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PICASSO et les maîtres espagnols

Carrières de Lumières (Les Baux-de-Provence, avril 2018).

Réalisation de Gianfranco Lannuzzi, Renato Gatto et Massimiliano Siccardi. Collaboration musicale de Luca Longobardi.

Cette exposition multimédias s’inscrit dans la manifestation Picasso-Méditerranée, à laquelle participent de nombreux musées, dont à Marseille, le MUCEM et celui de la Vieille Charité.

La Carrière de lumières des Baux-de-Provence est un vaste espace souterrain dans le calcaire blanc des Alpilles. De cette carrière, dite des Grands-Fonds, furent extraits, au fil des ans, des pierres pour la construction du château et de la cité des Baux. Les hautes parois lisses portent encore les stigmates de la scie-crocodile qui découpait des blocs de deux m3. D’autres sites des environs étaient aussi exploités depuis des millénaires pour les constructions, jusqu’à leur fermeture, en 1935. À droite de l’entrée, une grande galerie s’enfonce sur soixante mètres sous la montagne pour aboutir à un gigantesque hall, découpé par d’immenses colonnes laissées par les carriers pour porter le « toit ».

Ces piliers naturels entre cinq et dix mètres à la base et de sept à neuf mètres de haut, constituent, comme les murs et le plafond, autant d’écrans de projection. Séduit par le site, le journaliste Albert Plécy, y créa en 1977 Cathédrale d’Images et y montra avec un succès croissant, des murs d’images géants. Mais en 2011, la ville des Baux-de-Provence confie la gestion des carrières à Culturespaces, une société qui gère de nombreux musées. En 2012, malgré une bataille juridique acharnée engagée par les ayant-droit de Cathédrale d’Images, elle rouvre le site sous le nom de Carrières de Lumières et y organise des expositions « numériques et immersives », dont Bosch, Brueghel, Arcimboldo, Fantastique et merveilleux et Georges Méliès en 2017.

Picasso et les maîtres espagnols fait dialoguer des œuvres de Pablo Picasso, Francisco Goya ou encore Joaquin Sorolla, sur ces immenses surfaces calcaires. Un montage numérique impressionnant se déploie du sol au plafond et les images rebondissent sur les piliers. Des détails surgissent au hasard des recoins. On ne sait plus où donner de l’œil, le temps de s’habituer à ce flot incessant d’images rythmé par des musiques.

Avant d’entrer dans l’univers de Pablo Picasso, nous sommes invités à voir quelques sources espagnoles de son inspiration. De la cour royale, aux scènes champêtres de Francisco Goya, puis les jardins enchanteurs de Santiago Rusiñol, les portraits typiquement ibériques d’Ignacio Zuloaga et les scènes maritimes du lumineux Joaquin Sorolla. Grand absent, Diego Velasquez et ses Ménines, auxquelles Pablo Picasso consacra pourtant une cinquantaine de tableaux… Mais le montage numérique ne s’encombre ni de pédagogie ni de chronologie dans cette première partie historique.

Encore moins dans l’exploration de l’univers foisonnant de Pablo Picasso qui suit. Grâce à des musiques évocatrices, nous plongeons avec le Köln Concert de Keith Jarett dans La Joie de Vivre (1946) et ses figures mythologiques. On passe imperceptiblement au cubisme, avec Les Demoiselles d’Avignon (1907), qui se met en place tel un puzzle sur les parois. Les personnages apaisants des périodes rose et bleue du peintre se teintent de mélancolie avec Les Gnossiennes nº1,2,3 d’Éric Satie. Après un noir, apparaissent les premiers éléments du célèbre tableau Guernica (1937) accompagnés d’extraits de presse et de photos de ruines. Le parcours se termine sur une touche sentimentale : la représentation des compagnes du peintre, dont Jacqueline. « Du début jusqu’à la fin, sa vie est ponctuée par les rencontres avec les femmes. Nous avons souhaité mettre en valeur leurs portraits avec ce final », précise Gianfranco Lannuzzi. Pour ce dernier volet, Luca Longobardi, chargé de l’illustration musicale, a choisi l’aria Casta Diva de Norma de Vincenzo Bellini, par Maria Callas. Des morceaux bien connus rythment ainsi les images de séquence en séquence, et favorisent l’accès du grand public à ces œuvres, en les rendant familières.

L’agencement iconographique compense largement le peu d’inventivité de la bande-son, et la légèreté de l’introduction aux maîtres espagnols. Un bel hommage offert à Pablo Picasso qu’il ne faut pas manquer, si vous passez par là. En évitant les heures d’affluence…

- Article de Mireille Davidovici. Source : Le Théâtre du Blog.

A voir :
- Picasso et les maîtres espagnols. Exposition numérique immersive jusqu’au 6 janvier 2019.

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Auteur : Philippe du VIGNAL


Mise à jour effectuée le : 14 juin 2018.
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ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France : ISSN 2276-3341

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