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Timo MARC

AIX les BAINS / CONGRES FFAP (septembre 2008).

BLUE VISION

Gala de scène international, samedi 27 septembre à 21h.

En observant attentivement le numéro de ce jeune allemand, nous ressentons un plaisir qui nous ramène aux sources de l’Art et de la sensibilité esthétique, c’est-à-dire au désir de liberté par la créativité.

Timo Marc choisit de mettre le « focus » sur l’utilisation d’un écran interactif.

Ce média à la mode dans le spectacle visuel est souvent mal exploité. On en aura une autre preuve au cours de la même soirée avec l’intervention du trio allemand Junge Junge und der Römer, qui nous a proposé une performance ludique et ambitieuse, mais inaboutie et manquant de précision. Celle-ci étant trop calquée sur le travail que développe le chorégraphe Philippe Decouflé, mêlant projections d’images et interaction avec des danseurs.

Timo Marc choisit une voie plus minimaliste en retournant à la source de ce média. Il s’en sert comme un écran archaïque et magique, lui permettant de produire une image symbolique comme la forme d’un cercle où d’une spirale. Puis tout prend naissance du geste artistique, de la touche du pinceau que l’artiste a par ailleurs fait apparaître magiquement dès le début du numéro. On entre dans l’univers de la représentation et de la reproduction de l’image. Pour première preuve, la main de l’artiste posée sur l’écran y laisse son empreinte brute et orangée, en référence aux premières peintures rupestres de la préhistoire.

Tout le numéro va tendre à une stylisation des images reproduites sur scène, comme une traversée expresse de l’histoire de l’art et des représentations. Au travers des écrans, la télévision et la toile du fond de scène, Timo Marc va faire évoluer les formes, du géométrique vers le figuratif. En d’autres termes, de l’abstraction au concret. L’ensemble étant baigné d’une couleur primaire : le bleu et de sa couleur complémentaire, l’orange.

Depuis la nuit des temps, l’emprunte de la main de l’homme est à la base de la magie et des arts. Un symbole direct et fort.

Le numéro

L’artiste entre en scène, habillé d’un costume bleu électrique. Près de lui un écran de télévision dont le fond est de couleur identique à ses vêtements. Derrière, un paravent, sorte de grande toile tendue.

Timo Marc fait apparaître à partir de la flamme d’un fil « éclair », le pinceau, avec le bout humecté de peinture orangée. Cet accessoire remplace judicieusement la fameuse baguette magique et va permettre au magicien de justifier ses gestes artistiques avec l’écran.

Il peint alors sur l’écran le mot « Hello », prend un foulard et effectue le transfert du mot sur son côté face. Le foulard est ensuite retourné côté verso et laisse apparaître le mot « Salut ». Sans aucune parole, cette bonne entrée en matière permet de mettre n’importe quel public dans sa poche d’une manière simple et rapide. La deuxième inscription varie selon la langue du pays. Après avoir peinturluré sa main, l’artiste imprime son empreinte orangée sur l’écran, une marque visuelle reprise par Timo Marc. L’image de l’empreinte se rétracte en un rond qui est extirpé de l’écran et se matérialise en balle dans la main de l’artiste.

La balle disparaît et laisse place à une spirale qui est dessinée sur l’écran et qui se matérialise à son tour.

Timo Marc effectue alors la routine de trois cordes identiques qui deviennent inégales, grâce à l’intervention magique du pinceau.

Des nœuds orangés apparaissent sur l’écran. La corde est introduite par le haut et ressort bleue avec des nœuds orangés disposés dessus.

Des papillons orangés s’impriment sur l’écran. Le magicien prend un éventail et lui imprime un mouvement dans leur direction. Les papillons disparaissent de l’écran, s’envolent par le haut et se matérialisent dans un magnifique tableau.

Se libérer du cadre et des limites dictés par le classicisme ambiant pour faire exploser sa créativité et se libérer en tant qu’individu.

Un mannequin articulé apparaît sur l’écran (petite figurine exposée dans toutes les vitrines des magasins de Beaux-arts). Le magicien dépose une vraie balle orangée à ses pieds. Celle-ci devient virtuelle et s’affiche sur l’écran. S’engage alors une partie de football entre le réel et le virtuel. La balle lancée une dernière fois par la figurine, arrive réellement dans les mains du magicien après avoir cassé le haut de l’écran. Celui-ci approche un tissu vers l’écran et place la balle au dessus. Apparaît alors le vrai bonhomme en 3D tenant la balle au bout de son bras. La figurine a traversé l’écran !

Timo Marc abandonne le bonhomme et l’écran de télévision pour aller rejoindre la toile tendue en arrière scène, accessoirisée de spots. Il passe derrière le voile en dansant sur une musique rythmée. L’écran dessine son ombre. Il fait apparaître entre ses mains une tête de personnage d’halloween. Puis cette figure folklorique disparaît. C’est alors le nez du magicien qui s’allonge anormalement de profil évoquant le personnage Pinocchio. La silhouette revient face à nous et c’est maintenant la tête de l’artiste qui se détache de son tronc en une image saisissante. On pense alors à une des postures du personnage joué par Michaël Keaton dans Beetlejuice, le film de Tim Burton : une image joyeusement macabre. La tête rejoint momentanément le cadre du voile pour léviter à côté d’un corps pourvu de six bras qui émergent du tronc. Après la vision fantastique de la décollation, nous sommes donc devant une vision fantastique et chimérique à la Gérard Garouste, peintre maniériste contemporain, créateur de créatures disloquées.

Pour finir, tous les membres de l’artiste se replacent et le rideau tombe révélant un changement de costume celui-ci passant du bleu à l’orangé.

Retour aux sources de la magie des ombres et des figures fantastiques pour finir le numéro. La boucle est bouclé.

Vers une symbolique des couleurs

Rarement la couleur aura joué un si grand rôle dans un numéro de scène, car il s’agit d’une entité à part entière.

« Cette vision bleue » reflète l’humeur des choses. Les choses et les objets deviennent alors le sujet principal de ce qui se joue sur scène. Le bleu, couleur froide représente le côté statique. L’écran de télévision étant une technologie dépourvue d’émotion au service de l’homme. Le costume représentant le côté conventionnel de l’artiste sur scène.

L’orange, couleur chaude symbolise le mouvement. C’est l’acte de création qui va engager le changement. Le fait de prendre les choses en main, de ne plus être spectateur mais acteur de sa propre vie, crée une dynamique positive et joyeuse à l’image du magicien qui se livre devant nous avec panache.

On peut aussi voir ce numéro comme une métaphore de l’évolution de la magie scénique : le classicisme laissant place à la modernité.

L’américain Arthur Trace avec son numéro « Post modern Art », va dans la même direction combinant aussi un travail basé sur le visuel et la picturalité. Ces deux artistes ont en commun le même sens esthétique et dialectique. Ils offrent au public un premier degré de compréhension avec des images et des représentations qui parlent à tout le monde. Mais leur numéro révèle un second degré de lecture qui donne un sens complètement nouveau à ce qui se joue sur scène. C’est le propre des grandes œuvres d’arts. C’est un fait extraordinaire et rare pour la prestidigitation. Notez que dans ce cas celle ci se fait vite oublier. Ce qui retient alors l’attention est une vision personnelle et originale d’un univers qui se dévoile sous nos yeux. La technicité est recouverte par le sens, et la magie n’est plus qu’un accessoire judicieusement choisi au service d’un moment de pur bonheur offert et partagé avec le public.

A visiter :
- Le site de l’artiste.

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Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 24 septembre 2010.
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ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France : ISSN 2276-3341

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