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TALAZAC et MICHAELLA

Extrait de la revue L’Illusionniste, N°15 de mars 1903.

Le portrait que nous donnons en première page est celui de Talazac, le créateur du merveilleux travail qu’il présente en ce moment au Nouveau Cirque avec le concours de Madame Talazac, la sorcière Michaella.

Le lecteur verra, dans la Chronique Théâtrale en quoi consiste leur numéro. Une son ce au Nouveau Cirque s’impose pour tous les adeptes de l’occultisme.

Talazac est né à Bordeaux, le 28 mai 1864, fils d’un modeste fonctionnaire des postes, il fit d’assez bonnes études à Pau et à Montpellier, chez les Jésuites. Comme tout Bordelais, qui se respecte, il se consacra à la vente des vins. Mais ayant eu l’occasion d’assister, en 1885, à Bordeaux. aux séances de Donato, il n’eût plus d’autre désir que de marcher sur les traces de celui qu’il appelle un « cerveau génial ».

Il débuta, en 1886, avec Henri Honofri. II se maria en 1894, initia sa femme à la transmission de pensée et parvint, à force de travail et de patience, à produire les merveilleux effets qu’il nous est, aujourd’hui donné d’admirer.

Ses succès furent nombreux. Personne n’a oublié l’audacieuse incarnation du diseur de bonne aventure, qu’il présenta au vieux Paris pendant la dernière exposition.

Talazac au Nouveau Cirque

Comme nous l’annoncions dans le précédent numéro, Talazac et la voyante Michaella ont débuté au Nouveau Cirque de la rue Saint-Honoré, le dimanche 1er février 1903 à la matinée.

Dès le soir de leurs débuts ils étaient appelés, en représentation particulière, chez le baron de Rotschild, rue Saint-Florentin. Depuis ce jour, Talazac et sa voyante, aussitôt leur séance terminée, se précipitent en voiture, pour se faire conduire chez quelque personnalités du Tout Paris qui a convié ses amis aux extraordinaires révélations de la Sorcière.

C’est dire que leur succès, à Paris, est aussi complet qu’ils pouvaient le souhaiter, et nous le constatons de grand cœur. Vais-je, ici, expliquer leur numéro ? Evidemment le lecteur doit s’y attendre, et ce serait mon rôle et mon devoir, mais ce numéro est d’un jour à l’autre si variable, si peu semblable à lui-même, qu’on risquerait fort de ne rien voir, de ce dont j’aurais parié si je racontais ce que j’ai vu.

La première partie comprend la lecture à grande distance, des cartes de visite, coiffes de chapeaux, billets de banque, de loterie, etc. Pour ces derniers, la voyante indique au porteur quelles sont ses chances de gain. Le plus souvent elle annonce que le billet n’aura droit à aucun lot. Ce qui est bien, en effet, dans l’ordre des choses.

La deuxième partie, celle qu’il m’est impossible de détailler, est consacrée à répondre à toutes les questions de l’auditoire. Un fait servira d’exemple : Talazac est appelé par un groupe de dames qui sont dans une loge ; une d’elles lui adresse cette demande : « Je voudrais que votre sujet se transportât en Espagne à Valence, et médise ce que fait, en ce moment Madame X... ». (Je passe le nom, que j’ai, du reste, oublié). La question est transmise par Talazac à son sujet qui répond : « Cette dame n’est pas à Valence. »

« Voyons, Michaella, regardez bien et répondez exactement. »

« Non cette dame, n’est ni à Valence, ni en Espagne. »

La dessus, une autre dame de la même loge se lève et avec le gracieux accent d’au-delà des monts s’écrie : « Eh non je ne suis pas en Espagne, puisque je suis là ! »

L’eau fatale du « Sorcier Rouge » Elle avait tous les pouvoirs. Elle le mène en correctionnelle (Extrait du Journal du mardi 30 octobre 1908)

Sur commission rogatoire de M. Saumande, juge d’instruction. M. Vallet, commissaire de police, s’est transporté, hier, chez un pseudo-magicien, auteur de nombreuses escroqueries. Rue de Mazagran, à l’angle de la rue de l’Echiquier, Morrys, « le sorcier rouge Tal’Hazac », tenait ses assises. La consultation était à peu près gratuite, mais il n’en était pas de même des produits que vendait la maison : on pourra en juger par le tarif, suivant : pour 14 francs, on obtenait un minuscule flacon d’eau dite « fatale », et magnétisée. Trois gouttes dans le foyer d’une maison ennemie et le visiteur désireux de savourer une vengeance pouvait se retirer, certain que le malheur allait s’abattre sur 1e toit ainsi désigné au destin.

Une personne avait-elle à se plaindre des agissements de son voisin ou d’un ami indélicat ? Vite trois gouttes sur l’imprudent et à partir de ce moment, pas de guigne, pas de malheur qui ne lui arrivât. Enfin, les jaloux pouvaient, à leur aise satisfaire leur passion : sur un couple amoureusement enlacé, trois gouttes, nombre fatidique, et la discorde régnait en maîtresse au sein d’un ménage naguère modèle.

Le « sorcier rouge » vendait aussi dit papier enchanté, des amulettes, des talismans ; à bons et mauvais effets, etc. Dans, la correspondance volumineuse que M. Vallet a saisie chez le mage Tal’Hazac, figurait une lettre de commande « d’eau fatale », qui devait servir à un mystérieux voyageur se rendant à Saint-Pétersbourg. L’auteur se préparait, à l’aide de plusieurs flacons, à envoûter le tsar.

Un autre correspondant mécontent adoptait un style menaçant, où il était parlé de commissaire de police et de juge d’instruction. Le mage a avoué au magistrat enquêteur que « l’eau fatale » provenait tout simplement du robinet de sa cuisine.

Morrys Tal’Hazac, qui s’appelle tout simplement Maurice Talhazac, quarante-deux ans, a parcouru déjà, en compagnie d’une jeune femme, divers music-halls de Paris et d’Europe, où il se livrait à l’exercice classique connu sous le nom de « transmission de la pensée ». Il sera poursuivi pour escroquerie.

Documents : Collection Didier Morax et Akyna. Tous les documents et archives sont proposés sauf avis contraire des ayants-droit, et dans ce cas seraient retirés.

Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 21 avril 2015.
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ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France : ISSN 2276-3341

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