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John Nevil MASKELYNE

(1839-1917).

Pendant près de cent ans, Maskelyne fut un nom familier, synonyme de magie en Grande-Bretagne. Le fondateur de la plus grande dynastie de magie d’Angleterre était John Nevil Maskelyne. Habile comme un horloger, il appartenait à une très vieille famille anglaise dont les origines remontaient au XVème siècle ; il descendait du Révérend Maskelyne (né en 1732), astronome de Sa Majesté pendant quarante-trois ans, qui donna son nom à un cratère de la Lune.

John Nevil Maskelyne donna son premier spectacle en amateur le 9 février 1865. La même année il vit les pseudo spirites frères Davenport et reprit leur numéro avec son ami George Alfred Cooke (1825-1905). Aidé par le manager William Morton, Maskelyne acquit une publicité considérable et l’appui ouvert des anti-spirites qui voyaient en lui leur homme providentiel ; en même temps que la condamnation des pro- spirites qui voyaient en lui une menace.

Maskelyne joua au Crystal Palace de Londres en 1867 puis en 1873 avec Cooke, qui officiellement fut plutôt son employé que son partenaire. Ce second spectacle remporta tant de succès qu’après cinq semaines il fut transporté au Saint-James Theatre où le Destin et la Sorcière et la Vigie de Maskelyne, furent présentés pour la première fois. Le Saint-James Theatre avait déjà accueillit des grands noms de la magie internationale comme Robert-Houdin en 1848 et John Henry Anderson en 1867.

Egyptian Hall

En 1873, Maskelyne s’installa à l’Egyptian Hall de Piccadilly, son « England’s Home of Mystery », construit comme un musée en 1812 par William Bullock dans le style néo-égyptien, un immeuble géorgien avec une façade de temple égyptien, abritant diverses attractions théâtrales, y compris un zoo, la fameuse mouche du général Tom Pouce, des spectacles artistiques et le célèbre fantôme de Pepper. L’endroit contenait des salles de différentes tailles qui convenaient bien à des représentations d’artistes itinérants. Le Dr. Lynn, autre magicien de l’époque, s’installa dans le théâtre en 1875, mais, quand il signa son engagement, Maskelyne occupa le grand auditorium et l’Egyptian Hall tout entier. Il y resta jusqu’en 1904, créant ainsi la première « Maison du mystère » d’Angleterre, l’équivalent en France du Théâtre Robert-Houdin.

Maskelyne créa le plus grand « laboratoire de magie ». Au tout début de l’aventure de l’Egyptian hall, il s’enferma dans un atelier voisin pendant plus de trente jours, créant une incroyable série d’illusions à présenter sur scène.

Parmi les numéros présentés à l’Egyptian Hall par J.N Maskelyne :

- Will, la sorcière et la montre (1873). Dès leur début, Maskelyne et Cooke montèrent cette pièce magique remplie d’ « une franche drôlerie et dépourvue de vulgarité ». Ce tourbillon de personnages apparaissant et disparaissant enthousiasma le public et fut joué des milliers de fois au cours des trois décennies suivantes.

- Psycho (1875), l’incroyable homme mécanique hindou capable de jouer au Whist et inventé par George Clarke. L’automate était d’abord examiné par le public puis placé sur un cylindre en verre afin de prouver qu’il n’était pas relié au plancher. Il identifiait les cartes, choisissant les bonnes pour battre ses adversaires. L’appareil était trop petit pour dissimuler un homme comme le célèbre automate joueur d’échec de Kemplelen (1769). Un commentateur suggéra que le mécanisme était actionné par un chien dressé caché à l’intérieur mais n’expliqua jamais comment ce dernier pouvait jouer aux cartes ! En réalité, le mécanisme était mû par un système à air comprimé…

Maskelyne construisit d’autres automates, dans la lignée de Psycho, comme une jeune artiste nommée Zoe qui réalisait des portraits de célébrités reconnaissables ; ou encore, Fanfare et Labial, deux petits cornettistes. A l’instar de ceux de Robert-Houdin, avant lui, les androïdes de Maskelyne étaient de faux automates dont le fonctionnement reposait en partie sur des principes de magie.

- Elixir Vitae (1879). Dans cette courte pièce magique, George Cooke se faisait couper la tête deux fois par jours, « à quinze et vingt heures ».

- The fakir of Benares (1885). Dans cette illusion, une femme était étendue dans un hamac. Lorsque le hamac s’abaissait, elle restait suspendue dans l’air. C’est la première lévitation de J.N Maskelyne, qui sera reconnue plus tard comme la meilleure illusion jamais inventée !

- Subjugué par la magie fut présenté pour la première fois le 7 mai 1898, et ce fut la première lévitation pendant laquelle un cerceau était passé autour d’un corps en suspension. Ce tour fut inventé par J. M. Maskelyne et présenté par David Devant et la belle-fille de Maskelyne, Cossie Bruce. Les autres magiciens qui réalisèrent ce numéro furent J.-B. Hansart, E.S. Elton et Nevil Maskelyne.

Le Théâtre Maskelyne présenta constamment un spectacle renouvelé de haute qualité, appelant fréquemment sur sa scène les artistes britanniques et étrangers les plus renommés. Parmi eux : Buatier de Kolta, Alexandre Herrmann, Charles Morritt, Oswald Williams, Gus Fowler l’horloger de Birmingham, Paul Valadon, Charles Bertram, Douglas Beaufort, Owen Clark et David Devant qui allait devenir le futur associé de Maskelyne à la mort de Cooke.

Programme de 1877.

En 1905, la troupe de Maskelyne s’installa au Saint George’s Hall situé en haut de Regent Street, où elle demeura jusqu’en 1933. Cet immeuble fut ensuite transformé en studio de la B.B.C. et fut détruit par les bombardements.

Activités parallèles

Une des nombreuses idées qui aient germé dans l’imagination fertile de Maskelyne fut la création d’une matinale pour les spectacles dramatiques ; idée vite adoptée par le Dr Henry Irving et bien d’autres. En plus de centaines de tours de magie, il inventa aussi le verrou à pièces (comme dans les toilettes payantes), la machine qui distribuent automatiquement des tickets de box-office, une machine à écrire à clavier et une caisse enregistreuse qui gagna un grand prix à l’Exposition de Paris en 1869.

Séance de théâtre noir en 1882.

Maskelyne était un membre du cercle magique et a travaillé à dissiper la notion de pouvoirs surnaturels. C’est ainsi qu’en 1914, il fonda le Comité occulte pour "enquêter sur les allégations de pouvoirs surnaturels et de dévoiler la fraude". Ce comité a essayé, en particulier, de prouver que le fameux tour de la corde indienne n’a jamais existé.

J.N Maskelyne témoignant contre "le spiritualiste" Dr Henry Slade en 1876.

Héritage

Avec le départ de Devant en 1914, J.N Maskelyne reprit le gouvernail du Saint George’s Hall et remonta sur les planches à l’âge de 77 ans ! A sa mort en 1917, son fils Nevil prit la direction du théâtre, secondé par ses deux frères Clive, Noël et sa sœur Mary. Mais la concurrence du cinéma aidant, la maison dut fermer ses portes en 1934.

La tradition familiale fut maintenue par Elisabeth, la femme de Maskelyne, leurs deux fils et leurs quatre petits-enfants. Le jubilée de diamant de J.N Maskelyne fut célébré au Saint George’s Hall en 1933.

Nevil Maskelyne (1863-1924).

Son fils Nevil, qui lui succéda, fut lui aussi un brillant illusionniste. Quant à son petit-fils Jasper Maskelyne (1902-1973), il s’illustra au cours de la Seconde Guerre mondiale dans les services de camouflage, inventant de superbes leurres pour tromper l’ennemi.

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Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 20 septembre 2016.
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ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France : ISSN 2276-3341

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