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NICOLA

William Mozart Nicol (1880-1946).

Nicola naquit à Burlington (lowa), mais la famille émigra au Nebraska, et on le vit à l’exposition d’Omaha en 1896, faire à seize ans, un petit numéro avec des boules de billard, des dés à coudre et des anneaux enchaînés. Le goût du spectacle suffit à décider de son destin, et il annonça tranquillement à sa famille qu’il partait pour l’Exposition Universelle de Paris. Il se dirigea en fait vers Baltimore, jouant en chemin dans plusieurs villes, puis il s’engagea comme garçon d’écurie sur un bateau en partance pour la France. Il y rencontra la célèbre danseuse américaine Mary Louise « Loïe » Fuller, originaire de la même ville que lui, et exigea qu’elle lui obtienne des auditions. Il fut engagé à la fois par l’exposition — « la Loïe » fut le clown de l’exposition de Paris en 1900 — et par un théâtre.

Nicola et son frère Charles, qui se produisit par la suite sous le nom de Von Arx, étaient les petits-fils d’un magicien écossais du nom de Mc Nichol, et les fils d’un autre Ecossais, John Nichol (il avait laissé tomber le « Mc ») qui se présentait comme « Nicoli ». Enfants, les deux frères, paraissaient dans le numéro de leur père et Nicola était souvent un prince hindou « flottant ».

Nicol fit ses débuts dans l’Illinois, et en 1907, il devint le Grand Nicola. Répondant à la grande popularité des numéros d’ hypnotisme sur scène, il créa Zoki (1910), une illusion où des gens ordinaires développaient des capacités surhumaines sous hypnose.

La première partie du spectacle de Nicola le montrait tour à tour dans les costumes des magiciens du monde entier. Il arrivait en magicien chinois d’une splendeur orientale : il s’habillait en fakir hindou pour présenter ses tours indiens ; en sorcier royal égyptien pour Le Mystère de la momie égyptienne, etc.

Nicola est l’un des plus grands magiciens de tournées. Il présenta dans le monde entier un spectacle d’illusion moderne qui comprenait de nombreux numéros sophistiqués. Il s’embarqua pour son premier grand voyage en 1910 et, pendant les quarante années et plus de sa carrière, il passionna l’Inde, l’Orient, les Etats-Unis et l’Europe. Il fut, dit-on, le magicien le plus payé de tous les temps, et certains de ses cachets prenaient une forme insolite : sultans et potentats le récompensèrent souvent avec des bijoux et autres cadeaux précieux et, en Afrique, il lui arriva de jouer devant des spectateurs qui payaient leur billet avec du grain, plus tard revendu par Nicola — toujours homme d’affaires avisé — avec un confortable bénéfice.

Le jeune empereur de Chine, le sultan de Sulu, le roi Léopold de Belgique, le maharajah de Cooch Behar, la princesse Te Puea de la famille royale de Nouvelle-Zélande, Théodore Roosevelt, le sultan Ibrahim de Johare et Tunku Makhata, le Prince héritier de Johare, la reine Lilio Kalani de Hawaii, plusieurs Premiers ministres d’Australie — la liste continue, sans fin — tous ont invité Nicola pour qu’il leur présente son spectacle.

Nicola réalisait toujours un spectacle de haut niveau et aimait attirer son public en lui rappelant les liens anciens et notoires entre la magie et les forces du mal. Il avait une tête solide d’homme d’affaires, qui traitait toujours sa troupe avec beaucoup de respect et avait la réputation de ne jamais montrer une illusion sans en acquérir d’abord les droits légaux. Ceci à une époque où le pillage des numéros était chose courante.

Entre deux représentations, Nicola fit rouler sur scène une partie de son impressionnant matériel pour prendre cette photo. Elle offre un merveilleux aperçu de ses appareils, de ses assistants et de ses costumes. Nicola pose avec des cartes géantes utilisées dans sa version scénique du bonneteau truqué.

Nicola utilisait de belles affiches artistiques mais ses confrères le considéraient incompétent. Le magicien Percy Abbott décrivit une conversation animée à la sortie d’un spectacle de Nicola : « il était bon mais il ne m’a pas dupé ! »

Le succès semblait l’accompagner et, aussi, les mésaventures. En 1923, il était sur un bateau, à Yokohama, quand un tremblement de terre souleva la ville. Son avant-courrier fut tué et le matériel détruit. En 1927, toute une partie de son spectacle fut ravagée par le feu dans un entrepôt de New York. Il brûla encore plus d’illusions dans l’incendie d’un dépôt de Sydney, en Australie. En novembre 1939, le navire anglo-indien Sirdhana sauta sur une mine à Singapour ; Nicola et sa troupe étaient à bord, avec cinquante tonnes d’équipement. Aucun membre de la troupe ne fut tué, mais tout le matériel alla au fond des mers, y compris l’illusion l’invincible Fromage qu’il avait acheté à P. T. Selbit. Nicola retourna aux Etats-Unis, avec l’intention de reprendre une tournée dès la fin de la guerre, mais il ne le put pas. Il mourut en 1946.

Ses tours les plus marquants

Nicola réalisa des illusions comme : Le Mystère de la prison du Grand Nicola, la Décapitation : un frisson et un rire, La Femme élastique, le Sensationnel Mystère de la malle.

- La femme sans milieu (vers 1926) Nicola réalisa L’homme sans milieu de Selbit avec une assistante. Sur scène, l’illusion était stupéfiante mais sur l’affiche, elle relevait du miracle. L’illustrateur a éliminé le sarcophage dans lequel était enfermée la femme, donnant l’impression que son tronc était séparé du reste du corps sous les yeux du public. Il en profita pour rendre Nicola plus « séduisant ».

- La pelote à épingles humaine (vers 1925) Nicola présentait l’illusion de Selbit dans son spectacle (aussi appelée La Jeune fille en fer). Dans cette illusion, la plus convaincante jamais inventée, 72 clous d’acier Transperçaient une cabine dans laquelle une femme était enfermée, mais hélas elle en sortait saine et sauve !

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Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 19 avril 2017.
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