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LE CARROUSEL DES MOUTONS / Cie D’IRQUE et FIEN

Théâtre des Feuillants (Dijon, le 15 décembre 2015).

Création et interprétation : Dirk Van Boxelaere et Fien Van Herwegen. Technique : Dimitri Ceulemans, Bram Waelkens. Machinerie : De Beule Technics. Costume : Monique Jacobs, Roos Pillards. Matériel de musique : Muziek en Visie. Matériel de cirque : De Jonglerie. Décor : Ercola, Showtex.

Créé en 2010, ce Carrousel des Moutons est un spectacle haut perché, totalement lunaire. L’artiste de cirque Dirk Van Boxelaere et la pianiste Fien Van Herwegen nous livrent une partition sans parole et burlesque en apesanteur mêlant le cirque, la jonglerie, l’équilibre, la contorsion, le mime, la magie et la musique pour un voyage imaginaire unique.

Introduction

La scène est plongée dans le noir, un lustre suspendu éclaire le plateau par intermittence car l’ampoule marche mal. Nous apercevons un homme en chausson balayer sur une grande structure circulaire ressemblant à une banquise (recouverte d’un drap). La lumière revient et l’homme part en coulisse et réapparaît en un éclair en dessous de la structure, puis il branche une prise à son balai et celui-ci se « transforme » en aspirateur qui « avale » le drap de la structure pour laisser apparaître le vrai décor constitué d’un piano à queue et d’une pianiste qui se met à jouer.

Un sommeil contrarié

L’homme parti en coulisse, avant l’apparition du piano, réapparait dans celui-ci et s’écrase au sol. Il était visiblement en train de dormir car il est habillé en pyjama et accompagné d’un oreiller et d’un drap. Il essaie de se rendormir sur le sol en se contorsionnant dans tous les sens pour trouver la position la plus confortable qui n’est pas la plus naturelle (postures comiques) !

Pendant que la pianiste joue, l’homme essaie de mettre son drap sur le piano mais celui-ci ne fait que glisser continuellement, ce qui donne à voir un gag à répétition dans la vaine de Buster Keaton au vu de l’absurdité de la situation. La pianiste aide l’homme en fermant, tout simplement, le couvercle à 45° de son instrument.

Transpositions et lévitations

L’homme monte sur le plat du couvercle muni de son drap et effectue une transposition avec la pianiste ; c’est lui qui est assis et qui joue du piano, tandis que sa partenaire a pris sa place. Le duo réussit une habile variante impromptue du tour de la malle des Indes à l’horizontal.

L’homme pousse la pianiste pour reprendre sa place et se recoucher avec son oreiller et son drap. La femme le réveille en jouant et en chantant fort, puis lui joue une berceuse ; ce qui a pour effet de plonger son partenaire dans un sommeil profond qui le fait léviter sous son drap hors du sol, alors que le piano pivote sur lui-même. Noir dans la salle.

Jongler avec les étoiles

La lumière revient et l’homme jongle avec 3 puis 5 balles, assis sur le piano. Piano qui prend vie et se met à léviter en décollant du sol. Le jongleur se recouche et tombe par terre hors de la scène. Il demande à la pianiste les partitions qu’elle est en train de jouer et celle-ci lui envoie, froissées en boulettes, dans la salle. L’homme demande à un jeune spectateur de lui apporter et de s’asseoir près de lui. Il déchire en plusieurs morceaux sa partition, qu’il a défroissée au préalable, et la reconstitue magiquement instantanément. Le jeune garçon est invité à faire de même, mais reste avec ses morceaux déchirés en main.

Icare

L’homme tend le balai au garçon pour qu’il regroupe les morceaux de papier et l’invite ensuite à monter sur le manche pour voler dans les airs comme « une sorcière », en fixant le balai sur le siège du piano. L’enfant est affublé d’un bonnet à l’effigie d’un mouton, décolle et tourne dans les airs. Il est ensuite invité à « souffler » sur l’ampoule du lustre et à regagner sa place.

L’homme s’envole sur le manche à balai, comme sur un trapèze improvisé, en se plaçant à l’horizontal avec son drap. Agrippé au manche, il semble tomber et réalise un incroyable salto arrière pour atterrir au sol. Un régisseur lui apporte alors une échelle pour qu’il regagne son balai. Il monte sur les marches et reste en équilibre un instant.

L’homme se prend alors pour un oiseau et se coiffe d’un chapeau-plumes et se voit offrir un œuf d’où sort un drap blanc et des balles. Il se recouche et pleins de balles sortent de dessous les draps tandis que la lumière disjoncte. Il ramasse les balles mais celle-ci tombent car le piano redécolle du sol.

La pianiste dévisse une ampoule qui se transforme en balle fluorescente. L’homme jongle avec et la multiplie en 4 balles dans un magnifique mouvement. Il revient sur le couvercle du piano jongler avec le balai puis les balles.

L’homme baisse son pantalon dos au public et le positionne pour former une queue de pie et se place derrière le clavier du piano. Il essaie de se rhabiller mais n’arrive pas à remettre correctement son pantalon car il ne trouve pas le bon alignement de rayures et se contorsionne dans tous les sens ! Une très bonne séquence de nonsens.

Il joue ensuite la chanson de Frère Jacques en touchant les balles avec son balai. Le piano s’emballe dans les airs et l’homme essaie de refermer le clapet du clavier plusieurs fois et atterrit sur les genoux de sa partenaire. L’homme réalise un bel équilibre « glissé » sur le drap disposé sur le couvercle du piano ; drap qui est tiré progressivement par la pianiste vers elle.

La chanson Frère Jacques est reprise par toute la salle, ce qui a pour effet de faire, de nouveau, léviter l’homme hors du sol sous son drap et de de le faire disparaître au sol. Il réapparaît sous le drap avec sa partenaire de façon comique.

L’homme éteint une ampoule en soufflant dessus et revient en somnambule qui évite le piano tournoyant autour de lui en réalisant des équilibres, jusqu’à monter à une vertigineuse verticale ! Comme dans le fameux tour du piano volant (1), la musicienne se tient bien droite malgré le vide. L’homme entre alors dans le piano et réapparaît avec un deuxième clavier. Il monte sur la cime de l’instrument comme sur la proue d’un bateau et réalise des équilibres dangereux, puis envoie les partitions voler.

Pour finir le voyage, le duo se met à jouer à quatre mains tandis que le piano n’arrête pas de tourner et que des centaines de partitions tombent des cintres du théâtre, dans une image finale superbe.

Conclusion

Durant une heure, la compagnie d’Irque et Fien a fait voyager les spectateurs dans un imaginaire qui ne ressemble à rien de connu. Enfants comme adultes sont transportés hors des contraintes terrestres, invités à côtoyer les nuages, les moutons, les oiseaux les étoiles et les anges dans un tourbillon chatoyant. La partition se fait tantôt berceuse puis sonate, sans aucunes fausses notes malgré les contraintes techniques et physiques ! Le piano, transformé en carrousel, devient un objet de tous les possibles : portique, balançoire, avion, cachette, ogre…

D’une prouesse technique fabuleuse, aussi bien mécanique (machinerie) qu’humaine (acrobatie et performance), le Carrousel des Moutons emporte tout sur son passage, merveilleux manège qui tourne en rond autour de la planète sans jamais se répéter ; il fait défiler des paysages toujours variés et fascinants sur fond de nuit étoilée tel un rêve éveillé. La métaphore est belle et précieuse. Un petit bijou à partager en famille, à l’image de ces boîtes à musique miniatures devenues grandes.

Notes :

(1) L’effet du piano volant est mentionné dans la revue Imagik n°27 de 2000. Cette idée date de la fin du XIXe siècle avec l’apparition des lévitations spirites.

Les grands magiciens américains ont repris à leur compte cet effet de manière détourné comme Howard Thurston avec The phantom piano (1911), Horace Goldin avec La jeune fille et le piano volatilisés, Lee Grabel ; ou de manière directe comme le trio Leroy, Talma et Bosco avec Floating Piano. En France, le piano volant a été popularisée par Yogano (Pierre Moré), Dominique Webb puis Dani Lary.

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Auteur : Sébastien BAZOU


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