Artefake
Accueil du site   THE GREAT TAMER / Dimitris Papaioannou

THE GREAT TAMER / Dimitris Papaioannou

Théâtre de la Ville / La Villette (Paris, mars 2018).

Conception, composition visuelle et mise en scène de Dimitris Papaioannou.

Une des révélations du Festival d’Avignon 2017… Formé dans une école de Beaux-arts, Dimitris Papaioannou appréhende la création par l’image et le dessin. Il a d’abord été peintre, sculpteur, réalisateur de bandes dessinées, avant de se tourner vers le spectacle. Et son travail, une recherche entre danse expérimentale, théâtre physique, art du mouvement garde la trace de cette formation initiale en arts plastiques.

Célèbre pour avoir orchestré la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’Athènes en 2004, il n’est pas inconnu en France où il a été chaleureusement accueilli par la critique, avec Still Life en 2014, au Théâtre de la Ville à Paris. Il y traitait du mythe de Sisyphe, en héros de l’absurde. On retrouve dans The Great Tamer, ces corps entremêlés d’hommes et femmes, au fil d’actions toujours recommencées. Mais ici, cela va beaucoup plus loin.

Still Life (2014).

Sur un grand praticable gris, fait de planches amovibles et tuilées les unes sur les autres, des hommes en noir apparaissent. L’un d’eux se dénude et s’allonge tel un gisant. Un autre le recouvre d’un linceul blanc qu’un troisième s’applique à faire voler d’un courant d’air pour dévoiler le corps…

L’action se répète ad libitum, et de plus en plus vite… On retrouvera cette image plusieurs fois au cours du spectacle. Des membres des bustes d’hommes et de femmes surgissent du sol et s’accolent pour former des monstres à plusieurs têtes, bras et jambes multiples. D’étranges créatures déambulent, sortent de la terre et y replongent, figures issues de la mythologie, des poupées d’Hans Bellmer, ou des toiles de Chirico. Cadavres exquis.

D’images en images, toujours surprenantes et d’une grande beauté, s’esquisse un univers instable où évoluent des personnages à la recherche d’un équilibre sur un sol qui ne cesse de se déconstruire, se boursoufler, d’avaler les êtres et de les rejeter. « Il s’agit de creuser et d’enterrer, dit le metteur en scène. Puis de révéler. Il s’agit de parler de l’identité, du passé, de l’héritage et de l’intériorité. »

La mort rôde du début à la fin. Ces excavations viennent à l’origine d’un fait d’actualité : un jeune garçon qui s’était suicidé, avait été retrouvé mort, enfoui dans la boue. Mais l’humour traverse ce lent et long voyage onirique, teinté de mélancolie, grâce à des figures du cirque : le clown, l’acrobate, grâce aussi à des citations parodiques de célèbres œuvres picturales. Comme La Leçon d’anatomie de Rembrandt qui devient un dépeçage macabre, suivi d’une orgie cannibale. Le metteur en scène joue aussi sur les conventions théâtrales, par exemple quand, allusion à Hamlet, un crâne roule en bas du plateau, image ultime…

Cette création est aussi une véritable prouesse technique. La scénographie de Tina Tzoka avec un plateau qui s’ouvre et se referme, la précision gestuelle des onze danseurs au milieu de chausse-trappes, le rythme maîtrisé de l’ensemble où alternent brèves apparitions et images répétitives, forcent l’admiration. Une heure quarante pour le plaisir des yeux et pour l’intelligence.

C’est un grand spectacle, drôle, émouvant, virtuose, accueilli avec enthousiasme par le public. Il faut courir le voir.

- Article de Mireille Davidovici. Source : Le Théâtre du Blog.

Tous les documents et archives sont proposés sauf avis contraire des ayants-droit, et dans ce cas seraient retirés.

Auteur : Philippe du VIGNAL


Mise à jour effectuée le : 10 avril 2018.
MENTIONS LEGALES :

ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France : ISSN 2276-3341

Informations rassemblées et coordonnées à l'initiative et pour le compte de l'Association Artefake.
Ce document est déposé auprès d'une Autorité d'Horodatage Qualifiée - Certifiée ETSI & RGS

Dans le cas où malgré notre vigilance, une de nos publications porte atteinte aux droits d'auteur, merci de nous l'indiquer. Dans le cas ou cela s'avère exact, nous nous engageons sans délai à supprimer cette publication de notre site.

Artefake est une oeuvre collective créée et publiée par l'Association ARTEFAKE.
Conformément à l'article L.113-1 du Code de la propriété intellectuelle, l'association Artefake est titulaire des droits d'exploitation du contenu du site Artefake.com
La reproduction totale ou partielle des articles du site internet Artefake sont strictement interdite, par tous moyens connus ou à découvrir, quel qu'en soit l'usage, sauf autorisation légale ou autorisation écrite de l'association Artefake.
L'utilisation de la marque déposée Artefake est soumise à autorisation.
Les liens hypertextes pointant soit vers la page d’accueil soit vers un article particulier sont autorisés.
L’autorisation de mise en place d’un lien est valable pour tous supports, à l’exception de ceux diffusant des informations pouvant porter atteinte à la sensibilité du plus grand nombre. Au titre de cette autorisation, nous nous réservons un droit d’opposition.
Toute personne nommée ou désignée dans le site Artefake dispose d'un droit de réponse conformément à l'article 6 IV de la loi LCEN.
Ce droit de réponse doit être adressé par courrier recommandé à Artefake - A l'attention du Directeur de Publication - 16, rue Henri Gérard - 21121 Fontaine lès Dijon.

Directeur de la publication : Sébastien BAZOU
Président du Conseil d'Administration : Eric CONSTANT

ISSN 2276-3341 - Droits de reproduction et de diffusion réservés © Artefake 2004-2018
Artefake est une marque déposée - Site développé sous SPIP par ROUGE CEKOYA