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Lionel Martin.

Comment êtes-vous entré dans la magie ? A quand remonte votre premier déclic ?

J’ai découvert la magie très tard, j’avais 19 ans, c’était en août 1989. Je ne disposais que de quelques heures pour monter une animation dans un centre de colonies de vacances. Il y avait une bibliothèque, je cherchais des idées, je suis tombé sur un « Mickey Magic ». Mon premier spectacle, si j’ose appeler cela un spectacle, monté à partir de rien, dans l’urgence, en deux heures de temps, sans aucune expérience, est alors une vraie révélation pour moi : le plaisir que je donne est égal à celui que je prends. Ça a été le déclic. Je n’avais aucune expérience de tour de magie avant cela, à part un oncle qui m’avait fait un tour avec des cartes quand j’avais 10 ans.

Quand avez-vous franchi le premier pas et comment avez-vous appris ?

En rentrant de ce centre comme un signe du destin, je lis une annonce dans un journal : « Recherche magicien pour animer un arbre de noël ». Je n’ai pas hésité une seconde et j’ai contacté sur le champ mon futur premier client. Et j’ai contracté le virus à partir de ce moment-là !

Sans connaissance, sans argent pour acheter du matériel, je vends pour la somme de 200 francs de l’époque (soit 30€) un spectacle d’une heure. Il fallait trouver du matériel pour réaliser ce spectacle, alors, le soir, je faisais les poubelles pour récupérer tout ce qui me semblait intéressant pour concevoir… je ne sais quoi, un décor, un tour… Mais je fonçais tête baissée : il fallait que j’honore ce premier contrat.

A cette époque j’étais étudiant en design à l’espace des Beaux-Arts de Metz : cela m’a beaucoup aidé dans la conception du matériel et j’ai même pu faire mes premières constructions à l’école.

Quelles sont les personnes ou les opportunités qui vous ont aidé. A l’inverse, un évènement vous a-t-il freiné ?

Mon parcours est fait de belles rencontres, et de moins belles, bien sûr, mais je préfère n’en retenir que les bonnes ! Ma plus belle rencontre est, sans conteste, Carole, mon épouse et partenaire sur scène. Je la trouve exceptionnelle et d’un très grand professionnalisme. Sans elle, Kamyléon n’existerait pas.

Je profite aussi de votre interview pour dire un grand merci à une personne qui m’a beaucoup aidé au début : c’est Monsieur Jean-Pierre Hornecker (de la boutique Magix) : il a sponsorisé notre premier spectacle. (Je reconnais avoir insisté pour qu’il nous suive dans l’aventure). Il y a aussi Luis Fernando : un magicien espagnol qui me montra un tour de close up pour la première fois. Stupéfait, je lui dis « Je veux apprendre ! ». Et depuis, il m’apprend toujours, et à, notre ami en commun, Jeremy aussi. Il connaît tout sur tout ! D’ailleurs on l’appelle entre nous « le cerveau ». Nous sommes tous les trois amis depuis 20 ans. Enfin, bien sûr, je n’oublierai pas Philippe Gelis, patron du parc d’attraction Nigloland, avec qui l’on travaille depuis 9 ans. C’est à lui que nous devons la chance d’avoir pu disposer de notre propre salle de spectacle dans le parc.

Dans quelles conditions travaillez-vous ?

On travaille en équipe ! Nous sommes sept personnes. Chacun d’entre nous a un rôle très important dans la réussite des spectacles : chacun sait ce qu’il a à faire, chacun apporte au groupe. J’aime dire que nous somme un peu comme « L’agence tous risques ». Je conçois seul les numéros et ensuite j’en discute avec eux. On peut passer des heures à discuter d’un détail avec mes amis Luis et Jeremy, et j’adore cela. Chacun a son caractère, sa folie, le spectacle est comme une toile peinte à sept mains : chacun y met sa touche personnelle. C’est indéniablement notre union, notre communion même, qui fait notre force. Je voudrais d’ailleurs profiter de cet entretien pour leur dire « merci ».

Quelles sont les prestations de magiciens ou d’artistes qui vous ont marqué ?

Je ne vais pas être très original ; évidement David Copperfield reste, pour moi, le maitre incontesté. J’adorais aussi le travail des Pendragons, et je me souviens également avoir reçu une énorme claque quand j’ai vu les Philippart à La maison de la magie.

En France nous avons de grands magiciens aussi : Dani Lary m’épate par sa créativité, Bertan Lotth par son professionnalisme, et bien sûr Monsieur Jean Regil pour sa carrière !

Quels sont les styles de magie qui vous attirent ?

Je n’ai pas de style de magie proprement dit : j’aime voir des spectacles de magie tout simplement, mais la seule chose que je souhaite en m’y rendant, c’est ne pas m’ennuyer. Et je n’aime pas voir un artiste se regarder le nombril, car c’est malheureusement trop souvent le cas : le public a besoin qu’on le considère. Il faut de l’interactivité ! C’est ce que je m’efforce de faire dans nos prestations, qui mêlent la grande illusion au petit tour de carte. Tant que le spectateur est captivé, c’est gagné. Je jongle avec l’humour, la poésie, le spectaculaire, le rêve et j’essaye de rester moi-même pour que mon spectacle me ressemble.

Quelles sont vos influences artistiques ?

Mes influences artistiques sont très éclectiques et très simples : le cinéma, la musique, la rue, les gens : tout n’est que source d’inspiration.

Quel conseil et quel chemin conseiller à un magicien débutant ?

Fonce tête baissée, n’écoute pas les mauvaises langues et fais ce dont tu as envie ! Pourquoi dis-je cela ? Car quand je me suis lancé professionnellement, le premier jour, j’ai rencontré un magicien (soit disant) pro, qui m’a dit, texto : « Les trous du cul comme toi, qui veulent faire de la magie un métier, se casse la gueule vite fait. » Cela aurait pu me démoraliser… ça m’a en réalité boosté : j’ai foncé tête baissée et j’ai fait ce que j’avais envie de faire !

Quel regard portez-vous sur la magie actuelle ?

La magie évolue grâce aux nouvelles technologies : internet, l’informatique… on apprend plus rapidement et c’est très bien, mais il ne faut pas dénigrer les personnes qui nous ont tracé le chemin, car sans eux, nous n’existerions pas.

Quelle est l´importance de la culture dans l´approche de la magie ?

Pour ne pas se laisser dépasser, il faut se tenir informé de ce qui passe : suivre les actualités et être ouvert à d’autres styles d’arts pour se renouveler sans cesse et évoluer. Nous vivons dans un monde en perpétuel mouvement, pour interpeler le public, il faut être en quête de ce qui se fait, se voit, se passe aux quatre coins du monde et s’en inspirer. La culture, c’est un réservoir qu’on a tous en commun, mais auquel on n’a pas tous accès de la même manière, et donc qu’on exploite tous différemment. En magie, ou dans ma magie, ce réservoir me permet de puiser des idées, des décors, des thèmes, et de comprendre donc atteindre un maximum de gens.

Vos hobbies en dehors de la magie ?

Il existe autre chose que la magie ! Même si ma vie s’est construite autour d’elle, j’ai d’autres hobbies qui restent étroitement liés à elle tout de même : sport, art, cinéma, concerts, et… ma famille, bien entendu.

- Interview réalisée en novembre 2014.

A visiter :
- Le site des Kamyléon.

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Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 12 novembre 2014.
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