur le pupitre côté cour. La personne choisit alors une des 6 piles. Cette pile est constituée de différents livres, de différents auteurs et de différents titres. La personne donne un chiffre entre 1 et 10. Par exemple 8. 8 livres sont retirés de la pile. Le mentaliste confie le 9ème livre au spectateur pour qu’il vérifie sa normalité. Le mentaliste effeuille alors les pages et demande au spectateur de lui dire stop ou il veut. Il arrive sur un numéro de page. La bague du mentaliste est promenée sur cette page et au stop du spectateur, la bague s’arrête en entourant un mot. Un assistant munit d’un caméscope film le mot en gros plan pour que le public voit bien.

C’est alors la révélation finale et le clou du spectacle. Depuis le début de la représentation se trouve une prédiction, visible de tous, sous la forme du tableau de Jérôme Bosch. Le caméscope se rapproche de la reproduction et le mentaliste fait constater que tout était écrit depuis le début des expériences. Dans le cercle posé en bas de la table du prestidigitateur se trouve deux initiales correspondant au prénom et au nom de l’auteur du livre. Quand on zoom sur la table du bonimenteur, on compte séparément un chiffre + un chiffre de billes, ce qui indique le numéro de la page. On remarque que « le pigeon » se fait voler sa bourse parce qu’il ne regarde pas là où il faut (comme le public de la salle), « il a déjà perdu d’avance, et ça c’est terriblement … » (le mentaliste prononce le mot choisit dans le livre).

Pour conclure, l’enveloppe à prédiction est ouverte et laisse apercevoir, successivement, le titre du livre, l’auteur, la page et le mot !

Conclusion

Pour apprécier pleinement une expérience de mentaliste, rien ne vaut le live. Les différents passages télé de Viktor Vincent (fin 2011 sur France 3) lui ont apporté une notoriété certaine mais peinaient à crédibiliser certaines expériences. Par essence, le média peut nous mentir par des raccourcis, des prises de vue et un montage occultant le plus important. Manquant d’informations, les effets semblaient être bluffants mais sans plus.

Sur la scène du Trévise, rien de tout ça. L’artiste se livre tout entier, comme à ses débuts en 2008. Pas de « triches » ni d’entourloupes ; les spectateurs peuvent épier chacun de ses gestes… en apparence.

D’emblé l’aisance et la diction parfaite du personnage est la clé de réussite d’une telle entreprise. En premier lieu le mentaliste doit maitriser la parole et posséder un pouvoir de persuasion inné. Certain parleront de magnétisme ; il s’agirait plutôt ici de présence. Le geste sûr, Viktor Vincent va passer 1 heure à jouer avec les esprits et manipuler, pour le bien de tous, la conscience collective et le libre arbitre avec une maestria rare.

Le travail de la gestuelle est un des facteurs essentiels pour arriver à conquérir une salle entière. L’attitude et le look du mentaliste sont calculés dans les moindres détails. Habillé en VRP, Viktor Vincent impose naturellement le respect et pose inconsciemment les codes d’une certaine crédibilité et d’un rapport hiérarchique. Le fait de placer souvent sa main droite dans sa poche de pantalon, participe à la mise en condition nécessaire pour substituer le modus operandi.

Nombreux sont les gens qui se proclament mentaliste, vu le phénomène de mode lancé par la série éponyme. Très peu sont capables de « diriger » les foules, de les divertir aussi intelligemment. Car au-delà des « trucs » employés pour illusionner le spectateur, Viktor Vincent possède une vraie culture de sa discipline. Chaque expérience est solidement encrée dans une histoire qui prend ses racines dans un fait soi disant réel. Sa construction est montée en crescendo comme tout bon tour de magie qui se respecte. Les multiples rebondissements, les différentes insinuations et autres clins d’œil participent à donner de la vie au spectacle et de tisser des liens intimes avec chaque participant.

Ce qui fait la spécificité de Viktor Vincent est sa relation particulière à l’autre. Par définition, le mentaliste a besoin de l’autre pour réaliser ses divinations et mener à bien sa mission. Cette personne est pratiquement toujours considérée comme un cobaye ou un simple intermédiaire, par des mentalistes qui se la jouent maître du monde ! (même chez les mentalistes les plus connus). En s’intéressant vraiment à la personne, Viktor Vincent instaure d’emblée une relation particulière qui en fait son charme, au-delà d’une technique d’amadouement. Tel un charmeur de serpent, habile locuteur et manipulateur d’esprits, la salle se laisse prendre toute entière dans ses filets ! A voir absolument.

A Lire :
- Le compte rendu de son spectacle "D’un esprit à l’autre ?".
- l’interview de Viktor Vincent.

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Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 21 janvier 2014.
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