Artefake
Accueil du site   VOYAGEURS IMMOBILES / Philippe GENTY

VOYAGEURS IMMOBILES / Philippe GENTY

Théâtre du Rond-Point (Paris, 31 mai 2010).

Mise en scène : Philippe Genty et Mary Underwood.

A sa façon, dit Philippe Genty, cette nouvelle réalisation est une recréation de Voyageur immobile, l’un de ses précédents spectacles réalisé en 1996 et qui avait beaucoup voyagé. Et où il y a un axe majeur : l’emballage.

Il y a toujours chez Genty les mêmes et fantastiques images à la fois pleines de poésie et d’onirisme, comme ces quatre corps de bébé enfermés dans des boîtes de carton dont le visage (d’adulte !) est, lui, bien réel, qui vont être secoués sur une mer faite de grands voiles bleus, ou ces machines catapultes à la Tadeusz Kantor qui envoient en l’air de petits bébés ou bien les aplatissent dans des sacs en plastique. Ou ces êtres humains que l’on emballe de papier kraft, et qui vont ressurgir ailleurs quelques secondes plus tard. Ou bien encore cette tête dont on ouvre le crâne et qui laisse échapper des bandes de cerveau. Image sans doute inspirée du merveilleux théâtre de marionnettes qu’est le Figuren Theater de Tübingen. Et il y a, à la fin, cette marche immobile dans le désert où les huit personnages emmènent avec eux un petit homme/ marionnette : c’est sans doute le moment le plus fabuleux du spectacle qui est servi par une équipe de comédiens qui font un travail gestuel et chorégraphique de tout premier ordre , par la belle création lumières de Thomas Dobruszkès et la musique d’Henry Torgue et de Serge Houppin, et les sons d’Antony Aubert qui font partie intégrante des images proposées.

Le théâtre d’images ne peut en effet fonctionner que si la musique et le son les projettent pour ainsi dire dans l’espace. Il y a souvent quelque chose de magique dans cet enchaînement d’images mais il vaudrait mieux que Philippe Genty revoie les quelques paroles prononcées qui sonnent faux. Mais heureusement, les images reprennent vite le dessus, servies par une équipe très solide et d’une exceptionnelle qualité, où le moindre détail a été pensé, étudié. Aucune approximation, aucun effort apparent, mais il y a, bien entendu derrière, un travail important et une rigueur absolue mise au service de cette production d’images. Cela tient de l’horlogerie. Tout coule, tout glisse dans cet univers fantastique comme si c’était « normal »…

Reste un défaut majeur qui n’est pas nouveau chez Genty et sur lequel il est inutile d’épiloguer, puisque, de toute façon maintenant, il ne changera pas : où veut-il nous emmener ? Il n’y a pas vraiment de ligne directrice dans ces Voyageurs immobiles ; il a beau convoquer Freud et L’Interprétation des Rêves ; quand il dit qu’il « lâche des choses qui recouvrent plusieurs significations simultanément », c’est un peu juste et on a le droit d’être sceptique…

Photo : Pascal François.

C’est donc à prendre ou à laisser ; dans ce cas, comme on n’a guère le choix, mieux vaut donc prendre et ne pas demander à ce spectacle plus que ce qu’il peut donner : soit en 90 minutes, une suite d’images fabuleuses, magnifiquement réalisées, parfois influencées par Pina Bausch, mais sans aucune véritable unité… Même si l’ensemble reste d’une grande beauté plastique. Et il y a peu de spectacles de théâtre visuel qui atteignent cette dimension. Philippe Genty reste, dans sa catégorie, un maître reconnu. Et le public a fait une immense ovation à toute l’équipe.

A lire :
- La fin des terres.
- le premier spectacle parlant de la compagnie.
- La pelle du large.
- Paysages intérieurs.

A voir :
- Le théâtre noir de Philippe Genty.

A visiter :
- Le site de la compagnie Philippe Genty

- Source : Le Théâtre du Blog.

Tous les documents et archives sont proposés sauf avis contraire des ayant-droits, et dans ce cas seraient retirés.

Auteur : Philippe du VIGNAL


Mise à jour effectuée le : 7 mars 2017.
MENTIONS LEGALES :

ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France : ISSN 2276-3341

Informations rassemblées et coordonnées à l'initiative et pour le compte de l'Association Artefake.
Ce document est déposé auprès d'une Autorité d'Horodatage Qualifiée - Certifiée ETSI & RGS

Dans le cas où malgré notre vigilance, une de nos publications porte atteinte aux droits d'auteur, merci de nous l'indiquer. Dans le cas ou cela s'avère exact, nous nous engageons sans délai à supprimer cette publication de notre site.

Artefake est une oeuvre collective créée et publiée par l'Association ARTEFAKE.
Conformément à l'article L.113-1 du Code de la propriété intellectuelle, l'association Artefake est titulaire des droits d'exploitation du contenu du site Artefake.com
La reproduction totale ou partielle des articles du site internet Artefake sont strictement interdite, par tous moyens connus ou à découvrir, quel qu'en soit l'usage, sauf autorisation légale ou autorisation écrite de l'association Artefake.
L'utilisation de la marque déposée Artefake est soumise à autorisation.
Les liens hypertextes pointant soit vers la page d’accueil soit vers un article particulier sont autorisés.
L’autorisation de mise en place d’un lien est valable pour tous supports, à l’exception de ceux diffusant des informations pouvant porter atteinte à la sensibilité du plus grand nombre. Au titre de cette autorisation, nous nous réservons un droit d’opposition.
Toute personne nommée ou désignée dans le site Artefake dispose d'un droit de réponse conformément à l'article 6 IV de la loi LCEN.
Ce droit de réponse doit être adressé par courrier recommandé à Artefake - A l'attention du Directeur de Publication - 16, rue Henri Gérard - 21121 Fontaine lès Dijon.

Directeur de la publication : Sébastien BAZOU
Président du Conseil d'Administration : Eric CONSTANT

ISSN 2276-3341 - Droits de reproduction et de diffusion réservés © Artefake 2004-2017
Artefake est une marque déposée - Site développé sous SPIP par ROUGE CEKOYA