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VOYAGEURS EGARES / Cie Les z’enfants terribles

Crolles le 20 décembre 2008.

Les voyageurs égarés avec Jérôme Helfenstein et Claude Brun. Spectacle créé en 2007.

Cette histoire commence sur le quai d’une gare.

Un homme (Jérôme) lit tranquillement son journal en attendant son train. Un deuxième homme (Claude) fait son apparition sur le quai, l’air quelque peu illuminé, un ballon rouge en main, il passe derrière Jérôme et jette un coup d’œil à la feuille de choux par-dessus son épaule.

Les lumières de la scène s’éteignent. Elles se rallumeront presque aussitôt, nous laissant découvrir les deux hommes quelques peu déroutés par la situation. En effet, Jérôme voit sa lecture perturbée, par la disparition soudaine de son journal et l’apparition du ballon de Claude entre ses mains. Quant à Claude il a bien sûr hérité de la feuille de choux de Jérôme !

S’en suivra un jeu d’échange entre les deux personnages à chaque saut de lumières, révélant au public des images de situations toujours plus surprenantes.

Une dualité naît entre les deux personnages. Jérôme tenant à récupérer son journal, Claude n’étant pas contre un peu de lecture.

Le bruit intriguant d’un avion passant au dessus de leur tête, les stoppera net dans ces sauts séquentiels.

Plein feux sur la scène, nous révélant un décor voilé. Les deux personnages découvriront une petite clef. Comme pour donner la solution de cette énigmatique trouvaille, l’un des voiles du décor tombe, révélant aux yeux de tous une porte quelque peu étrange. Etrange de par sa coupe de travers et de par les dizaines de poignées qui la parsèment.

La clef pénètre dans la serrure, la porte s’ouvre et les deux personnages s’engouffrent vers l’inconnu. Ainsi commence l’histoire de leur voyage étrange vers un monde imaginaire où tout devient possible et bien plus encore !

L’obscurité envahit la scène.

Les deux personnages, lampes torches en main explorent les environs. Sous les faisceaux des deux lampes, nous distinguons des brides de décor rendues fantomatiques par un épais brouillard.

Un rire sinistre de femme se fait entendre.

Les lumières se font sur la scène, nous révélant le portrait d’une Joconde aux traits bouffis.

Nous sommes dans une pièce aux murs de bois peints en rouge. La porte blanche aux multiples poignées au centre, une horloge d’un côté, le tableau de la Joconde de l’autre et un petit coffre.

Bienvenue « de l’autre côté du miroir ! »

L’univers :

L’univers retranscrit dans cette partie du spectacle, m’a amené à me rapprocher de la notion de réalité alternative.

Il ne s’agit pas d’un univers complètement imaginaire à proprement parler, car tout nous apparaît réel, bien que décalé.

La réalité alternative n’est pas, au sens strict du terme et comme nous pourrions le penser, une réalité virtuelle. Ce qui n’est pas réel, n’est pas obligatoirement virtuel.

Il s’agit d’une manière de voir la réalité du monde que nous connaissons sous un autre angle de vue, avec une vision non conventionnelle.

Ainsi les spectateurs que nous sommes retrouveront au fil du spectacle des repères issus de « notre » réalité, mais qui nous apparaîtront pourtant comme étant complètement différents de ce que nous connaissons.

Ces repères d’ordre essentiellement matériel, m’amèneront en toute logique à vous parler des effets magiques qui ponctuent ce spectacle.

Pour un public de spectateurs avertis et bien plus encore pour un public de magiciens, la plupart du matériel utilisé pour ces effets magiques apparaîtra au premier abord comme étant des plus classiques. Là se trouve toute la subtilité qui m’a fait prendre conscience du génie de ces deux artistes.

Nous retrouverons par exemple : Le journal déchiré/ reconstitué ; le Streamer à la bouche ; le jeu électrique ; etc.

Oui mais voilà ! L’originalité de leur approche, l’utilisation novatrice qu’ils en font, la mise en scène et leur excellent jeu d’acteur aura tôt fait de conférer à ces classiques de la magie une notion de singularité et un grand souffle de renouveau, le tout avec farces et bonne humeur.

Les personnages :

Deux personnages au caractère complètement opposé, rencontrés par le plus pur des hasards sur le quai d’une gare.

Ce quai de gare, issu de notre réalité, où les deux hommes verront naître entre eux une certaine rivalité.

Et comme rien n’est facile, les voici projetés tous deux et malgré eux dans un voyage imaginaire vers cette autre réalité.

L’un (Claude), nous apparaîtra comme étant un personnage plutôt loufoque, les cheveux en bataille, l’air enfantin et facétieux. Il fera preuve d’une certaine jalousie par rapport à son compagnon envers lequel il se montrera quelque fois condescendant.

L’autre (Jérôme) s’avèrera être l’opposé total de Claude. Plutôt pondéré et modeste. Ses petites lunettes rondes et ses cheveux parfaitement coiffés lui donneront un air réfléchi et intellectuel.

La notion de dualité entre les deux personnages sera d’une importance capitale, créant ainsi une foule de situations absurdes et comiques pour notre plus grand régal : Claude essayant sans cesse de mettre son compagnon dans des situations embarrassantes, Jérôme maîtrisant toutes ces situations avec une facilité déconcertante.

Extrait :

Il paraîtrait malvenu de ma part de vous décrire le spectacle dans son intégralité, aussi je ne saurais que trop vous inviter à aller découvrir le travail de ces deux artistes par vous-même. Je me contenterais, histoire de vous mettre l’eau à la bouche, de vous décrire l’un de mes passages préférés :

Jérôme invite un enfant de la salle à venir sur scène avec lui. Il lui confie un journal et sans parole, lui mime ce qu’il doit faire.

Situation comique : l’enfant ne comprend rien du tout et écarquille des yeux gros comme des billes.

Jérôme lui fait tenir le journal bien droit entre ses deux mains et… quitte la scène côté jardin.

Au même moment, Claude fait son apparition de l’autre coté du plateau et trouve l’enfant, seul sur scène, un peu désorienté, le journal entre ses mains. Après quelques secondes de surprise, Claude… pique le journal à l’enfant et se met à le lire tranquillement.

Contre toute attente, l’enfant se hisse sur la pointe de ses pieds, et jette un œil par-dessus le bras de Claude. Ce dernier surpris de son intérêt, lui confie l’une des feuilles du journal.

S’en suivra une séquence de journal déchiré de la part de ces deux acteurs.

Une fois les morceaux rassemblés Claude confie le tout à l’enfant et quitte la scène.

Jérôme est de retour, le sourire aux lèvres, une paire de ciseaux en mains ! Il trouve l’enfant dans la position où il l’a laissé. Oui mais voilà ! Le journal est déjà en morceaux !

Jérôme quitte de nouveau la scène.

Claude revient apportant avec lui une bombe de colle en spray ! Séquence magique de reconstitution du journal. Une fois le journal reconstitué, il en fait une boulle et le confie de nouveau à l’enfant.

Claude quitte la scène.

Quelques seconde plus tard Jérôme refait son apparition… une bombe de colle spray en main ! Oui mais voilà ! Le journal est déjà reconstitué et qui plus est en boulle ! Jérôme est perplexe.

L’enfant quitte la scène.

Claude et Jérôme se retrouve nez à nez. S’en suivra, une situation des plus croustillante dans laquelle Jérôme et Claude se chamailleront pour le journal.

Mais Jérôme, commençant à comprendre la « psycho-logique » de son compagnon aura tôt fait de déjouer toutes les tentatives de Claude, avec malice.

Ce spectacle est le résultat d’un mélange entre plusieurs arts, tels que la magie, le cirque, le mime, le théâtre d’ombres… et bien plus encore, il est le résultat d’un alliage de deux univers, de deux personnalités artistiquement différentes.

Ce qui m’a le plus frappé est sans aucun doute la multitude de petits détails qui viennent agrémenter l’histoire. Aucun n’est superflu et tous s’accordent à merveille avec ce qui nous est contée ici en venant enrichir son univers.

La rivalité entre les deux personnages s’atténuera au fil des aventures, laissant place à une complicité naissance, notamment dans une séquence magie tout en poésie avec jeu de D’lights.

Au final, nous verrons nos deux amis monter dans une fusée et partir ainsi vers d’autres aventures. Très belle image finale en théâtre d’ombres, telle une référence à Jules Vernes et son voyage De la terre à la lune. Et effectivement, à la sortie du spectacle, nous étions tous dans la lune !

Un spectacle pour petits et grands où se mêle poésie, illusion et comiques de situation. Un voyage en compagnie de Claude et Jérôme dans lequel je vous conseille vivement d’embarquer !

A lire :
- Le compte-rendu des Chapeaux blancs.
- L’interview de Jérôme Helfenstein
- Le compte rendu du spectacle « Ombromagie » de Jérôme Helfenstein

A visiter :
- le site de la compagnie Les z’enfants terribles

- Crédit photo : Avec l’aimable autorisation des artistes.


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