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Jan ROUVEN / The New Illusions

Tropicana (Las Vegas, 4 mars 2016).

Jan Rouven Fuechtener est un illusionniste allemand qui a travaillé au parc d’attraction Europapark à Rust au début des années 2000. Il intègre ensuite le cabaret spectacle de Kirrwiller en Alsace pour deux saisons en 2003 et 2004. En 2009, il participe à une émission de télévision : The next Uri Geller. En 2011, il tente l’aventure américaine et se rend à Las Vegas où le Clarion l’engage, puis le Riviera pour 3 ans. Fin 2014, il migre au Tropicana avec son spectacle The New Illusions. Rouven est le poulain de Siegfried Fischbacher, la moitié de Siegfried and Roy.

Apparition

Une femme en robe voilée danse vers le public en avant-scène. Le rideau se lève et six autres danseurs viennent l’accompagner dans une chorégraphie moderne.

On voit sur scène une grande structure métallique ouverte qui pivote comme une balançoire de bas en haut à plusieurs reprises. Arrivée en haut, des fumigènes sont actionnés et apparaît, au-dessus de la structure, Jan Rouven surnommé « L’homme aux neuf vies » (en rapport avec sa relation à la mort dans ses illusions dont il sort toujours vivant).

Double buzz saw illusion

Une double scie circulaire est présentée au public. Les lames sont frappées avec un bâton pour prouver qu’elles sont réelles. Une assistante portant une cape à capuche, assiste Rouven qui est enchainé et enfermé dans un box entre les lames ; ses mains sont visibles du public. Du feu fait bruler une ficelle qui retient les deux lames. Le magicien doit se libérer à temps mais les lames s’abattent sur lui. La femme à capuche du début revient sur scène ouvrir le box qui est vide. La femme se retourne et c’est Jan Rouen qui a pris sa place dans une belle transposition.

Hand stab

Rouven présente un couteau, 5 socles et 5 chapeaux en kraft pour les recouvrir. Le couteau est examiné par un spectateur qui est pris comme assistant malgré lui. Le couteau est ensuite placé sur un socle par un deuxième spectateur sous le couvert d’une planche horizontale. Les 5 chapeaux sont replacés et les socles sont mélangés au hasard sans que personne ne sache ou est placé le couteau !

La roulette russe commence. Le premier spectateur va assister Jan Rouven qui va écraser un par un les 3 premiers chapeaux. Restent deux socles, le magicien prend la main du spectateur et écrase un 4ème chapeau… Le couteau est sous le 5ème !

Une variante du tour Smash and Stab avec des pics et des gobelets, à la mode chez beaucoup de magiciens qui en usent et en abusent.

Moto

Le groupe de danseurs composé de 3 femmes et 3 hommes exécute une chorégraphie autour d’une boîte vide décollée du sol. Un voile est mis autour puis il est retiré : apparaît une moto rouge avec Jan Rouven dessus. Effet un peu ringard et daté (l’apparition préférée de David Copperfield depuis des décennies…)

Transposition

Rouven entre dans une boîte avec une devanture transparente. Ses mains dépassent de celle-ci. Une assistante, habillée d’une longue cape, monte sur le dessus de la boîte. La devanture devient opaque et la femme referme sa cape dessus. En une fraction de seconde, Jan Rouven se retrouve à la place de son assistante sous la cape et la fille dans la boîte (le verre opaque devient transparent). Très belle illusion de transposition éclaire, variante de la malle indienne, avec un effet optique subtil.

Mâchoires de la mort

Rouven est enfermé dans une camisole de force et pendu par les pieds sur une structure munie de mâchoires d’acier (hinged trap with spikes). Le fil entre les mâchoires est mis en feu, le magicien-escapologiste a 44 secondes pour se libérer et… il le fait.

Le tour tombe à l’eau, la faute à un manque de suspense. Dans la version présentée par Darcy Oake, un chronomètre géant fait monter l’adrénaline ! Erreur d’appréciation de Jan Rouven qui anéanti son illusion.

Eclipse illusion

Quatre danseuses dansent sur des plots habillées de voilages, qui flottent grâce à un système de soufflerie. Arrive sur scène une structure en forme de lune divisée en deux. Une partenaire de Jan Rouven se place dans une moitié et disparaît en ombre chinoise derrière un écran de papier. La structure est montrée vide des deux côté avant que le magicien ne replace la demi-lune de l’autre côté pour que réapparaisse sa partenaire en vraie.

Ce tour, de Mark Kalin, que l’on voit dans beaucoup de répertoire de magiciens, est ici très bien exécuté avec un fort impact sur le public lors de la disparition totale de la fille.

Lévitations

Un homme et une femme, habillés en blanc, dansent sensuellement devant le public en avant-scène. Le rideau se lève et deux autres couples les accompagnent. Un voile blanc se lève et Rouven arrive avec une partenaire qui s’allonge sur une petite table blanche en fond de scène. La fille lévite dans les airs et redescend sur la table. Le magicien la recouvre d’un voile et la fait léviter de nouveau, mais beaucoup plus haut, jusque vers les cintres. Il l’a rejoint en lévitant lui-même (chemise ouverte !) et la fait redescendre avec lui. Les trois couples de danseurs complètent le tableau sur une musique techno et le rideau se ferme sur le couple du début.

Cette double lévitation, bien amenée par les danseurs n’est pas fluide dans sa première phase où l’on ressent des secousses… Par contre, la lévitation de Rouven est bluffante car il est presque torse nu, ce qui renforce l’impossibilité de l’illusion.

Prédiction

Une enveloppe à prédiction est tenue par Jan Rouven. Une spectatrice monte sur scène et est invitée à dire le nom d’une personnalité de son choix. La prédiction est sortie de l’enveloppe et on voit cette personnalité bébé (gag). Si la spectatrice avait annoncé Barak Obama, par exemple, le magicien avait aussi un bébé de couleur en roue de secours (il retourne la photo). Et le tour s’arrête là sans que l’on sache pourquoi ?! Problème technique ou négligence ?

Drill of death

Arrive sur scène une vise géante. Le magicien se place devant, attaché, et la vise est mise en route pour le transpercer progressivement. Un voile est placé devant son torse, jusqu’au moment où l’on voit la vise lui traverser la poitrine. Jan Rouven empalé, la machine se met à la verticale et soulève le magicien en haut des cintres, puis la vise tourne sur elle-même ! La vise revient en position horizontale et se retire du torse de l’illusionniste progressivement sous couvert d’un voile.

Drill of death, créé par André Kole pour la magicienne Melinda Saxe est aussi au répertoire du hollandais Christian Farla. Une illusion très impressionnante qui procure une forte dose d’adrénaline.

Origami illusion

Rouven rend hommage à ses magiciens préférés : Siegfried and Roy, véritables mythes de Las Vegas ayant officié pendant 13 ans au Mirage. C’est aussi un moyen pour lui de continuer l’héritage des magiciens allemands à Vegas, puisque lui-même est germanique (et en fait la promotion dans sa publicité).

Est projeté un extrait de l’illusion Origami de Jim Steinmeyer exécuté par le duo. Rouven propose de refaire cette illusion en avant-scène devant son public. Une partenaire prend place dans la boîte, qui est refermée et réduite à un petit cube, cube transpercé par 3 sabres. La structure, sur roulette est tournée dans tous les sens et le public se demande vraiment où est passée la fille ! Elle réapparait ensuite, une fois la boite dépliée.

Très bonne présentation de Jan Rouven qui insiste sur le côté impossible de l’illusion.

Underwater escape

Après une chorégraphie de la troupe de danseurs, Rouven introduit sa prochaine illusion en parlant d’Harry Houdini, le maître de l’escapologie. Il présente une cuve remplie d’eau entourée d’une structure avec des pendillons ouverts.

Le magicien fait vérifier son matériel par une spectatrice : menottes, collier, couvercle de la cuve. Il est ensuite enchaîné, cadenassé et enfermé dans la cuve. Il doit se libérer en moins de 45 secondes (toujours pas de chronomètre visible). Une assistante monte sur la cuve et abaisse les pendrillons qui sont soulevés par moment pour que le public voie la progression du magicien à se libérer. Le suspense monte et d’un coup Jan Rouven surgit au-dessus de la cuve en se jetant par terre, sa partenaire ayant pris sa place dans la cuve d’eau.

Une illusion deux en une : une belle malle indienne couplé à une Cell water. Percutant.

L’illusion des danseurs : à travers l’hélice

Rouven, tout mouillé, parle au public de ses techniciens qui exécutent une « chorégraphie » malgré eux pour nettoyer le plateau rempli d’eau. Il va ensuite en coulisse se changer et se recoiffer avec du gel ! Et annonce le prochain tableau joué par ses danseurs.

Les danseurs évoluent sur une musique douce. Une hélice arrive sur scène. Elle est mise en route et les palles sont cachées par un tissu. On voit le bas de l’hélice tourner et un danseur commence à mettre sa main à travers puis son bras, sans accident. Un autre danseur passe tout son corps à travers.

Une séquence anecdotique, pour meubler, avec une illusion vieillotte non justifiée (Trough propeller illusion).

Poteau

Rouven est attaché par des chaînes sur un poteau. Autour de lui est disposé un rideau qui est refermé sur lui par son assistante, qui se retrouve à la place du magicien enchainé. C’est Jan Rouven qui finit l’action d’ouvrir le rideau. Une transposition flash, bien que déjà vue.

Malle indienne à double transpositions

Rouven annonce que sa prochaine illusion provoque toujours des réactions euphoriques. Il affirme aux spectateurs qu’il n’a pas de jumeau et va faire signer son bras par un spectateur pour authentifier le magicien quand il réalisera la transposition.

Une structure composée d’un escalier et d’un coffre arrive sur scène. Une assistante, cadenassée, est enfermée dans le coffre qui est hissé en hauteur grâce à une corde par Rouven. Ce dernier se place dessous, lève un voile sur lui et disparaît dans un éclair, l’assistant apparaissant à sa place et on voit le bras signé du magicien sortir de la caisse du dessus. Celle-ci redescend, avec difficulté, le coffre au sol grâce à la corde, aidée par un assistant (belle subtilité pour renforcer l’idée que le magicien est dedans). Des pics transpercent alors le coffre de part en part, qui est révélé vide. Le magicien réapparaît dans la salle !

Magnifique illusion, le tableau le plus réussi du spectacle. Toute la salle a été estomaquée, y compris les magiciens.

Puzzle Paradoxe

Pour finir sur une note métaphorique, Jan Rouven présente le Tile puzzle de Winston Freer à la vertical, sur un panneau aimanté. Il défait les pièces du puzzle une à une, qui correspondent à différents sentiments de la vie. Il rajoute par deux fois une pièce supplémentaire symbolisant la destinée et le puzzle est toujours le même pour finir par réintégrer son cadre d’origine.

Conclusion

Au final, un show mitigé axé essentiellement sur des numéros de transposition et d’évasion qui ont tendance à se ressembler entre eux. Cela donne du sens au surnom de Jan Rouven, « l’homme aux neuf vies », mais finit par se neutraliser. L’apport des danseurs, avec une technique à revoir, est anecdotique. Ils sont plus là pour « meubler » que pour apporter une progression dramatique aux illusions ; la preuve en est, quand Rouven part en coulisses se changer et se recoiffer !

Malgré un répertoire d’illusions déjà vue et une présentation qui tient plus de la démonstration que d’une histoire scénarisée, reste de beaux moments de frissons avec la vise géante et la malle indienne avec double transpositions. Jan Rouven est dans la « tradition » des spectacles de magie à sensations où les « boîtes » se succèdent sans véritable lien entre elles ; juste la performance et le spectaculaire pour en mettre plein la vue.

A noter la disponibilité de l’artiste après toutes ses représentations, qui prend le temps de signer des posters et des cartes postales et prendre des photos avec les spectateurs dans un jeu à la limite de l’autosatisfaction narcissique…

Note de la rédaction :

A l’heure où nous publions cet article, le Tropicana a suspendu les représentations de Jan Rouven, le mercredi 16 mars 2016, après une arrestation de ce dernier dans une affaire présumée de vidéos à caractère pédophile, retrouvées sur son disque dur d’ordinateur…

Tous les documents et archives sont proposés sauf avis contraire des ayants-droit, et dans ce cas seraient retirés.

Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 21 mars 2016.
MENTIONS LEGALES :

ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France : ISSN 2276-3341

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