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Julius FRACK

Comment êtes-vous entré dans la magie ? A quand remonte votre premier déclic ?

J’ai commencé à faire des spectacles de magie pour mes parents à l’âge de 7 ans, mais c’était bien plus tard que j’ai redécouvert la magie dans un projet d’école quand j’avais 15 ans. J’ai fait mon premier spectacle avec des manipulations de boule de billard que j’ai appris en seulement 5 jours. Je me souviens parfaitement de ma représentation, mes mains tremblaient, mais j’adorais le sentiment d’être sur scène et de voir les boules de billard disparaitrent et apparaitrent entre mes mains. Je savais que la magie était ce que j’ai toujours voulu faire sans le savoir avant. Depuis, pas une seule journée ne passe sans penser à un effet, une illusion ou un aspect de la magie.

J’ai eu la chance de rencontrer Eberhard Riese (Ebs) un grand « entraîneur » de magie, ainsi que Topas et d’autres membres de la Magic Circle Stuttgart, en tant que conseillers. J’ai perfectionné mes manipulations et incorporé une routine de dés. J’ai ensuite commencé à travailler sur le numéro du tailleur fou basé sur une idée de Ebs. Nous avons créé un numéro dans lequel, pour la première fois dans l’histoire de la magie, la manipulation de dé à coudre avait un sens parfait. Nous avons travaillé dur sur le sujet, pensé aux effets qu’un tailleur pourrait effectuer. J’ai étudié les possibilités pour le personnage, fait des recherches sur le costume, la musique, etc. j’ai montré toutes les parties que j’avais travaillé à Ebs, Topas et d’autres magiciens de Stuttgart et j’ai changé ce qu’ils ont critiqué.

Quand avez-vous franchi le premier pas et comment avez-vous appris ?

Dans les premières années, j’ai collecté une tonne d’informations comme une éponge, tout ce que j’ai appris par d’autres, ce que j’ai appris par des livres, des conférences. Ce procédé est toujours à la base de mon travail quotidien d’illusionniste. J’ai pris des cours de pantomime et de danse. J’ai travaillé sur la dextérité de mon corps et je n’ai jamais abandonné malgré des déboires, malgré des spectacles qui ont mal tourné ou des accessoires que j’avais construit qui n’étaient pas assez bons pour faire partie du numéro.

Quelles sont les personnes ou les opportunités qui vous ont aidé. A l’inverse, un évènement vous a-t-il freiné ?

Le meilleur conseil que j’ai reçu et la meilleure chose à faire était de participer à des compétitions magiques. Il n’y a pas plus créatif et plus efficace que les mois précédant une compétition. Vous travaillez totalement concentré, fixé sur une certaine date et il n’y a pas d’excuses. Vous devez être prêt à montrer votre numéro à des magiciens et à des spécialistes expérimentés dans ce domaine.

Lors de la préparation pour les concours, j’ai deux règles : enchaîner mon numéro 7 fois d’affilés et avoir du temps supplémentaire pour travailler sur les détails. J’ai aussi montré mon numéro à d’autres personnes à chaque fois que je le pouvais et écouté attentivement leurs avis et remarques, peu importe qu’ils étaient magiciens ou profanes.

Dans quelles conditions travaillez-vous ?

La première table que j’utilisais dans le numéro du tailleur, je l’ai construite dans le garage de mes parents pendant un hiver glacial. Ensuite, je me suis retrouvé dans une résidence d’étudiants où je pouvais utiliser un atelier et une vraie scène. Après cela, j’ai toujours loué des studios où je construisais des prototypes, où je stockais mon matériel et où je répétais mes numéros.

Quelles sont les prestations de magiciens ou d’artistes qui vous ont marqué ?

Un des premiers numéros que j’ai vu était la routine de manipulation de Topas. Je me rappelle encore de tous les mouvements par cœur. J’ai étudié les styles des grands noms de la magie scénique des années 1990 : David Copperfield, Jeff Mc Bride, Greg Frewin, Christopher Hart, Goldfinger & Dove, Vito Lupo, Nicolas Night, Makha Tendo, Amos Levkovitch, Tina Lennert…

Et des classiques comme : Cardini, Paul Daniels, Channing Pollock, James Dimmare, Norm Nielsen, Shimada, Doug Henning, etc. Je ne savais pas que je ferais un jour des galas avec certains d’entre eux ! Je ne l’aurais pas cru si quelqu’un me l’avait dit.

Quels sont les styles de magie qui vous attirent ?

Pour moi l’idée de « l’École de Stuttgart » est un exemple sensé et parfait. Pour être un artiste stylé et moderne, pas le gars poussiéreux avec ses lapins, il faut venir avec de nouvelles idées et créer de nouvelles routines, explorer les possibilités de nouveaux accessoires et ne pas copier d’autres personnes, d’autres routines et d’autres affects qui sont uniques et personnels.

Quelles sont vos influences artistiques ?

Tout d’abord : la musique. Si vous regardez la musique de façon idéale, elle peut stimuler les différentes émotions d’un être humain. Elle est capable de vous faire atteindre un modèle parfait des capacités de l’art. Commencer par un morceau de musique est un excellent moyen de construire et de travailler une routine ou un numéro.

Quel conseil et quel chemin conseiller à un magicien débutant ?

Lors d’une conférence mon meilleur ami Amos Levcovich a répondu à la question : « Que doit-on faire pour devenir un meilleur magicien ? » Sa réponse : « Soyez un bon gars ! ». Je dis souvent à mes étudiants que, outre leurs études en magie par la pratique et la recherche littéraire, qu’ils doivent travailler sur une bonne éducation dans leurs manières de s’exprimer, par l’écrit et l’oral.

Dernier point, comme le dit la vieille delphique « Gnothi seauton », autrement dit le « Connais-toi toi-même », est très important dans l’art de la magie. Il implique non seulement le devoir de développer un personnage de scène qui correspond à l’être authentique de l’artiste, mais aussi de trouver la manière de créer de nouvelles idées, de nouveaux effets et des numéros novateurs.

Quel regard portez-vous sur la magie actuelle ?

Si je regarde les numéros des années 1990, quand j’ai commencé à faire de la magie, jusqu’à maintenant, il n’y a pas eu un grand développement dans la pratique. La plupart des illusionnistes copient le style de David Copperfield et n’atteignent même pas la perfection qu’il avait à l’époque. De nos jours, Il manque l’utilisation de la technologie moderne et un développement dans la manière de penser un effet magique.

Depuis quelques années, les magiciens allemands sont très forts dans la création de nouveaux thèmes et de nouveaux accessoires. De nos jours, les magiciens asiatiques, et plus particulièrement les Coréens, reviennent aux « bons vieux » accessoires à l’ancienne en utilisant par exemple des balles et des cartes pour amener la magie à un nouveau niveau avec des effets convaincants et incroyables basés sur la perfection technique de leur manipulation.

Vos hobbies en dehors de la magie ?

Ma famille. Nous avons quatre enfants et ils aiment tous la magie. Chaque fois qu’ils le peuvent, ils viennent avec moi en spectacle. Une de mes filles, qui a quatre ans, attend avec impatience de venir sur scène pour saluer avec moi à la fin du show. Je suis sûr, qu’un jour, elle sera sur une scène de son propre chef.

- Interview réalisée en septembre 2014.

A visiter :
- Le site de Julius Frack.

A voir :
- https://www.youtube.com/watch?v=4Bs...

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Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 14 octobre 2014.
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