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LA PIETRA E IL BAMBINO / TEATRO GIOCO VITA

La Minoterie (Dijon, le 16 février 2014).

D’après le conte de Guia Risari, La Pierre et l’enfant. Mise en scène et décors : Fabrizio Montecchi. Dessins et silhouettes : Nicoletta Garioni. Musiques : Michele Fedrigotti. Avec : Domenico Sannino et Giorgia Cipolla.

La Minoterie

La Pietra e il bambino est présenté dans le cadre de la 14ème édition du festival jeune public A Pas Contés, organisé par l’ABC (Association Bourguignonne Culturelle). Cette année, une dizaine de spectacles sont accueillis par la Minoterie.

La Minoterie, ouvert en décembre 2013, est un nouveau lieu culturel de Dijon, dédié à la création jeune public et à l’éducation artistique. Un endroit atypique qui a poussé dans une ancienne halle militaire réhabilité pour l’occasion, au cœur du futur quartier écologique de l’Arsenal. Son directeur Christian Duchange (Cie l’Artifice), veut en faire un terrain de jeu ludique et politique, un lieu d’accueil et d’accompagnement. Faire se rencontrer des artistes, des compagnies au travail, des publics, petits et grands, ainsi que des professionnels de l’enfance, de la jeunesse et de l’éducation.

Le spectacle

Après avoir raconté tant d’histoires venant du vaste répertoire des livres illustrés pour enfants le Teatro Gioco Vita (1) a voulu, avec cette nouvelle production, attribuer un texte original à une jeune, mais déjà affirmée écrivaine italienne : Guia Risari (2). Par ce choix, le Teatro Gioco Vita désire stimuler de nouvelles formes d’écriture et de dramaturgie pour les plus petits et promouvoir un rapport différent entre écrivains, éditeurs et théâtre pour enfants.

Sur scène se trouve une structure en bois sur laquelle sont disposées des pierres de différentes tailles. L’atmosphère est travaillée dans les tons bleu-gris, tout comme les costumes des deux comédiens-marionnettistes qui déambulent sur le plateau.

Apparait une grosse pierre sur laquelle sont frottées d’autres pierres plus petites, ce qui émet des sons très particuliers qui se transforment en musique.

Les comédiens prennent la parole : « Toutes les pierres ont une histoire que personne ne connait vraiment. Nous en connaissons une, racontée par une maman : c’est l’histoire d’une grande pierre comme une gardienne silencieuse… »

Un voile descend des cintres et est tendu au milieu de la scène pour projeter un théâtre d’ombres avec l’apparition de différents animaux qui s’approchent de la pierre. Dans de magnifiques effets de fondu enchaîné, la pierre écoute un ours, un lièvre puis un drôle d’hérisson qui joue à 1, 2, 3 soleil.

La pierre ne parle pas mais vibre et émet des sons au contact des animaux. Elle demande à ceux-ci s’ils connaissent des êtres humains. Les animaux donnent leur point de vue sur la nature humaine : « Les hommes sont un mystère de la nature, ils possèdent une tête sans museau, deux pattes en l’air et deux pattes en bas… »

« Comment était-il l’homme ? » L’écran projette alors des dessins originaux d’une pierre qui se métamorphose doucement en un être humain dans un beau rapport entre l’organique et le minéral.

Un renard arrive vers la pierre et lui dit qu’il a rencontré un homme en miniature, petit et triste et qu’il avait besoin de chaleur. « Mais pour ton bien, prend garde aux hommes ! »

L’enfant arrive alors vers la pierre qui lui demande ce qu’il lui est arrivé, mais celui-ci ne lui répond pas. Elle concentre toute sa chaleur dans sa voix et l’appelle une nouvelle fois : « Reste avec moi et dort mon petit… »

Tout à coup, l’écran de projection bouge comme une voile secouée par la tempête. Des images des guerres sont projetées signifiant le cauchemar de cet enfant ayant vécu des atrocités qui sont restées gravées dans sa mémoire. Les animaux défilent ensuite vers la pierre et demandent à celle-ci de prendre bien soin de l’enfant apeuré. La pierre lui fait cadeau d’un chant du « centre de la terre », et entame une transformation progressive. Elle se modèle petit à petit en perdant sa carapace minérale et prend les traits d’une figure humaine en incarnant une mère avec son enfant. « Tu es comme ma maman » lui dit l’enfant.

L’écran se stabilise et projette des dessins d’enfants représentant une maison ensoleillée avec des animaux et une famille. « Chaque jour donne quelque chose de beau. » La mère embrasse et caresse l’enfant en lui racontant l’histoire d’une grande pierre marron. Les deux silhouettes disparaissent dans le paysage et le rideau se baisse.

Le chant de la terre

La Pietra e il bambino se veut être un chant à la vie et au mystère de la nature tout en utilisant un langage théâtral qui fonde les ombres et les acteurs. Une invitation à ne pas oublier que tout ce qui nous entoure est vivant et que l’amour peut faire naitre des choses extraordinaires. Une invitation à s’abandonner, avec confiance, à la dimension sensorielle et affective, à se laisser transporter dans le merveilleux monde qu’est le nôtre, un univers où le deus ex-machina ou les actions magiques n’existent pas mais où tout est intimement envahi par la force de la sympathie qui pousse les êtres humains à se rencontrer et à s’entraider.

Dans l’imagination d’un enfant seul et abandonné, une pierre peut même se transformer en une maman importante et consolatrice. Cette rencontre représente symboliquement, dans l’imagination du public, le lien éternel entre l’humanité et la terre. Dans La Pietra e il bambino, les protagonistes sont aussi un grand nombre d’animaux, le plaisir du jeu, les ravages de la guerre et la force du chant. Les pleurs aussi. Ils transforment le minéral en une femme, en une maman, en une narratrice qui guérit la tristesse de l’enfant grâce à la force de ses histoires. Alors, sur la colline, l’enfant échappé de à la guerre et la femme aux cheveux de pierre, inaugurent un nouveau monde de bonheur. Au final un spectacle d’une belle sensibilité empreint d’une gravité certaine.

Notes :

- (1) Le Teatro Gioco Vita est né en 1971 et a su, grâce à l’animation, donner une contribution originale à la naissance du théâtre pour le jeune public ; sa façon de faire, de comprendre et de vivre le théâtre, les relations, la recherche et la culture l’ont marqué dès ses premières expériences. Le Teatro Gioco Vita se lance dans le théâtre d’ombre à la fin des années soixante-dix. Sa cohérence, sa conscience professionnelle et sa contribution avec des collaborateurs externes lui ont permis de faire des expériences uniques en leur genre et lui ont valu de nombreuses reconnaissances et de précieuses collaborations avec des théâtres établis et des organismes lyriques dans le monde entier comme par exemple : le Teatro La Fenice de Venise, le Royal Opera House Covent Garden de Londres, le Teatro alla Scala de Milan, l’Arena de Vérone, l’Ater, l’Ert, le Teatro dell’Opera de Rome, le Teatro Regio de Turin et le Piccolo Teatro de Milan.

Le Teatro Gioco Vita est aujourd’hui reconnu par le Ministère des Biens et des Activités Culturelles et par la Région Emilie Romagne en tant que Théâtre établis d’Innovation. Sous la direction artistique de Diego Maj, il compte différentes activités. La Compagnie dans laquelle Fabrizio Montecchi est le responsable artistique, est engagée non seulement dans la production de spectacles, mais aussi dans des créations d’ateliers pour les écoles et pour les jeunes. Deux ateliers, l’Officina delle Ombre et le San Bartolomeo, sont les lieux de productions et de recherche du Teatro Gioco Vita. Les théâtres à Piacenza (le Teatro Comunale Filodrammatici, le Teatro Municipale, le Teatro San Matteo et l’espace théâtral dans l’Ancienne Eglise des Jésuites), sont une grande maison dans laquelle on retrouve la réalisation de festivals de théâtre, l’accueil, les échanges culturels, la projection des parcours artistiques et culturels pour la compagnie et le travail sur le territoire. Le Teatro Gioco Vita a donné ses représentations théâtrales d’ombres, en Europe, aux Etats Unis, au Brésil, au Mexique, au Canada, au Japon, en Chine, en Israël et à Taïwan.

- (2) Ecrivaine, traductrice et essayiste, Guia Risari a étudié la Philosophie Morale à l’Université de Milan, après avoir obtenu un M.A. en Modern Jewish Studies à Leeds, elle a vécu dix ans en France. Elle a publié deux essais - The Document Within the Walls et Jean Améry, Il risentimento come morale - et traduit des romans et des livres pour enfants. Elle est l’auteur d’articles, de récits, de poésies, de textes surréalistes et de livres pour enfants, parmi lesquels Pane e Oro, La macchina di Celestino, Il pesce spada e la serratura, L’alfabeto dimezzato, Achille il puntino, Il Cavaliere che pestò la coda al drago, Gli occhiali fantastici, La coda canterina, La Terre respire, Le Chat-âme, L’Etrange Histoire du Petit Chaperon Bleu. Elle participe à des Ateliers d’écriture, de lectures et des cours de formation.

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Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 14 avril 2014.
MENTIONS LEGALES :

ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France : ISSN 2276-3341

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