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Ludovic JULLIOT

Comment êtes-vous entré dans la magie ? A quand remonte votre premier déclic ?

J’ai commencé la magie vers 16-17 ans quand j’étais au lycée. Ça a commencé un jour où je jouais avec un jeu de cartes et où je me suis rendu compte que je pouvais contrôler une carte choisie. J’ai alors inventé mon premier tour. Bon, c’est un bien grand mot, mais c’est ce qui m’a donné l’envie d’aller plus loin.

Quand avez-vous franchi le premier pas et comment avez-vous appris ?

A l’époque, internet n’était qu’à son balbutiement. Alors j’allais à la bibliothèque et j’empruntais les quelques livres grand public qui s’y trouvaient. Je m’exerçais seul dans mon coin, expérimentais quelques effets... Sans esprit critique, ni retours, j’avais l’impression d’avancer.

Quelles sont les personnes ou les opportunités qui vous ont aidé. A l’inverse, un évènement vous a-t-il freiné ?

Tout à basculé quand je suis arrivé à Angers pour mes études. J’y ai intégré l’Amicale Robert-Houdin d’Angers (amicale FFAP). A ce moment là, j’ai découvert que je n’avais même pas commencé à effleurer les possibilités qu’offre la magie.

J’ai alors rencontré des gens que j’apprécie et que je considère presque aujourd’hui comme des mentors : Jean-Louis Dupuydauby, Pierre-André Bon, Arnaud Dalaine, Darell et plein d’autres. J’ai même croisé un petit jeune d’à peine 15 ans à l’époque, un certain Yann Frisch... Puis j’ai découvert les congrès FFAP. Quel bonheur également, que de rencontres qui donnent envie d’aller plus loin et un jour de se lancer en concours.

Un autre évènement marquant, c’est l’année d’étude que j’ai effectué en Angleterre. C’est là que j’ai vraiment commencé à jouer. Je jouais au moins une fois par semaine dans un restaurant. Rien de mieux pour apprendre le métier... et la langue... Si je n’avais pas fait ce séjour, aujourd’hui, je parlerai anglais comme pas possible et je serais passé à coté de bien des choses...

C’est de toutes ces rencontres qu’est né le magicien que je suis aujourd’hui. De ce travail acharné et de ces années passées à côtoyer des magiciens.

Dans quelles conditions travaillez-vous ?

Je vais surtout vous parler de la manière dont j’ai travaillé pour mon numéro, parce que je pense que c’est le meilleur exemple.

Dans mes périodes de recherche, pour laisser vaguer mon imagination, je travaille très souvent avec une musique de film en fond sonore. Ça me permet de lâcher un peu prise et de travailler sur des rythmes différents. C’est d’ailleurs comme cela qu’est né le personnage de mon numéro du parrain. En effet, quand j’ai commencé à travailler le matrix à la base du numéro, je travaillais avec la musique du film Le Parrain en fond sonore. A cette époque, c’était un magicien qui faisait un matrix, rien de plus, mais la musique collait tellement que j’ai eu envie d’aller plus loin dans le personnage...

Je travaille également beaucoup avec la vidéo. A la limite plus qu’avec un miroir. Les deux ont leurs avantages et inconvénients, mais la vidéo permet vraiment une première fois de jouer le numéro et ensuite de décortiquer le résultat.

Quelles sont les prestations de magiciens ou d’artistes qui vous ont marqué ?

A mes débuts en magie, bien sûr il y a eu David Copperfield. Je me souviens encore aujourd’hui de la première fois que j’ai vu Jeff Mc Bride. Ça devrait être dans l’une des toutes premières émissions du Plus grand cabaret du monde. Le rencontrer en live quelques années plus tard et même partager une scène avec lui a vraiment été un grand moment.

Plus récemment, je dirais Arturo Brachetti qui est le premier spectacle avec une vraie théâtralisation que j’ai eu la chance de voir. Je me souviens encore des émotions que j’ai pu ressentir lors du spectacle. Enfin, je dirai Luc Appers qui a mon avis a tout compris.

J’en passe plein d’autres et même des génies comme Slydini pour ne citer que lui.

Quels sont les styles de magie qui vous attirent ?

Je pratique beaucoup le close-up de table à table. Mais ce que je préfère, c’est le close-up à l’ancienne où ce n’est pas le magicien qui va à la table des spectateurs mais l’inverse. A la manière des plus grands Slydini, Goshman...

Je fais également du salon, et je travaille actuellement sur un spectacle complet basé sur le personnage du parrain.

Quelles sont vos influences artistiques ?

La musique m’inspire beaucoup. Encore une fois, c’est grâce à la musique que j’ai créé le numéro du parrain.

Quel conseil et quel chemin conseiller à un magicien débutant ?

Il n’y a pas de secret, il faut bosser, bosser et bosser. Ecouter les conseils et ne pas s’arrêter en se disant « ouais, mais c’est pas possible ». Justement si vous pensez ça en premier lieu, c’est qu’il y a un truc à trouver. Et si au final vous trouvez comment faire, l’effet est très fort. Parfois, ça prend un an ou plus. Mais quand vous avez trouvé une solution, quel bonheur. Je suis passé à plusieurs reprises par ces étapes lors de la construction de mon numéro.

Quel regard portez-vous sur la magie actuelle ?

Comme vous avez pu le comprendre précédemment, j’aspire plus à une magie théâtralisée, avec de vrais personnages. Je préfère largement voir un personnage dans son univers plutôt qu’un magicien qui me fait des tours.

Aujourd’hui, on a de plus en plus de numéros avec des vrais personnages, de vrais univers. C’était d’ailleurs la force de la France à Blackpool. Je trouve ça génial et j’espère que ça va continuer ainsi. Même les Coréens en sont revenus des manips à tout va et commencent à avoir leur propre univers.

Il faut que l’on sorte du stéréotype ancré dans l’inconscient collectif du magicien qui va nous faire des trucs qu’on ne va pas comprendre et qui vont nous énerver. On peut apporter beaucoup plus et de plus belles émotions grâce à la magie.

Quelle est l´importance de la culture dans l´approche de la magie ?

Bien sûr, un minimum de culture est important et dans tous les domaines. En magie, si vous n’avez pas un minimum de culture, un minimum de bases, je pense que vous n’irez pas bien loin.

Vos hobbies en dehors de la magie ?

Avant, j’avais un métier et un hobby. Mais ça c’était avant... Aujourd’hui, mon hobby est devenu mon métier et mon métier est devenu mon hobby (j’étais ingénieur électronicien et informaticien). Magique non ?

En dehors de cela, je m’amuse un peu à faire de la photo. Sans grande prétention, mais je m’amuse et c’est le principal. Surtout quand ces compétences finissent par se retrouver dans le numéro... En effet, pour exemple, j’ai travaillé l’éclairage et la mise en scène comme une photo. J’ai également récemment changé la lampe en y intégrant ce que les photographes appellent une soft box. Ça ne change rien au visuel, mais c’est nettement mieux pour la caméra...

- Interview réalisée en novembre 2014.

A visiter :
- Le site de Ludovic Julliot.

- Crédit photos : Thomas Lebras.

Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 24 juillet 2015.
MENTIONS LEGALES :

ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France : ISSN 2276-3341

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