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Jean-Michel LUPIN

Jean-Michel Rubin.

Comment êtes-vous entré dans la magie ? A quand remonte votre premier déclic ?

J’ai commencé la magie vers 12 ans. En fait, mes parents m’avaient emmené au musée Grévin à Paris. Au-delà des statues de cire, c’est dans le Cabinet Fantastique, désormais disparu, que je découvre mon premier spectacle de magie. Bien que timide, à la fin du spectacle, je me suis lancé à la rencontre du magicien qui m’a même donné un tour de magie, et promulgué de nombreux conseils. J’avais découvert un monde nouveau, ce magicien était peut-être connu, je ne sais pas, mais il m’a injecté le virus bienfaisant de la magie.

Quand avez-vous franchi le premier pas et comment avez-vous appris ?

Après ce spectacle au musée Grévin, je me suis vite rendu dans un célèbre magasin de magie à Paris pour y acheter mes premiers tours. Sur les conseils du magicien du musée, j’ai acheté deux ouvrages d’Odin sur les cartes biseautées et les anneaux chinois (j’ai bien sûr acheté avec ces manuels le jeu et les anneaux). Je n’ai jamais acheté de boites de magie.

Quelles sont les personnes ou les opportunités qui vous ont aidé. A l’inverse, un évènement vous a-t-il freiné ?

J’ai eu d’autres conseils par un magicien venu animer un mariage. Dans ma famille, mon père s’inquiétait de cette passion qui me prenait beaucoup de temps et d’argent ! Il aurait préféré que je bricole avec lui.

Dans quelles conditions travaillez-vous ?

De plus, cette passion me rendait solitaire. Je travaillais seul, essayant de suivre les instructions des livres, ces tours ne voulant pas fonctionner tout seul. Mes copains ne comprenaient pas cet isolement, et moi je ne leur montrais pas ce que j’apprenais, au moins au début. Depuis, je me teste devant ma famille. Mais celle-ci n’étant pas objective, c’est dans les théâtres où je joue que je répète mes numéros. Le problème, c’est qu’un spectacle de mentalisme est interactif, aussi chaque représentation est pour moi une « répétition ». Pour concevoir mon spectacle, j’ai en fait plus travaillé comme un écrivain que comme un magicien. C’est sur le bureau de ma chambre, un stylo à la main, que j’ai répété de longs mois le fil de mon spectacle.

Quelles sont les prestations de magiciens ou d’artistes qui vous ont marqué ?

Je guettais toutes les émissions de télévision où il y avait de la magie. J’ai été bercé par Gérard Majax, Gilles Arthur, Garcimore et Dominique Webb. J’enregistrais toutes les émissions de magie (sur cassettes !) et j’ai même retrouvé un numéro de Dani Lary tout jeune, habillé en Pierrot, qui exécutait le numéro de la Maison de Poupée. Je le lui ai offert il y a peu de temps (sur DVD), il ne possédait même pas cet enregistrement.

Quels sont les styles de magie qui vous attirent ?

Durant mon adolescence, je me suis intéressé à la psychologie, au développement personnel, au bouddhisme et à la psychanalyse en lisant les livres de Freud. J’avais aussi mes auteurs préférés comme Conan Doyle et Maurice Leblanc avec son personnage légendaire : Arsène Lupin. Rien à voir avec la magie, c’est vrai. Mais cette influence m’a conduit à travailler le mentalisme et à regarder en boucle les DVD du regretté Serge Arkan.

Le mentalisme permet une représentation toujours différente selon le public, un contact privilégié avec les spectateurs. J’ai laissé de côté mes anneaux chinois, mes cordes et mes foulards. Le mentalisme me permet dans un théâtre de mieux m’exprimer et de mieux partager ma passion avec le public. Ma bibliothèque s’est remplie de littérature sur le mentalisme, une littérature française et américaine. Mais j’avoue que je garde sur ma table de nuit les ouvrages de Banachek.

Quelles sont vos influences artistiques ?

J’adore la littérature, j’ai un professorat de Lettres, mais j’aime tout ce qui est spectacle vivant : le théâtre, le cirque, les marionnettes, les conteurs et bien sûr la magie et ses arts annexes.

Quel conseil et quel chemin conseiller à un magicien débutant ?

Difficile de répondre à cette question car me mettant sans cesse en question, j’ai l’impression d’être un éternel débutant. La magie est un art, et comme tout art, elle sert à s’exprimer, à partager des sentiments. Donc au-delà des techniques de magie que l’apprenti magicien acquiert (parfois mieux que des confirmés), le magicien débutant doit se poser ces types de questions : quel message je veux véhiculer à travers ma magie ? Quels sentiments je veux donner aux spectateurs ? Quelle différence il y a entre une série de tours de magie et un spectacle de magie ?

Quel regard portez-vous sur la magie actuelle ?

J’ai beaucoup de respect pour les artistes qui travaillent un numéro pendant des années, qui font preuve de créativité et d’originalité pour gagner les concours de magie. La dérive, pour moi, c’est que la magie devienne essentiellement prétexte à la compétition. On oublie peut-être que la magie est un art et non du sport. Moi, je relis souvent le poème de Jean Cocteau Hommes aux mille mains. J’aime garder ce regard d’enfants sur la magie, cette naïveté qui me permet, au-delà des trucs que je connais, de vibrer devant un spectacle de magie. Posons- nous cette question (posée aussi par Didier Puech dans un édito du magazine Magicus) : un magicien qui fait rêver un public ferait-il rêver un jury de magiciens ? Et un magicien qui impressionne tout un jury dans un concours, ferait-il vibrer un public de profanes ? Mais il y a des magiciens qui réussissent très bien les deux !

Quelle est l´importance de la culture dans l´approche de la magie ?

Pour créer mon spectacle Sur les traces d’Arsène Lupin : entre magie et mentalisme, j’étais déjà immergé dans les romans de Maurice Leblanc et dans la série télévisée de Georges Descrières. La culture est donc importante pour créer un véritable spectacle. Il faut lire, aller voir toute sorte de spectacles. Il faut devenir une éponge culturelle et ouvrir son esprit à toute sorte de curiosités. Je pense que c’est ainsi que l’on crée sa personnalité de magicien.

Vos hobbies en dehors de la magie ?

J’adore les chansons à texte, et à l’aide de ma guitare que je gratte de temps en temps, j’écris des chansons sur ce qui me touche : la vie, la société, la famille …Je viens d’écrire une chanson pour l’anniversaire de mon fils.

- Interview réalisée en août 2018.

A visiter :
- Le site de Jean-Michel Lupin.

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Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 21 août 2018.
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ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France : ISSN 2276-3341

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