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THE GREAT MAGIC SHOW 9

Le Phare (Tournefeuille, vendredi 14 octobre 2016).

Ce gala international a lieu tous les ans depuis 2008. Il est organisé par le Rotary Toulouse Terre d’Envol sous la direction artistique de Didier Puech de Magicus magazine au profit d’associations d’enfants malades (AFFMF, CeRESA et L’AFSR). Il est également rattaché au Salon des Médias Internationaux et des Arts Magiques M.I.A.M depuis 2014. Chaque année le succès est au rendez-vous et le public présent.

Direction artistique : Didier Puech.

Présentation : Hugues Protat.

Avec : Arno, Gaëtan Bloom, Hugues Protat, Alfredo Lorenzo et Florian Sainvet.

CLOSE-UP dans le hall

Avec : Youssef Chouiter et les lauréats sélectionnés pour le concours de close-up du M.I.A.M : Maxime Lamotte, Damien Herrera, Bradley Benson, Aurélien Braban et Yacine Monné (Abdelali Nour, fraîchement débarqué du Maroc, est arrivé trop tard pour se préparer dans les temps).

Youssef Chouiter n’a pas son pareil pour enchainer des classiques du close-up revisité à la sauce marocaine : corde coupée et raccommodée, canifs, anneaux chinois, balles éponges, et une très belle routine de lacet-bague (Ring and string) où l’anneau de la spectatrice se retrouve dans une multitude de pochettes pour finir dans un écrin de soie (remplaçant les traditionnelles boîtes gigognes) et réapparaît sous sa montre.

Les autres close-up men ont présenté, entre autre, de la cartomagie (ambitieuse, carte à la bouche…), des élastiques et des pièces.

LE GALA

C’est le formidable Hugues Protat qui se colle à la présentation du gala. Un exercice qui lui correspond, tant l’artiste qu’il est a de multiples casquettes. Il promet aux 1000 spectateurs présents de « mettre le feu » et transforme une perche enflammée en canne.

Didier Puech.

Alfredo LORENZO

Le jeune franco-hollandais Alfredo Lorenzo, du haut de ses 16 ans (fêtés le dimanche précédent), ouvre le bal avec un numéro de manipulation classique dans la lignée des prestidigitateurs des années 1950. Habillé, comme un adulte, avec un costume brillant à queue de pie et un haut de forme, il fait apparaître des éventails de cartes qui changent ensuite de couleurs pour laisser la place à des gros dés qui se multiplient entre ses doigts. Vient ensuite une routine de balles excelsior, puis une séance de back and front avec des cartes qui finissent jetées dans la salle à la manière de Jeff McBride (cartes boomerang).

Ce numéro de magie « moderne » ne correspond pas à ce jeune manipulateur, issu d’une sympathique famille de circassiens (par son père Patrick Beautour), abusant de sourires « killer » à l’américaine. Il possède néanmoins une bonne technique, même si certaines apparitions de cartes méritent d’être retravaillées. Alfredo a obtenu différents prix au Pays-Bas depuis 2014 et est coaché par Ger Cooper. Son parrain n’est autre que Hans Klok ; il y a pire pour commencer une carrière ! Si Alfredo trouve son personnage et son répertoire qui lui correspondent, il est promis à un bel avenir.

Pour sa première représentation en France, Il reçoit le prix spécial « Etoile France Bleu Toulouse » remit par Pierre Galibert, le directeur de la radio toulousaine.

Hugues PROTAT

Intermède avec Hugues Protat qui fait venir sur scène un enfant et le coiffe d’un chapeau spécial pour les magiciens débutants qui s’agrandit magiquement par trois fois, jusqu’à recouvrir le visage du garçon sur lequel apparaît une tête de monstre. Protat lui confie alors une baguette magique qui se déroule en une bâche, sur laquelle est dessinée une silhouette de Merlin l’enchanteur où l’enfant peut placer sa tête. Pour finir son intervention, Protat exécute le tour du ballon transpercé par une grosse aiguille qui n’éclate pas.

Gaëtan BLOOM

La banane

Gaëtan se présente comme le « sous-doué de la magie » après qu’Hugues Protat ait fait mention de ses apparitions dans les films de Claude Zidi en 1980 et 1982. Il commence la magie à l’âge de 8 ans et un de ses « papas magiques » est Dominique Webb. Il propose au public de lui montrer son premier tour qu’il a appris : « Le miracle de la banane ».

Relevant ses manches et présentant un sac en papier kraft ordinaire et une banane invisible qu’il lance plusieurs fois dans le public, et qu’il renvoie dans le sac (on entend le bruit) plusieurs fois d’affilée jusqu’à ce qu’une vraie banane apparaisse. Bloom enchaîne ensuite avec la multiplication de la banane en poche.

La bouteille

« Comment fonctionne la magie ? Grâce à une chose subtile et fragile : la misdirection ou le détournement d’attention. »

Sur un guéridon est posé un bouquet de fleurs artificielles dans un pot. Une bouteille de Coca-Cola transparente est mise dans un sac en kraft avec une cuillère dans son goulot (belle subtilité pour montrer que la bouteille est en verre par l’intermédiaire du son). Le magicien retire la cuillère et place la bouteille dans le sac. Il fait participer les spectateurs qui scandent « Coca-Cola ! » et le bouquet disparaît ainsi que la bouteille dans le sac, qui est froissé.

Le rêve

« J’ai fait le rêve qu’un enfant de 8-10 ans venait sur scène avec moi… »

Photo : Claire Joly.

Un panneau-prédiction, avec l’inscription « Mon rêve », est posé au pied du micro, bien visible par toute la salle. Gaëtan confie à l’enfant un jeu de cartes invisibles qu’il mélange. Il souffle ensuite dessus et elles deviennent plus grandes. Il doit faire un choix en divisant les cartes en deux paquets : noirs et rouges. Un paquet est éliminé. L’enfant sépare ensuite les cœurs des carreaux et lance ces derniers en l’air où les cartes de la famille s’alignent devant lui de l’as au roi. Bloom lui demande de retirer progressivement des cartes jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’une. L’enfant nomme à voix haute sa carte qu’il a choisi librement et la prédiction se révèle identique.

L’effet classique du jeu brainwave « sans jeu » au final, remplacé par un diabolique système à prédiction totalement invisible.

MARIE-HELENE

Hugues Protat nous revient sous les traits de la petite fille de Robert-Houdin pour nous présenter un tour de « physique amusante » : la suspension de l’eau dans une bouteille en plastique.

Il fait venir sur scène une jeune fille pour l’assister et après quelques formules magiques « Tiki-tiki », l’action d’une clochette et d’un « pouette-pouette », l’eau reste en suspension grâce à un papier sur le goulot. Le papier est ensuite retiré et la bouteille trimballée au-dessus de la tête de la jeune fille et l’eau ne coule toujours pas. Pour finir, l’eau s’échappe de la bouteille dans un seau à terre.

Florian SAINVET

Dans une ambiance futuriste entre l’univers filmique de Matrix et de Tron, aidé d’un éclairage vert et d’un fond sonore utilisant des bruitages et des voix synthétiques, Florian Sainvet apparaît dans un costume noir accessoirisé de protections et d’éléments verts. Il campe une espèce d’homme robot humanoïde, les pieds ancrés sur terre.

Après une introduction d’automate effectuant un équilibre impossible à la Michael Jackson, il enlève sa paire de lunettes qui disparaît ensuite dans un effet flash de toute beauté. Des éléments verts sont détachés de son costume, disparaissent et se transforment en confettis. Apparaissent ensuite des disques blancs qui se multiplient et changent de couleur et un plastron vert, où il colle un disque.

Les mains grandes ouvertes vers le bas et sans bouger, Florian Sainvet produit des petits disques d’une manière incroyable. Il termine son numéro d’une très belle manière par la projection de disques façon boomerang, pendant que son corps part en arrière, en équilibre sur une jambe ; En coulisse surgit un jet de disque sur scène.

Dans le domaine de la manipulation, Florian Sainvet tire son épingle du jeu grâce à des techniques de haut vol. Malgré cela, il est fort dommage que ses effets soient considérablement amoindris par l’utilisation de disques en plastiques et non solides (sans tomber dans l’éternel manipulation de CD d’un autre siècle). De plus, on ne comprend pas bien le but de son personnage et la finalité de l’ensemble.

Hugues PROTAT

Protat nous revient en personnage punk affublé d’une perruque adhoc et sur une musique rock il va effectuer une routine d’aiguilles avalées. Sur un rythme d’enfer, il les gobe une à une, boit un verre d’eau, place une pelote de fil dans sa bouche et ressort trois chapelets d’aiguilles, qui sont tendus de part et d’autre de la scène.

Excellent numéro qui justifie ce classique de la magie par un personnage en marge, adepte des piercings et des situations extrêmes.

Gaëtan BLOOM

Bloom rend hommage à son deuxième « papa magique », le toulousain Llorens. Il en profite pour dédier son numéro à l’immense Pierre Etaix disparu l’après-midi même.

Il fait monter sur scène deux spectateurs (un homme et une femme) et sort d’une grosse boîte en carton un jeu de cartes, le fait vérifier et fait choisir une carte à l’effeuillage. La spectatrice nomme sa carte à haute voix et le magicien en déchire un coin.

Bloom sort ensuite diverses « cadeaux » de sa boîte : des fleurs artificielles, des fruits de Noël (kiwi, orange et pamplemousse). Le deuxième spectateur mélange les fruits et tient ensuite un pochon avec une serviette et une machine à ne rien faire où il doit tourner une petite manivelle pour « s’occuper les mains ». Tout ceci dans un but évidemment décoratif.

Photo : Franck Boisselier.

Le magicien déchire le coin de la carte, qui est placé dans la bouche de la spectatrice, et déchire le reste en morceaux. Il va maintenant essayer de retrouver la carte de la spectatrice et lui demande de choisir un fruit parmi les trois du début. Bloom coupe les deux autres en quatre pour montrer qu’ils ne contiennent rien, puis c’est au tour du dernier d’être tranché… mais pas de cartes. Il sort alors une salade du carton, la hache menu… rien. Il replace tous les détritus dans le carton et ils disparaissent, laissant la place à une salade dans laquelle on retrouve le pamplemousse, dans lequel on retrouve l’orange, dans laquelle on retrouve le kiwi, dans lequel on retrouve LA carte de la spectatrice, qui correspond au coin qu’elle a gardé ! Pour finir, « l’homme potiche » essuie la table avec sa serviette, montrant qu’il sert à quelque chose.

Génialissime numéro de Gaëtan Bloom qui renverse les rôles de l’homme et de la femme dans une routine qui démontre sa créativité barrée et son sens du spectacle. Explosant tous les cadres conventionnels, Bloom démontre avec brio que la magie repose avant tout sur une présentation méticuleuse, un personnage fort et une mise en valeur du public.

Hugues PROTAT

Numéro intermédiaire de mentalisme, où il est demandé à un jeune garçon de penser à une personne célèbre et de la nommer. Le magicien tenant une prédiction depuis le début révèle la photo de cette personnalité… bébé à 6 mois. Cela marchait aussi avec une personne de couleur comme Michael Jackson (Il retourne le portrait et on découvre un bébé noir).

Une fois n’est pas coutume, « carton rouge » pour Hugues Protat qui s’est planté de répertoire avec cette routine au ras des pâquerettes utilisée par pléthore de magiciens et qui s’est, au passage, moqué gentiment de la culture du jeune garçon qui a nommé comme personnalité Jean de La Fontaine.

ARNO

Le rare et discret Arno nous présente un numéro d’oiseau d’une grande classe. Tous les codes de cette discipline sont présents : mains en feu faisant apparaître une colombe, production d’oiseaux dans des foulards, dédoublement de perroquet. Il y a même des moments de pure poésie et de tendresse comme ce foulard jaune qui disparaît dans son poing pour réapparaitre dans sa pochette de veste avec une perruche ! Ou ce coffre transparent à foulards qui fait apparaître un perroquet.

Au final, une magnifique prestation où les animaux sont traités avec respect et dont la partition est millimétrée dans un souci de fluidité extrême.

EDMOND

Arrive le clou du spectacle, la cerise sur le gâteau en la personne d’Edmond le paysan alias Hugues Protat. On connaît ce personnage de bouseux alcoolique, inspiré d’un oncle normand parlant le patois, par son passage télé tonitruant et remarqué au Plus Grand Cabaret du Monde en 2011.

Edmond arrive sur scène la dégaine défroquée, les lunettes à double foyer, une chemise à carreaux et un chapeau mou sur la tête. Il essaie de régler son pied de micro pour parler mais celui-ci se baisse sans cesse. Il sort une baguette magique et ouvre une chaise pliante qui se referme instantanément, puis une autre dans un ballet cacophonique. Les deux chaises récalcitrantes n’en font qu’à leur tête jusqu’à l’absurde. C’est ensuite autour du pied de micro de monter vers les cintres. Edmond excédé, prend un autre pied de micro qui devient mou, puis un autre qui saute. Il opte alors pour un micro sans fil qu’il place dans son pantalon.

Il demande ensuite du matériel solide : une table sur laquelle se trouve une bouteille, un verre et deux tuyaux en plastique. Il va nous présenter le tour classique et ringard de la multiplication de bouteilles.

Edmond enchaîne alors une transposition de la bouteille et du verre et répète l’opération plusieurs fois. Il promet d’offrir une tournée générale à la fin du numéro.

Edmond fait plusieurs tours de chauffe avec le public et commence à multiplier les bouteilles de manière frénétique, sur un rythme de plus en plus fou : "de la bouteille et du pinard !" Son personnage devient de plus en plus saoul répétant comme un leitmotiv "Attend, attend, c’est pas fini ! Vous en voulez encore ?".

Il fait taper les spectateurs dans leurs mains, tire une rallonge de sa table et la remplit de bouteilles. Il tire une deuxième rallonge et fait de même. Insatiable, il amène sur scène un trolley qui se remplit de bibines, pour aboutir, au final, à une production de 64 bouteilles !

Edmond finit son numéro étourdissant par une production de foulards à la chaîne qui sortent de l’un de ses tuyaux. Une dernière bouteille, "pour la route", est produite et il se sert un verre et boit à la santé du public.

Les spectateurs ont assisté à une exceptionnelle performance d’acteur et toute la salle fut pliée de rire au vu des facéties magiques d’Edmond. Hugues Protat démontre avec maestria le pouvoir de l’interprétation et du burlesque au-delà du simple tour de magie qui devient ici un accessoire au service d’une saynète comique et populaire jubilatoire. Son personnage est criant de vérité et aucuns détails ne manquent, jusqu’à son remontage constant de pantalon qui provoque à chaque fois un bruitage délicieux.

Au final, Le gala du Great Magic Show est un événement familial qui réussit à se renouveler chaque année et apporte un bénéfice conséquent aux trois associations d’aide à l’enfance malade.

A lire :
- The Great Magic Show 7.
- The Great Magic Show 8.

Crédit photos : Gérard Kunian et S. Bazou. Tous les documents et archives sont proposés sauf avis contraire des ayants-droit, et dans ce cas seraient retirés.

Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 20 décembre 2016.
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ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France : ISSN 2276-3341

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