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Thomas A. EDISON et Bert REESE

Le savant et le mentaliste.

Il est toujours étonnant de constater que les esprits les plus brillants se font duper par d’habiles illusionnistes ou autres « sorciers » malgré leurs grandes connaissances. A un moment donné, leur jugement est altéré à tel point qu’ils sont aveuglés par leur croyance.

Un des cas les plus célèbres est celui de l’écrivain Sir Arthur Conan Doyle, créateur de Sherlock Holmes qui était un adepte du spiritualisme, persuadé de l’existence des fées (photographies des Fées de Cottingley) et des prétendus « pouvoirs psychiques » de certains médiums comme Eusapia Palladino et Mina Crandon. Il se persuada même que son ami d’un temps Harry Houdini possédait des pouvoirs supra-naturels malgré le dénoncement de ce dernier.

Un autre cas est celui de Thomas Alva Edison, qui, en voyant pratiquer Bert Reese, fut convaincu que celui-ci possédait des pouvoirs surnaturels. Il écrit : « La plupart des prodiges sont simplement des prodiges, ce qui signifie, en réalité, rien, et cela peut être le cas avec Reese. Mais cela peut aussi signifier quelque chose d’important. Je ne peux pas encore expliquer son pouvoir. Apparemment il voit à travers la matière. Mais bon, pourquoi pas ? Les rayons X le font bien ? »

Edison organisa alors différentes expériences avec le mentaliste Bert Reese, dont la célébrité avait été bâtie autour de ses prétendues facultés psychiques et de ses talents de prestidigitateur qu’il conjuguait habilement à l’occasion de spectaculaires performances publiques. L’admiration d’Edison pour le performeur était telle qu’il publia une série d’observations à son sujet dans un article pour les Annales des sciences physiques avec son équipe (voir Expériences d’Edison). Malgré les contrôles répétés et rigoureux opérés par Edison et ses collaborateurs sur la personne de Reese, le mentaliste parvient à résoudre chaque série de tests avec une aisance déconcertante.

THOMAS ALVA EDISON

Homme de science, savant, inventeur, chercheur, Edison est une personnalité aux multiples talents. Pionnier de l’électricité et du cinématographe, inventeur du phonographe, de la lampe à incandescence, la pile alcaline, de la centrale électrique à charbon et de la chaise électrique.

Edison est à l’origine de la pellicule filmique. Pour fixer les vues photographiques, il renonce au cylindre, alors utilisé, pour le remplacer par une pellicule perforée de chaque côté, permettant un avancement régulier au moyen d’une roue dentée. A cette occasion, les rubans de ce matériau d’une largeur de 35 mm sont mis au point : le « film » est inventé en 1889.

En 1891, Edison met au point le kinétoscope (kinetoscope peep show machine), une grande caisse en bois percée d’un oculaire par lequel on voit une scène animée enregistrée sur un film en boucle. C’est un appareil de vision individuelle mis à la disposition du public dans des magasins spécialement aménagés ou dans les foires et fêtes foraines.

Edison et les fantômes

Pour un des pionniers du spectacle cinématographique, il est normal de s’intéresser aux spectres et au royaume des morts. Le cinématographe fait « ressusciter » les êtres humains sur un écran plat, tels des ombres animées. Il peut aussi rendre immortel ses protagonistes, les faire « revenir » comme des fantômes et cela malgré leur disparition. Edison était également un passionné des phénomènes occultes et du spiritisme mais nourrissait un profond mépris pour les méthodes employées par les spirites comme les tables tournantes et les planches Ouija. Considérant tout être vivant comme un gigantesque essaim d’unités minuscules.

« Je crois que si jamais nous devons arriver à résoudre la question d’une survie éventuelle après la mort ou, d’une manière plus générale, le problème des manifestations de l’au-delà, il faudra placer le spiritisme sur une base scientifique, comme nous l’avons fait, par exemple, pour la chimie, et écarter définitivement les charlatans et les médiums. » Edison

Le nécrophone

Alors que la plupart de ses biographes ont exploré les moindres détails de son œuvre, ils restent toutefois silencieux sur les expérimentations que mena Edison, durant les dix dernières années de sa vie, afin d’entrer en communication avec les morts. A la fin de l’année 1870, Edison tente de développer un système permettant d’enregistrer les voix d’outre-tombe, grâce à l’amplification de ses phonographes qu’il nomme « nécrophone », une sorte de téléphone spirituel qui serait capable de détecter les dernières paroles des « unités de vie » tout juste dispersées dans l’éther avant qu’elles ne se regroupent pour former une autre entité. Le principe de cette machine repose sur une sorte de valve dont la conception permettrait d’amplifier toute énergie, aussi minime soit-elle, au moyen de laquelle un esprit pourrait se manifester.

Longtemps oublié et méconnu, Le royaume de l’au-delà est l’unique texte de Thomas Edison rassemblant ses recherches dans le domaine des sciences psychiques.

« J’ai cherché à construire un appareil scientifique, permettant aux morts, si la chose est possible, d’entrer en relation avec nous. Si ce que nous appelons « personnalité » subsiste après la mort, si les êtres qui ont dépouillé la forme humaine ne peuvent agir et se mouvoir, ils communiqueront, du moins avec ceux qu’ils ont laissé ici-bas, grâce à mon appareil qui leur donnera cette possibilité d’agir. Si l’appareil que je construis pouvait être un canal, entrant à flots dans le monde inconnu, nous aurions fait un grand pas vers l’intelligence suprême ». Edison

Edison et le mentalisme

Les recherches psychiques d’Edison ne se cantonnaient pas seulement à l’observation des phénomènes spirites. Ses investigations se tournaient également vers la télépathie inventant en 1894 un étrange « téléphone-montre », à la fois récepteur et transmetteur et qui permettait de communiquer à distance. Selon le mentaliste et prestidigitateur Joseph Dunninger, Edison aurait mené des expériences durant lesquelles il focalisait son attention sur une personne et celle-ci venait le voir, ou bien se concentrait sur l’idée d’une action en particulier et celle-ci se transmettait à la personne visée sans l’aide d’aucunes informations verbales.

BERT REESE

Bert Reese, de son vrai nom Berthold Reise (1841–1928), personnage à forte corpulence, chauve, et jovial était considéré comme l’un des meilleurs « lecteur de billets » de l’histoire du mentalisme. Il se présentait comme un médium prétendant être doué de cryptesthésie (faculté de percevoir des choses ou des événements cachés), Reese employait des techniques très complexes dont la plupart étaient jugées inexplicables par ses confrères. Il parcourait le monde, stupéfiant les têtes couronnées et l’élite de la société cultivée avec ses démonstrations de télépathie apparente. Il est resté célèbre comme « l’’homme qui a dupé Edison ».

Dans l’une des premières lettres échangées entre le magicien Harry Houdini et Sir Arthur Conan Doyle, l’auteur anglais interroge son ami sur les mystérieux pouvoirs du « professeur » Bert Reese. Houdini lui répond : « Reese est, sans doute, le plus intelligent mentaliste qui n’ait jamais vécu. Il a trompé les grands esprits allemands - dans les tribunaux - en gagnant un procès, et en Amérique, il s’est joué de nos plus intelligents cerveaux comme d’enfants. Edison croit réellement en lui, et quand il a été accusé de cartomancie par le juge de la Cour Rosalsky, il lui a fait faire un test et l’a convaincu qu’il était authentique ; et il a été libéré.

Reese savait qui j’étais, quand je l’ai appelé pour une séance, je lui ai dit que de tous les faiseurs de tours de passe-passe, il était le plus intelligent. J’ai été surpris par son talent, et si je n’avais pas été extrêmement familier avec toutes les techniques, et tous les gestes des médiums, qui ont recours au pellet test, j’aurais été complètement dupé. »

Explication des techniques de lecture de pensée de Reese dans le New-New Times du 20 novembre 1910.

Après avoir observé Reese à New York, le chercheur Eric Dingwall prétendait avoir découvert ses méthodes de tricherie. Selon lui, les exploits de Reese n’avaient aucunes considérations scientifiques sérieuses. Pour Martin Gardner, l’un des pères fondateurs du scepticisme scientifique aux Etats-Unis, Reese était un expert en mentalisme dont les méthodes ne différaient pas des magiciens de scène de l’époque tel que Joseph Dunninger. Il réussit à tromper un grand nombre de personnes en leur faisant croire qu’il possédait de véritables pouvoirs psychiques.

Explication des techniques de lecture de pensée de Reese dans le New-New Times du 20 novembre 1910.

Le journaliste du New York Times Edward Marshall a écrit deux articles en Novembre 1910 avec des illustrations qui exposaient les « trucs » du mentaliste Reese. Plus tard, le magicien Joseph Rinn révéla la méthode de lecture de billet de Reese, ainsi que le mentaliste Theodore Annemann qui décrypta en détail ses tours avec des schémas explicites.

Traité de Métaphysique par Charles Richet (1922)

Il faut rattacher à la cryptesthésie pragmatique, les très beaux phénomènes donnés par M. REESE. Les faits dont nous allons donner brève relation ont été constatés par des observateurs très avertis, CARRINGTON, A. DE SCHRENCK-NOTZING et J. MAXWELL, qui ont isolément expérimenté avec Reese. Notons que M. Carrington a spécialement étudié la prestidigitation et est un psychologue expérimenté.

M. Reese était, en 1913, âgé de soixante-douze ans. Il est né en Pologne prussienne, à Posen, puis il a passé en Amérique où il a vécu. Il raconte volontiers qu’il a eu des entrevues avec tous les puissants de ce monde, surtout avec les grands financiers américains, car un de ses pouvoirs, paraît-il, est de découvrir les sources d’eau ou même de pétrole. Le fait est qu’il a donné des preuves éclatantes de lucidité.

Edison a rapporté deux des expériences faites avec Reese qui lui ont paru décisives. Il va dans une pièce éloignée de la chambre où se tenait Reese, et écrit cette question : « Y a-t-il quelque chose de mieux que l’hydroxyde de nickel pour une batterie de matières alcalines ? » Puis il rentre dans la salle où était Reese, qui lui dit tout de suite : « Non, il n’y a rien de mieux que l’hydroxyde de nickel pour une batterie de matières alcalines. » Deux ans après, on annonce à Edison la visite inopinée de Reese. Alors Edison écrit, en caractères microscopiques, le mot de « Keno », et met le papier dans sa poche. « Qu’ai-je écrit ? » demande-t-il à Reese, et Reese lui dit sans hésitation : « Keno ». Le Dr Jamet Hanna Thompson, médecin aliéniste et sceptique avéré, fut absolument convaincu à la suite d’une séance qu’il eut avec Reese.

Albert Freiherr von Schrenck-Notzing (1862-1929), médecin et pionnier de la psychothérapie et de la parapsychologie allemand. Il enquêta sur les médiums fameux de son temps comme Willi Schneider et Éva C.

A. Schrenck-Notzing déclare que Reese est un des hommes les plus extraordinaires de ce temps. Schrenck écrit sur cinq bouts de papier des questions différentes : 1° Quel est le nom de ma mère ? 2° Quand irez-vous en Allemagne ? 3° Mon livre aura-t-il du succès ? 4° Une question d’ordre intime ? 5° Quel est le nom de mon fils aîné ? Reese, sans avoir touché les papiers, ou à peine, répond correctement à quatre questions, très vite, en quatre ou cinq minutes, tout au plus, et il ne peut s’agir de lecture de pensée, puisque, après avoir mêlé les différents papiers, Schrenck-Notzing ignorait ce que contenait tel ou tel de ces papiers. Avec J. Maxwell, Reese a obtenu des résultats tout aussi surprenants. Il n’a pas touché les sept papiers que Maxwell avait écrits, et il a répondu à chacun de ces papiers, encore que Maxwell ignorât, les ayant mêlés, quel était tel ou tel de ces sept. Le prénom, peu commun, de la mère de Maxwell (Marie-Angéline) a été donné avec une petite erreur insignifiante. Marie-Angelie est le nom véritable.

Hereward Carrington (1880-1958), Auteur et enquêteur des phénomènes psychiques.

H. Carrington décrit avec beaucoup de détails une expérience analogue. Il note avec soin que les trucs classiques des prestidigitateurs n’ont pu être mis en usage. H. Carrington, après plusieurs expériences très méthodiques, a été convaincu complètement qu’il s’agissait d’un cas authentique de clairvoyance, et non d’un système d’escamotage quelconque.

M. F. Hollaender a donné aussi un très intéressant récit d’une séance qu’il eut avec Reese. D’après lui, Reese a pu, à une Société commerciale, indiquer la page où se trouvait une comptabilité frauduleuse. On lui a accordé de ce fait 5 p. 100 de la somme détournée, et il a touché 2.500 marks. Comme à Maxwell, comme à Carrington, comme à Schrenck-Notzing, Reese a donné des réponses exactes aux questions tout à fait personnelles, intimes, spéciales, que Hollaender avait écrites, en l’absence de Reese, sur des papiers qu’il gardait dans ses poches.

M. Drakoulès a confirmé ces faits, d’après Miss Felicia Scatchered. C’est toujours la même expérience qui réussit également. M. Drakoulès écrivit diverses phrases sur dix-huit papiers qu’il plaça dans des tiroirs différents, et M. Reese les lut tous, alors qu’ils étaient encore plies et enfermés dans le tiroir. Il put dire le nom des jeunes filles (Pénélope, Anastasie, Giuletta), de Mad. Drakoulès.

En 1916, à New-York, Reese fut condamné comme disorderly conduct. En appel, il convainquit le juge Rosalsky non seulement de son innocence, mais encore de sa lucidité. Les témoignages obtenus (à la suite d’expériences indépendantes) par des hommes aussi expérimentés, sagaces et prudents que Von Schrenck-Notzing, J. Maxwell et H. Carrington, mettent hors de toute contestation la cryptesthésie pragmatique de Reese. C’est grand dommage qu’il ne consente pas à se soumettre à de nouvelles épreuves.

Expériences d’Edison, du Prof. H. Thompson et du Dr Drakoulès avec Bert Reese

A plusieurs reprises déjà, en ces dernières années, nous nous sommes occupés de Bert Reese, le merveilleux clairvoyant. Nous croyons maintenant utile de reproduire ici un article qu’Edison a publié dernièrement dans le New-York Times. Il n’apprend rien de nouveau sur les facultés de Reese ; mais l’autorité du célèbre inventeur contribue à confirmer ce que d’autres expérimentateurs éminents avaient déjà constaté ; d’ailleurs, il est parfois utile de revenir sur ces cas exceptionnels de voyance, se produisant en des conditions défiant toute critique. Voici donc la traduction de l’article d’Edison :

Bert Reese et Thomas Edison.

L’expression « forces psychiques » ne sert, en réalité, qu’à indiquer des choses parfaitement naturelles, que nous ne comprenons pas encore. L’avenir nous réserve un champ d’étude très captivant, l’espace étant rempli d’une intelligence dont nous ne connaissons pas grand-chose. Les messages de la télégraphie sans fil, connus uniquement par la personne qui les transmet et par celle qui les reçoit, peuvent transporter sur l’air même que nous respirons des faits prodigieux, et pourtant nous ne nous apercevons de rien.

Les situations nouvelles engendreront de nouvelles nécessités, et celles-ci, à leur tour, développeront de nouvelles découvertes. Peut-être que le milieu dans lequel nous vivons, se modifiant ainsi, donnera à la race humaine de nouveaux sens actuellement impossibles à prévoir, ou fera revivre quelques sens latents pour satisfaire aux besoins. Il ne semble aucunement incroyable que puisse se développer ainsi un sens qui nous permettra de nous extérioriser davantage. On pourra acquérir ces forces de deux façons : ou par une investigation scientifique attentive, ou par accident.

De grandes forces sont déjà à l’œuvre et existent tout autour de nous, sans que nous soyons à même de les discerner par nos cinq sens. Les rayons X, les ondes hertziennes nous apparaissent comme des exemples frappants de l’occulte existant autour de nous et attendant seulement d’être employé. Le néon, le crypton, le zeuthon furent tous des résultats qui ne se manifestèrent à nous que par suite de l’analyse chimique de substances qu’on ne parvenait pas à éclaircir. Ceci indiqua la présence de quelque élément inconnu jusque-là, et l’investigation scientifique ne tarda pas à les révéler.

J’ai vu les rayons Rœntgen traverser une planche en bois de 36 pouces d’épaisseur - ce qui aurait semblé supranormal dans le temps, mais est considéré aujourd’hui comme une loi naturelle. Il est plus sage de tâcher de tirer au clair une chose, que de la nier simplement. L’inconnu se manifeste toujours d’une façon mystérieuse - généralement par ce fait, que nous nous trouvons en face de problèmes ne pouvant pas être expliqués par les lois connues. J’ai rencontré un de ces problèmes et je ne cache point que j’en ai été fort intrigué.

L’homme dont je vais parler m’a été envoyé par un de mes plus vieux amis, qui me dit en guise d’introduction : « Cet homme, Reese, accompli certaines choses étranges. Je désire que vous le connaissiez. Peut-être parviendrez-vous à expliquer sa faculté. »

Reese vint en mon laboratoire, le jour indiqué. Il me demanda de faire venir dans la chambre quelqu’un de mes ouvriers pour expérimenter avec eux. Il demanda à l’un d’eux, un norvégien, de se rendre dans la pièce à côté et d’écrire sur un bout de papier le nom de jeune fille de sa mère, le lieu de naissance de celle-ci et plusieurs autres choses. Le norvégien plia ensuite le papier et le garda dans sa main fermée. Reese en donna le contenu aussi correctement que s’il avait lu de l’écriture imprimée ; il ajouta ensuite que le jeune homme avait dans sa poche une pièce de monnaie de 10 couronnes. J’ignorais l’existence de cette pièce ; Reese l’ignorait aussi d’une façon normale quelconque.

Après que Reese eut fait des expériences semblables avec d’autres de mes employés, je lui demandai de me laisser essayer à mon tour. Dans mon cas, je passai dans un autre édifice et j’écrivis ces mots : « Y a-t-il quelque chose de mieux que l’hydroxide de nickel pour une batterie de matières alcalines ? »

J’expérimentais alors avec ma batterie électrique alcaline et je redoutais un peu de ne pas être sur le bon chemin. Après avoir écrit la phrase ci-dessus, je me proposai un problème et j’employai toute mon attention à le résoudre, de manière que Reese ne pût pas déchiffrer au moyen de la lecture de la pensée ce que j’avais écrit ; je rentrai ainsi dans la chambre où j’avais laissé Reese.

Au moment où j’entrai dans la pièce, il dit : « Non ; il n’y a rien de mieux que l’hydroxide de nickel pour une batterie de matières alcalines. » Il avait lu exactement ma question ; je peux ajouter que, jusqu’à ce jour, je n’ai rien trouvé de mieux que l’hydroxidc de nickel. Je ne prétends aucunement expliquer son pouvoir. Je suis convaincu que les besoins de la civilisation produiront quelques grandes découvertes au moyen d’hommes également doués : les rares voyants de la génération actuelle deviendront la multitude dans la génération suivante. L’intelligence normale future développera et complétera rapidement l’oeuvre de l’intelligence anormale d’aujourd’hui.

Environ deux ans après les expériences que je viens de raconter, le garçon de service à la porte de mon laboratoire, entra et m’annonça que Reese était dans l’antichambre et désirait me voir. Je pris mon crayon et j’écrivis en lettres microscopiques le mot : « keno ». Je pliai le papier et le mis dans mon gousset ; alors je dis au garçon d’introduire Reese. Je lui adressai quelques mots de salutation ; après quoi j’ajoutai immédiatement : « Reese, j’ai un morceau de papier dans ma poche ; qu’est-ce qui est écrit dessus ? » Sans un instant d’hésitation il répondit : « keno ».

Quelque temps après l’expérience faite dans mon laboratoire, j’assistai à une séance expérimentale chez le propriétaire d’un journal new-yorkais. Parmi les assistants se trouvait le propriétaire d’un autre journal de la ville, le juge Goff et différents autres messieurs Ceux-ci préparèrent des questions, et Reese, sans aucune hésitation, lut tout ce que les expérimentateurs avaient écrit.

Plus tard, le Dr James Hanna Thompson, l’aliéniste bien connu, organisa une séance chez lui ; Reese y fut invité pour montrer sa faculté spéciale. Le Dr Thompson avait nié la possibilité du pouvoir de Reese, traitant celui-ci d’escamoteur, etc. Ceci irrita Reese, qui se fit prier longtemps par un ami de l’aliéniste, qui connaissait le voyant depuis longtemps, avant de consentir à se rendre chez M. Thompson. Je n’étais pas présent à cette occasion, mais j’ai été informé de ce qui se passa.

Le Dr Thompson reçut Reese dans son salon. Le clairvoyant lui demanda d’aller dans sa bibliothèque, d’écrire des questions sur de petites feuilles de papier et de les cacher. En attendant, Reese resta à converser avec les messieurs dans le salon, jusqu’à ce que Thompson revint et annonçât qu’il était prêt. Alors Reese dit : « Au fond du tiroir à gauche de votre table se trouve un bout de papier sur lequel est écrit le mot : Opsonic. Sous le livre déposé sur votre table il y a un morceau de papier portant un autre mot : Ambiceptor. Sur une autre petite feuille de papier est écrit le mot : Antigen ». Ces indications, que le voyant donna sans hésitation, étaient entièrement exactes. Thompson en fut stupéfait : il déclara que c’était inexplicable.

Sans doute, le cerveau humain fera un jour bien des choses qu’il est incapable de faire actuellement, parvenant ainsi à un degré plus élevé de développement. Il y a quelques années, j’entrepris une série d’expériences pour tenter de transmettre la pensée d’une personne à l’autre par toutes sortes de […] - mais sans le moindre résultat. Ainsi, j’ai cherché à résoudre le phénomène au moyen d’appareils électriques adhérents à la tête des opérateurs. Quatre parmi nous se tinrent d’abord en autant de chambres différentes, reliés pourtant par les systèmes électriques dont je viens de parler. Nous nous assîmes ensuite aux quatre coins de la même pièce, rapprochant graduellement nos chaises les unes des autres, vers le centre de la chambre, jusqu’à ce que nos genoux se touchassent ; et pourtant nous n’obtînmes aucun résultat au point de vue de la lecture de la pensée.

Mais Reese n’a besoin d’aucun appareil, d’aucune condition spéciale pour agir. Il ne fait pas connaître sa méthode, si cependant il en a une ; il m’a seulement promis de donner son avis à ce sujet dans son testament.

- Texte extrait des Annales des sciences physiques, Revue mensuelle, 26ème année, mai 1916.

A lire :
- Le royaume de l’au-delà de Thomas A. Edison précédé de Machines Nécrophoniques de Philippe Beaudouin (Editions Jérôme Million, janvier 2015).
- Les spectres magnétiques de Thomas Alva Edison. Cinématographie, phonographie et sciences des fantômes de Philippe Baudouin et Mireille Berton (Revue 1895 n°76, 2015).
- Phénomènes psychiques.
- Le spiritisme.
- Fantômes spirites.
- Les révélations d’un magnétiseur.
- Prestidigitateurs et parapsychologie.
- Les médiums sont-ils des prestidigitateurs ?
- Histoire de la voyance et du paranormal, du XVIIIème siècle à nos jours de Nicole Edelman. Editions du Seuil (2006).

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Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 19 mai 2016.
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