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THE GREAT MAGIC SHOW 8

Le Phare (Tournefeuille, vendredi 13 novembre 2015).

Ce gala international a lieu tous les ans depuis 2008. Il est organisé par le Rotary Toulouse Terre d’Envol avec la participation de Magicus au profit d’associations d’enfants malades (AFFMF, CeRESA et L’AFSR). Il est également rattaché au Salon des Médias Internationaux et des Arts Magiques M.I.A.M depuis 2014.

Direction artistique : Didier Puech

Avec : Benoit Rosemont, Steffen Lauren’s, Jean-Pierre Vallarino, Hugues Protat, Jaime Figueroa et Léa

CLOSE-UP dans le hall

Avec : Alain Sénéchal, Peter Oz, Erwin Herr, Youssef Chouiter et les lauréats sélectionnés pour le concours de close-up du M.I.A.M.

Deux personnalités se distinguent de par leurs bagouts : Youssef Chouiter et Erwin Herr.

L’artiste marocain Youssef Chouiter, en habit traditionnel, n’a pas son pareil pour enchainer les routines classiques du close-up (carte ambitieuse, carte voyageuse, gobelets, corde, anneaux…) avec la tchatche d’un bonimenteur.

Quant à l’inénarrable franco-québécois Erwin Herr, c’est un excentrique de première entre le clown et le magicien, habillé d’un chapeau melon rouge, d’un jean et de chaussures de sport. Ancien danseur, il introduit du mime et de la répartie dans ses routines de close-up comme avec les mélanges du monde et la carte ambitieuse.

LE GALA

LEA

C’est à la toute jeune Léa (16 ans) d’ouvrir le gala avec un numéro coloré d’ombrelles. Un exercice difficile pour la benjamine de la soirée qui met du rythme dans sa prestation malgré quelques problèmes techniques.

Une jeune fille attend à un panneau de bus près d’une poubelle, une bouteille de soda à la main. Elle jette sa bouteille dans la poubelle et apparaît une succession d’ombrelles colorées sur une musique rythmée. Un ruban se transforme en ombrelle blanche, puis vient l’orage et l’ambiance se fait plus calme avec l’apparition de balles blanches style excelsior. Les balles disparaissent une à une jusqu’à se transformer en confettis.

Le téléphone portable de la jeune fille sonne dans son sac à dos et elle produit des foulards de différentes couleurs.

Pour finir, deux grosses ombrelles jaune et blanche font leur apparition et le panneau « BUS » se transforme en smiley.

Au final, ce numéro dynamique et frais manque un peu de cohérence dans l’écriture même si un coup de « jeune » a été apporté aux sempiternelles « apparition de parapluies », la justification de ce genre de matériel est toujours tirée par les cheveux. Léa fait preuve d’une belle énergie qui doit être canalisée dans ses déplacements et la technique de production. A suite…

Benoît ROSEMONT

L’alphabet

Avec son look de premier de la classe, habillé d’une chemise, d’un nœud papillon et d’un tonitruant veston aux motifs de fleurs, Benoît Rosemont, le mentaliste et mnémotechnicien arrive sur scène avec une boussole et se place sur une croix prédisposée au sol face au public. Derrière lui se trouve une structure avec des cartons représentants les lettres de l’alphabet, sur deux lignes, de A à N, puis de O à Z.

« Le premier contact que l’on a avec la mémoire c’est à l’école quand on apprend l’alphabet. »

Benoît se propose de mémoriser l’alphabet à l’envers pour s’échauffer cérébralement. Puis il récite une moitié de l’alphabet à l’endroit et l’autre à l’envers, alternativement.

Il récite ensuite l’alphabet dans un ordre complètement aléatoire. Il invite ensuite un spectateur à monter sur scène qui va « accrocher » et isoler 13 lettres nommées au hasard par les spectateurs dans la salle. Benoît nomme ensuite ses 13 lettres et les lettres non choisies, qui restent sur la structure. Pour finir, il récite, à nouveau, les 13 lettres choisies mais à l’envers. Le numéro se termine sur la musique et les paroles de Serge Rezvani : J’ai la mémoire qui flanche.

Les 20 mots

Benoît Rosemont revient en seconde partie avec un deuxième numéro de mnémotechnie célèbre mais jamais exécuté de la sorte ! Un tableau numéroté de 1 à 20, sur lequel vont être inscrits 20 mots, de préférence originaux ou incongrus, désignés par le public.

Une personne monte sur scène pour assister le mentaliste en inscrivant les mots des spectateurs à l’emplacement qu’ils veulent.

Pour le 10ème mot du tableau, un numéro de série est inscrit, composé de lettres et de chiffres différents.

Benoît Rosemont, le dos tourné au tableau, va mémoriser un par un les 20 mots et leur numéro pour les réciter ensuite suivant un ordre aléatoire dicté par le public. Plus l’expérience avance dans le temps et plus le mentaliste stresse et se touche les cheveux ou défait son nœud papillon et ses boutons de chemise pour dramatiser la situation (qu’il maîtrise totalement).

Une fois les 20 mots devinés avec leur numéro, il doit deviner les numéros de 5 mots épelés au hasard puis faire l’inverse avec les numéros. Il complète la liste dans le désordre.

Pour finir en apothéose, il récite toute la liste à l’envers de 20 à 10 et de 1 à 10, plus le numéro de série du 10ème mot.

Mal de crâne assuré pour les spectateurs ! Bravo à ce virtuose da la mnémotechnie qui est également un personnage singulier.

Hugues PROTAT

Le magicien rouennais interviendra à deux reprises dans le gala montrant toute l’étendue de son incroyable talent de transformiste.

Pierre Brahma act

Hugues Protat en reprend à la virgule près le mythique numéro de Pierre Brahma (avec l’approbation de ce dernier), Grand Prix FISM en 1964 et 1976, où il campe un personnage d’Arsène Lupin, souriant et désinvolte faisant apparaître des bijoux, des colliers, des Louis d’or et des couronnes.

Nous remontons donc le temps, 50 ans en arrière, et revivons sur scène un numéro à la fois merveilleusement suranné et intemporel puisqu’il convoque la figure d’Arsène Lupin. Le personnage interprété par Protat arrive sur scène plein d’assurance et d’énergie et transforme sa canne en collier de diamants. Il sort d’un coffre un foulard qui produit deux nouveaux colliers. Les bijoux apparaissent et disparaissent alors dans les mains vides du magicien.

Puis, c’est autour de pièces en forme de Louis d’or d’apparaitrent entre les doigts du prestidigitateur et de disparaitrent une à une en confettis.

Il jongle ensuite, à deux mains, de façon virtuose avec des « rubans » de pièces.

Les foulards refont leur apparition pour, de nouveau, produire des colliers puis une couronne.

Un bout de ficelle est enflammé et apparaît une série de chapelets de pièces d’or.

Un châle est déployé et fait apparaitre une série de couronnes de plus en plus grosses (effet de la boule zombie), qui, disposée sur un support, tourne sur elle-même.

Le prestidigitateur salut le public et va placer tous les bijoux qu’il a produit dans une malle. Il la recouvre de sa cape et tout disparaît.

C’est la fin de ce numéro virtuose sous un tonnerre d’applaudissements du public.

Nous sommes en droit de demander quelle est l’utilité de reprendre à la ligne un numéro déjà existant ? Surtout à l’heure où tout le monde copie tout le monde, où le clonage est devenu la nouvelle norme mondiale (et pas seulement qu’en magie).

Et bien, c’est tout d’abord un hommage vibrant que le savant Hugues Protat a voulu rendre à une figure légendaire de la magie française et mondiale, mais aussi une marque d’amitié profonde. Une façon de dire que l’on ne vient pas de nulle part, que l’on devient artiste parce que l’on a vu d’autres artistes se produire. Parce que la magie est une profession de foi et que les grands maîtres nous inspirent toujours, même 50 ans après.

En remettant sur le devant de la scène Pierre Brahma, c’est tout un pan de notre patrimoine qui est de nouveau mis en lumière pour la génération actuelle, une manière de dire que notre art est immortel et traverse les générations car la magie est transgenre. Peu importe le style, moderne, contemporain, vintage, etc. Il y a un répertoire pour tout le monde. Aujourd’hui, le monde magique peut être fier d’avoir dans ces ordres des hommes reconnaissants envers leur art qui n’oublient pas d’où ils viennent et qui mettent à l’honneur nos illustres confrères.

Pierre Brahma est actuellement hospitalisé à l’hôpital des Bretonneaux à Paris dans le XVIIIème arrondissement (Service Van Gogh, chambre 7). Il a besoin du soutien de TOUS les magiciens car il a tant donné pour notre art. PENSEZ à lui et manifestez-vous.

Marie-Hélène

Hugues Protat revient en deuxième partie du gala grimé en « arrière-petite-fille de Jean-Eugène Robert-Houdin » (il n’y a pas plus pompeux comme dénomination !). Cette dame d’un certain âge, bien sous tous rapports », veut nous présenter un numéro « sérieux » mais a visiblement un « sérieux » problème de pied de micro qui ne fait que tomber ! C’est ensuite autour de la chaise pliante de se replier toute seule malgré son repositionnement incessant. Le pied de micro se met alors à remonter… et Marie-Hélène perd son sang-froid en laissant échapper des grossièretés.

Malgré ces problèmes techniques, elle fait monter sur scène une spectatrice qui doit gonfler un ballon et le tenir pendant qu’une grosse aiguille, munie d’un fil, est passée de part en part sans faire éclater le ballon. Le numéro étant terminé, Marie-Hélène remercie la spectatrice et chauffe le public avant de repartir en coulisse.

Un moment hilarant et du grand Hugues Protat qui nous montre encore une fois l’étendue de ses talents de comédien, qui peut camper n’importe quel personnage et lui donner une vérité profonde à l’image d’Edmond le paysan multipliant les bouteilles.

Jaime FIGUEROA

Une des révélations comiques de la FISM 2015 de Rimini, l’espagnol Jaime Figueroa est un personnage complètement décalé, un clown avant d’être un magicien. Car plus que les tours de magie (ratés) qu’il exécute, c’est le comique de situation qui fait plier la salle en deux au bout d’un petit temps d’adaptation car on ne sait pas si c’est « du lard ou du cochon » ?

Quand le personnage arrive sur scène par la salle avec un guéridon bricolé, on se demande si le numéro à bien commencé. Muni d’un foulard et d’une baguette, la bande musicale s’emballe et le magicien se transforme en torero et fait apparaître des fleurs et une cage malgré lui. Tout va trop vite et le magicien est débordé par la situation et fait signe à la régie de couper l’accompagnement sonore mais en vain. Les guéridons se cassent la figure et le matériel tombe sur scène.

Le magicien exécute le truc du pouce qui s’escamote et produit un livre au bout d’une corde où tombent des cartes, avec une production en fontaine pour finir.

La musique s’arrête soudain et le magicien essaie de parler mais n’y arrive pas ! Il fait alors apparaître un oiseau… mort derrière un foulard et fourre sa baguette dedans pour l’animer. Au même moment, la cage du début disparaît et se retrouve derrière le dos du magicien tandis que la colombe devient vivante. Il lance alors l’oiseau vers la cage, mais celui-ci s’écrase par terre comme un poids mort. La musique s’arrête et il essaie de réanimer la colombe puis la fait disparaître en la transformant en nuage de plumes.

Jean-Pierre VALLARINO

Assis derrière une table, le plan du tapis retransmis sur des grands écrans, le public va assister à une démonstration de cartomagie par un spécialiste mondial en la personne de Jean-Pierre Vallarino. Une magie « à table » qui a révélé son auteur à la FISM de Lausanne en 1991 avec sa routine Champagne. Ce soir, il exécutera une partition chorégraphique parfaite en enchaînant des classiques revisités sur une musique de samba.

Vont s’enchainer plusieurs routines : Mélanges du jeu, Coupe sur les 4 as, Production des 4 dames, Reset avec 8 cartes, Cartes folles, Apparitions de pièces, Matrix, Reverse matrix, Pièce dans la bourse qui disparaît, As McDonald avec des dames, Apparition de dos "arc en ciel" et disparition du jeu en entier.

Au final une prestation exemplaire réalisée de main de maître par un grand artiste qui sait transfigurer les cartes et emmener le public dans un ballet esthétique, sensuel et mystifiant.

Steffen LAUREN’S

Le magicien Roannais s’est fait connaître dans les concours FFAP et au Festival Magie blanche sur la ville rose, organisé par Magicus en 2007 avec son beau numéro sur le thème du cirque : Rêve d’un garçon de piste.

Changement de registre ici puisqu’il s’agit de grandes illusions à l’américaine exécutées avec sa partenaire Lè. La poésie fait place à une efficacité maniériste dans un enchaînement d’effets sur une musique tonitruante.

Au programme : le carton volant (Flying box), La femme zig-zag, La boîte aux épées, le guéridon volant, Tile Puzzle de Winston Freer, Pierced Illusion (empalement), et Neige japonaise.

Un seul numéro est parlé, il s’agit du Puzzle paradox dans une présentation originale à la vertical. Le magicien dit avoir trouvé un puzzle magique chez un brocanteur de St Ouen. Ce puzzle est disposé dans un cadre comme un tableau. Quand il est rentré chez lui, le magicien a enlevé le cadre et a défait le puzzle. Il a mélangé les morceaux et a reconstitué le puzzle en une minute. L’antiquaire l’a appelé en lui disant qu’il avait oublié trois pièces et à chaque fois ces trois pièces entrent dans la figure de base, qui elle-même s’ajuste parfaitement dans le cadre du départ.

Le numéro de la neige japonaise qui clôture le gala est justifié par les éléments présents sur la scène : un verre d’eau et les fumigènes des machines. Steffen Lauren’s « capture » de la fumée et projette celle-ci dans un verre vide. Le verre est ensuite rempli d’eau et du papier, préalablement déchiré, est trempé dedans. En ressortent des confettis qui sont dispersés sur la scène grâce à un éventail, alors que de la neige artificielle tombe des cintres pour compléter le tableau.

Photo : Mickaël Pollet.

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Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 29 décembre 2015.
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ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France : ISSN 2276-3341

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