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Valérie BELIN

Masques et artifices.

Fondé sur un protocole précis, le travail de la photographe Valérie Belin (née en 1964) peut être considéré comme une tentative obsessionnelle d’appropriation du réel. Dans ses œuvres, le traitement particulier des êtres et des choses frappe par son caractère à la fois spectaculaire et dépouillé qui limite l’interprétation narrative ou documentaire. Son travail se développe par séries d’images fondées sur un jeu subtil de répétitions et de variations. La frontalité absolue du point de vue, la bi-dimensionnalité radicale, l’absence de contexte et la taille des formats donne valeur d’icône aux divers sujets choisis pour leur puissance à évoquer les incertitudes et les paradoxes du « vivant ».

Formation

Valérie Belin suit une formation artistique à l’école des Beaux-Arts de Bourges de 1983 à 1988. Elle poursuit des études en Philosophie de l’art à l’Université de Paris-Panthéon-Sorbonne, où elle obtient un DEA en 1989.

Dès ses années d’études aux Beaux-Arts, Valérie Belin engage rapidement ses recherches artistiques vers une pratique de la photographie marquée par une conscience aigüe du medium qui la conduit à engager un véritable approfondissement de son potentiel esthétique ; elle compare sa démarche à celle de certains minimalistes américains comme Robert Morris ou comme le peintre Robert Ryman. Ses premiers travaux portent sur des photographies de sources lumineuses qui ont l’aspect de radiographies ou de pures empreintes laissées par la lumière.

La réflexion des objets

En 1994, Valérie Belin expose pour la première fois son travail à Paris. Elle montre une série de photographies en noir et blanc d’objets en cristal. Cette série est régie par un protocole photographique à la fois strict et minimal (prise de vue sur site, lumière ambiante, pas de mise en scène). Un travail sculptural « d’empreintes » en positif ou négatif sur le spectre lumineux des objets, sur le dessin créé par la lumière qui reste très proche du procédé originel de la photographie. Il s’en dégage paradoxalement une esthétique de la présence, dont le véhicule est une empreinte, vécue comme une trace, une mémoire de l’objet.

« Ce qui se passe dans mon travail a lieu en effet au-delà de l’objet, et est directement en prise avec les possibilités du médium. On pourrait dire que je travaille la photographie « de l’intérieur », au travers de la lumière, de l’échelle, de la chimie – ce qui fait d’elle, avant toute chose, une empreinte lumineuse. Pour moi, la photographie, c’est la magie de voir apparaître l’image et d’assister à la transformation opérée par l’outil. » Valérie Belin

La fin des années 1990 est un tournant pour l’artiste. Valérie Belin affirme son style au travers de l’exercice de la série qui fait émerger une vérité de l’objet en le dépouillant de son arrière-plan anecdotique ou d’un expressionnisme lié à l’individualité. L’objet étant assujetti à un processus d’objectivation sans compromis, où la représentation semble se retourner sur elle-même par trop d’insistance – le sujet philosophique qu’il statue est tenu à distance, désamorcé, dépouillé de son drame ; il se dissout dans la photographie.

« Au début, j’ai choisi des objets qui avaient un pouvoir d’évocation de l’absence, du vide. Ensuite, j’ai photographié des miroirs vénitiens, qui ne reflétaient rien ni personne d’autre qu’eux-mêmes, à l’infini, tels des objets « narcissiques », et ce jusqu’à l’absurde. Cette absence de l’humain évoquait paradoxalement une présence ; cet antagonisme présence / absence est très présent dans mon travail. » Valérie Belin

La figure humaine

En 1999, la série des Bodybuilders marque l’apparition de la figure humaine dans l’iconographie de l’artiste. Les corps cabossés et métalliques des Bodybuilders témoignent d’une ambivalence toujours à l’œuvre dans le travail de Valérie Belin : les choses et les êtres y sont photographiés comme au-delà d’eux-mêmes, pour leur puissance à convertir leur image en une forme d’évocation de l’absence.

« Le corps des culturistes est d’ailleurs proche des objets, avec cette luisance qui les caractérise. C’est aussi un corps qui évoque l’absence, une forme d’aliénation par son propre corps. » Valérie Belin

Valérie Belin, engage une recherche qui s’attache aux questions existentielles et identitaires de l’être, elle réalise des séries de portraits en noir et blanc, de taille monumentale entre 2000 et 2003 : des Transsexuels (2001) qui montrent le brouillage des frontières de l’identité, liées à la question du genre. La série des Femmes noires (2001), dont les visages proches d’une sculpture, questionnent le filtre culturel et ses projections. L’aboutissement de ce travail sur le visage est accompli par la série des Mannequins de vitrine (2003) qui paradoxalement paraissent plus animés d’émotions que les êtres « réels ».On ne trouvera pourtant dans ces photographies aucun effet spectaculaire ; il s’en dégage au contraire un sentiment d’abstraction qui contraste singulièrement avec le sujet ; s’il est bien ici question d’identité, c’est dans sa forme la plus imperceptible.

« Avec les photographies des mariées marocaines, le visage devient un élément de l’ensemble de la forme, de la surface. Il n’y a plus d’épaisseur, le corps disparaît, comme chez les culturistes… » Valérie Belin

« Je commence à m’intéresser au visage, comme lieu de la singularité et de l’identité. Il me fallait, pour explorer cette idée de métamorphose, de quête d’identité incertaine, des visages très particuliers. D’où mon intérêt pour les transsexuels, dans la phase initiale de leur transformation, alors qu’éléments masculins et féminins sont encore incertains, apparaissant à la surface du visage, comme un effet de morphing en cours. » Valérie Belin

Dans le milieu des années 2000, la démarche photographique de Valérie Belin, s’exprime par un traitement particulier des êtres et des choses frappe par son caractère à la fois spectaculaire et dépouillé qui n’autorise aucune dérive narrative ou documentaire. Son travail se développe à travers un corpus d’œuvres désormais étendu (entre 25 et 30 séries photographiques). Les séries d’images sont fondées sur un jeu subtil de répétitions et de variations qui participe d’un intérêt pour une forme d’abstraction dans la photographie. La frontalité absolue du point de vue, la bi-dimensionnalité radicale, l’absence de contexte et la monumentalité des formats donne valeur d’icône aux divers sujets choisis pour leur puissance à évoquer les incertitudes et les paradoxes du « vivant ».

A partir de 2006, la couleur intervient dans le travail de Valérie Belin et introduit une ambiguïté sur le statut du réel et du virtuel. Le medium photographique se fait technologique, intervenant dans le façonnage de l’être. Les portraits en couleur de 2006 sont marqués par l’aspect quasi technologique de leur beauté, évoquant en cela l’esthétique de l’avatar.

« Les personnes que j’ai photographiées sont des mannequins professionnels ; elles ont une beauté particulière, un peu étrange et excessive. Cette série a évidemment un lien étroit avec les mannequins de vitrine. Je les voulais proches d’un dessin en trois dimensions, irréels, comme les avatars que l’on choisit pour se représenter dans les mondes virtuels. » Valérie Belin

Les fruits

L’artiste se détache d’une conception indicielle de la photographie et son style évolue vers une forme de réalisme magique ; en témoigne ses gigantesques photographies de Corbeilles de fruits (2007) aux couleurs électriques. Valérie Belin situe désormais son objet au sein des évolutions de son époque : une nature hybride qui place le sujet entre l’organique et le sublime.

Sosies, Masques et Chips

« L’idée du sosie s’est logiquement imposée à moi après le travail sur les mannequins de vitrine. Il s’agissait dans les deux cas d’êtres fabriqués. J’ai radicalisé mon propos en choisissant un personnage, Michael Jackson, qui a subi tellement de transformations qu’il est déjà une sorte de sosie de lui-même. J’ai photographié cinq différents sosies de ce personnage, et bien qu’ils ne se ressemblent pas entre eux, ils ressemblent pourtant bien au même modèle par une sorte d’alchimie de la transformation. Après ce questionnement sur la ressemblance, j’ai photographié des masques, du type de ceux qu’on achète pour se déguiser dans des boutiques de farces et attrapes, tous de grande qualité, et finalement très « vraisemblables. Ces masques sont comme de vrais visages, mais vides, par opposition aux visages des sosies qui faisaient penser à des masques. » Valérie Belin

Après les trois opus de portraits consacrés aux Transsexuels, aux Modèles et aux Femmes noires, Valérie Belin revient aux objets avec Chips et Masques (2004).

Chez elle les séries se répondent et se complètent comme à l’intérieur d’une grande tapisserie en train de se construire. Elle passe de l’animé à l’inanimé avec la même facilité, elle aime à brouiller les pistes, à mélanger les genres pour que la superficialité des choses nous fasse réfléchir. De l’écume des peaux à la poudre de maquillage, elle échafaude des séries offertes au bûcher de nos vanités.

Dans ce théâtre d’ombres chinoises où la peau des mannequins est à la fois miroir et surface de projection, l’épiderme est une mare stagnante pour tous les reflets, pour tous les effets. D’habitude les tons sont clinquants et les gris métalliques. Dans Chips, les noirs sont mats. Pour obtenir cette teinte particulière, l’objet a été photographié en couleur pour ensuite être travaillé à la palette graphique. C’était l’unique façon d’obtenir ce type de noir.

On l’aura compris, Valérie Belin aime les effets, aussi bien les effets de matière que les effets de style. Elle aime tous les effets. Le noir et blanc lui permet de jouer sur toutes les gammes, du sérieux au trivial. C’est pour leur trivialité qu’elle a retenu les paquets de chips que l’on trouve en Angleterre. L’emballage d’apparence banale est auréolé d’un goût exotique. Les mets d’outre-Manche sont parfumés au vinaigre, aux oignons et autres inventions culinaires britanniques. Mais ce qui intéresse l’artiste, c’est de rendre plat ce paquet boursouflé et coloré. La photographe, à ses heures alchimiste, lui sert à transformer ce qui brille en aplat goudronné.

La transformation a toujours été un moteur de Valérie Belin qui a précédemment montré des hommes devenus femmes, ou des voitures accidentées. Des carambolages, elle ne conserve dans ses clichés que cette tôle froissée que l’on retrouve sur les paquets de chips. Formellement et plastiquement les séries se répondent. La photographie devient une matrice qui génère des formes mais surtout des codes à travers lesquels le simple emballage est passé au tamis pour donner des clichés gigantesques. Cette façon de changer d’échelle, de mécaniser le travail et de se servir de produits courants est le propre des procédés du Pop Art. Les natures mortes aux chips de Valérie Belin jouent sur les mêmes registres et utilisent les mêmes procédés de décontextualisation que les sérigraphies de Warhol, sur fond argent précisons-le.

La série des Masques (2004) découle de celle des Sosies (2003). Après avoir photographié les clones de Michael Jackson, il fallait passer à de vrais masques. L’objet photographique s’éloigne du document pour devenir une icône médiatique à l’instar des Marilyn de Warhol. Alors que les Chips étaient motivés par l’idée de transformer un paquet d’emballage en une photo plane, c’est l’aspect grotesque et vil qui a été privilégié pour cette série.

Danseuses

Avec les danseuses du Lido (2007), ce sont les strass et les paillettes qui sont convoqués. Le cadrage et la mise en scène utilisés présente une certaine similarité avec les portraits de Métisses (2006), mais dans un rapport inversé.

Les filles photographiées nous apparaissaient toutes semblables, avec des physiques très ressemblants, bien que toutes différentes, portant des tenues vestimentaires similaires, différenciées essentiellement par la couleur de chacune. En fait, il s’agit d’une seule et même fille qui change de costume à chaque image tout en gardant une posture identique et une même expression du visage. Par six fois, la même jeune femme, maquillée comme une meneuse de revue, change successivement de costume mais pas d’attitude. Ces habitudes vestimentaires, qu’elle change en fonction des tableaux, la corsètent dans un stéréotype.

Prisonnière des feux de la rampe, elle agit derrière les barreaux que dessine le crayon noir qui cerne son regard. En forçat de la danse, elle se fige dans une pose irréelle et artificielle. Pétrifiée, statufiée, elle ressemble à ces vedettes d’avant-guerre du studio Harcourt. Papier glacé, noir profond. Celle qui se dévoile ne laisse rien transparaître, rien perler. Fidèle à son image projetée, elle reste immobile dans sa pose de trois quarts. Les faux cils, les tenues plus improbables les unes que les autres, en font une marionnette de cire désarticulée.

En figurant sur ces portraits avec le même professionnalisme que sur scène, cette danseuse du Lido « fait » image et montre l’évolution du sujet comme motif. Les costumes hybrides de la danseuse, évocateurs des différents tableaux de la revue, ont été choisis spécialement pour leurs influx variés : le cinéma de Fellini, un pays étranger et son folklore, une nature où la femme se mêle à l’animal… L’artiste a été ici attirée par le caractère fantastique et anachronique de costumes sans brillants ni paillettes, qui placent le sujet dans une dimension atemporelle, loin de son contexte initial. La danseuse du Lido évoque tout à coup le Moyen-âge fantastique, sa bizarrerie a finalement la beauté d’une gargouille. Cet onirisme du portrait est renforcé par l’effet de duplication démonstratif et revendiqué qui constitue la série.

Magiciens

La série des Magiciens (1) (2007), qui renvoie aussi au monde du spectacle, emphase quant à elle les caractères illusoires et dramatiques des personnages, comme au cinéma. Toujours en noir et blanc, elle figure 5 personnages différents (2), en train de battre des cartes comme les musiciens de jazz battent la mesure. Pour tenter de saisir l’illusion qui n’est pas photographiable intrinsèquement, Valérie Belin introduit le mouvement dans l’image ; c’est ce mouvement qui va donner son sens illusoire à l’image.

La dichotomie entre le mouvement des cartes enregistré par la photographie et l’immobilisme statique du personnage confère à ces images un caractère dramatique flagrant. Le spectateur peut se demander si ce sont vraiment des magiciens ; le mouvement des cartes évoque plutôt le jeu, « le joueur » et rappelle certains personnages emblématiques du cinéma noir hollywoodien des années 50 où les personnages semblent littéralement vibrer sur l’écran. La lumière particulière utilisée pour cette série renforce l’effet cinématographique : des sources d’éclairage multiples créent des rayons affleurant qui dessinent le contour lumineux des silhouettes. Le vrai et le faux sont convoqués et jouent des coudes. Une partie en trompe l’œil se déroule sous nos yeux égarés mais sollicités.

Les bouquets

La série des Bouquets (2008) révèle une sorte de réalisme magique. Il se dégage une esthétique qui fait penser à celle du rêve par sa structure diffuse, dynamique, presque en apesanteur. Ces 5 assemblages de fleurs, tout en gardant leur harmonie naturelle, semblent avoir subi une irradiation – ou à proprement parler une solarisation, qui les ramène à l’immatérialité de l’image négative. Cette mutation de la chair des fleurs en motifs quasi monochromes est accentuée par la technique d’impression des images (encres sur papier), choisie pour son manque de définition et ses aberrations. Faisant fi des présupposés techniques liés à une certaine tradition photographique, Valérie Belin situe son objet au sein des évolutions, parfois inquiétantes, de son époque : ses œuvres montrent une nature hybride qui place le sujet entre l’organique et le sublime.

Les bouquets de fleurs sont de véritables soleils noirs. Ils se démarquent des deux autres séries par leur texture. Après ses solarisations d’hommes bodybuildés et huilés comme des pistons, elle entreprend de travailler sur la matière même de la photographie. Elle tamise et éponge son papier comme un entraîneur de boxe le ferait à son poulain après un round difficile. Elle a remplacé le papier photo par un support textile. Le coton se transforme en buvard et absorbe autant la lumière que le spectre noir. Pour l’empêcher de baver et de se répandre d’une façon anarchique, notre tireuse à recours à un séchage instantané. A l’aide d’une lampe ultraviolet, elle étuve à sec les vanités qu’elle livre dans son linceul d’ombres. Les tiges, les fleurs sont rejouées par leurs ombres portées. Le reflet des branchages vient étoffer la composition et lui donner un épanouissement inattendu.

Les fleurs semblent fanées, égarées, paumées dans ce tondo chrysanthèmes, à la couleur mortuaire. Couronne pour de faux. Reflet morbide. Le satiné répond à la brillance des magiciens et de la fille du Lido. L’illusion et le rêve se côtoient dans une mascarade ou chacun porte le masque et le deuil de ses espérances.

Mannequins Super models

Leurs beaux yeux en amande sont impeccablement dessinés, leurs sourcils épilés, la poitrine parfaite et la peau lisse. Une beauté presque effrayante. Elles s’appellent Ananké, Electra, Junita… des prénoms exotiques qui siéent à leur statut de mannequin. Pourtant, les Super Models (2015) que Valérie Belin saisit sont toutes en plastique. Des corps-simulacres dont elle parvient à nous laisser croire qu’elles sont animées.

« Je voulais évoquer des êtres hybrides, entre créations virtuelles et objets archaïques. Je me suis donc mise en quête de mannequins possédant une grande qualité de réalisme. Moulés sur de vraies femmes, ces objets sont déjà, en quelque sorte, des photographies en trois dimensions. En les photographiant, j’ai exacerbé leurs qualités, leur côté illusionniste. De loin, il est possible d’avoir l’illusion du vivant ; de près, en revanche, on voit les artefacts, les faux cils, les coups de pinceau. » Valérie Belin

Conclusion

Depuis le début Valérie Belin s’intéresse aux masques à travers les portraits. Elle photographie les masques dont nous nous couvrons : notre peau, nos costumes ou nos voitures sont des emblèmes dont nous nous parons. De toutes ces poses, elle nous donne des affects.

Avec distance et recul elle cadre au plus près ses modèles pour les faire devenir de pures photographies. Si elle s’intéresse aux passages et aux transformations des choses et des êtres, si son travail peut être assimilé à des vanités, c’est au moyen de son écriture photographique. Attachée aux qualités et aux spécificités de son matériau, ses transformations à la chambre sont des transsubstantiations spectrales du réel.

Valérie Belin affirme « photographier des visages comme des masques ». Elle immortalise ses modèles de cire avec l’envie de conserver un certain réalisme. La thématique du mannequin est au cœur de son travail. Devant ses images, il est souvent difficile de dire si ce que l’on regarde est doué de vie ou inanimé. Nul ne peut affirmer l’existence ou la virtualité de tels mannequins. Ils peuvent faire penser parfois à des natures mortes ou à un magasin de curiosité. Pour cela, elle intègre des artifices et des décors afin de renforcer le côté humain des mannequins. D’où l’introduction du concept d’« inquiétante étrangeté » déjà présent littérature romantique allemande du XIXème et cher à Freud.

Alchimiste du négatif, elle transforme la lumière en ombre portée noire et mate. Des masques de notre quotidien, elle ne retient que le grotesque et le vil. Les faux nez qu’elle photographie sont les faux semblants de notre société cynique et narcissique.

A la clef il y a toujours une question. Les modèles sont-ils des mannequins de cire, des pantins de bois ? Sont-ils habillés de chair ou de lumière ? Il faut s’arrêter, prendre son temps, demander des explications. A l’affût des limites mais surtout soucieuse de les transgresser, la photographe mêle l’entre-deux, la copie et son double, le naturel et l’artificiel, le rimmel et le remake. La base angulaire du travail reste la même. L’identité et l’apparence, le corps et le masque, sont des jeux de rôle qui façonnent un modèle transgenre.

Le travail photographique de Valérie belin joue sur la confusion. Le spectateur est amené à questionner la réalité, le vraie du faux des sujets photographiés. Avec ces créatures illusoires, ces images captieuses, l’artiste invite à une réflexion profonde sur l’âme et le toc, la chair et la camelote.

Note :
- (1) : Parmi les cinq magiciens photographiés, se trouvent Philippe Beau et David Stone.
- (2) : Le magicien et artiste visuel Jérôme Helfenstein a fait appel à la photographe pour réaliser un cliché. Cliché qui est visible sur la page de son site Internet.

A visiter :
- Le site de Valérie Belin.

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Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 26 octobre 2015.
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