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Palais de Tokyo (Paris, le 27 octobre 2014).

L’exposition Inside propose au visiteur une expérience d’immersion, une traversée « risquée » de soi dont l’espace d’exposition est le sujet et la métaphore à l’image de l’installation monumentale de Sven Jonke constituée de scotch transparent. Cette odyssée, tant physique que mentale, invite à traverser un Palais de Tokyo métamorphosé par les artistes de façon à ce que, d’une installation à l’autre, d’un étage à l’autre, nous soyons à l’intérieur des œuvres. Celles-ci, dont certaines créées In Situ, nous conduisent au plus près de nous-même, de l’expérience de l’espace jusqu’à nos pensées et nos craintes les plus secrètes.

Ce très long parcours permet d’appréhender de manière inédite le bâtiment, transformé en un organisme physique et spirituel, selon l’archétype du voyage initiatique.

Inside convoque toutes les émotions qui font notre humanité : joie, inquiétude, effroi, horreur, désir… Une expérience profonde, troublante et imprévue.

Dans ce parcours immersif, la figure du double est omniprésente. Voici une sélection d’œuvres jouant sur le trompe-l’œil, les illusions d’optiques et la dualité.

Eva JOSPIN

Pour pénétrer dans l’exposition Inside, il faut d’abord oser entrer dans une forêt mystérieuse, créée par Eva Jospin (née en 1975, vit et travaille à Paris). La forêt, incarnation de la nature à l’état sauvage, est surtout dans les récits traditionnels l’espace de l’épreuve, funeste ou initiatique. Elle est aussi le lieu de la rencontre avec soi-même. Traverser la forêt, c’est initier la visite de l’exposition Inside qui est un voyage intérieur.

Eva Jospin travaille le carton pour concevoir volume et perspective, créant des bas-reliefs évocateurs. Un long travail de découpage, d’assemblage et de superposition, une certaine violence dans le geste, lui permettent de ciseler des forêts en trompe-l’œil, à la fois denses et délicates, mystérieuses et apaisantes. L’artiste réalise des œuvres ayant la capacité d’être dans le même temps frontales et immersives, parfaits supports de projection mentale, via un matériau familier et sans qualité esthétique intrinsèque.

Marcius GALAN

Diagonal Section (2014) est une œuvre illusionniste de Marcius Galan (né en 1972, vit et travaille à São Paulo), qui fait passer le visiteur « de l’autre côté du miroir », lui permettant d’effectuer un voyage initiatique. D’une grande sobriété, cette installation in situ montre un obstacle symbolique, a priori infranchissable, que seuls les plus courageux – ou les plus inconscients – réussiront à pénétrer. L’artiste propose un jeu sur la perception (physique ou mentale) de l’espace qui nous entoure. Il s’agit de mettre en échec nos sens : l’œuvre semble se dématérialiser sous nos yeux. Un art minimal et contextuel, d’une grande neutralité formelle, est au cœur de la pratique de Marcius Galan.

L’artiste crée un trouble tant physique que mental avec des œuvres à l’encontre des systèmes de représentation habituels : ce que nous voyons au premier abord n’est jamais ce qu’est effectivement l’œuvre. Ses interventions architecturales et ses sculptures remplacent la réalité par son double et nous renvoient aux représentations qui structurent notre rapport à l’espace.

Marc COUTURIER

Marc Couturier (né en 1946, vit et travaille à Paris) est invité à poursuivre la série des dessins du Troisième jour en réalisant une intervention murale monumentale. Cette série se réfère au livre de la Genèse où, au troisième jour de la Création, les eaux se séparent de la terre sur laquelle sont créés la nature et les végétaux. Réalisé au graphite, le dessin est le fruit d’un geste spontané et continu, dialogue permanent entre la volonté et l’intuition de l’artiste. C’est d’ailleurs par une approche intuitive que le visiteur peut appréhender cette œuvre, où le paysage de cet élan originel de la création se révèle peu à peu dans un jeu optique entre le proche et le lointain.

Ce travail majestueux et délicat engage une contemplation et un lâcher-prise. C’est en chacun de nous et à distance de la réalité que la poésie existe alors. Marc Couturier glane et collecte objets et matériaux. Il en décèle le potentiel poétique qu’il révèle au monde par une attention et un point de vue particulier. Lignes et matières forment un corpus et s’associent aux sculptures monumentales comme les Lames, invitant à un rapport contemplatif à l’œuvre d’art.

Abraham POINCHEVAL

La sculpture habitable d’Abraham Poincheval (né en 1972, vit et travaille à Marseille) a été conçue pour que l’artiste puisse vivre en son sein de manière autonome, coupé du monde extérieur. Pendant les treize jours de sa performance au musée de la Chasse et de la Nature (Paris), tel Jonas dans le ventre de la baleine, l’artiste a habité la peau de cette sculpture d’ours à taille réelle, a fait corps avec la bête, se nourrissant comme elle. Cette expérience extrême de solitude, de retrait du monde et de double peau a été filmée et retransmise en vidéo.

Abraham Poincheval explore le monde en repoussant ses limites physiques et mentales. L’enfermement, l’absence de communication et la vie en autarcie sont des démarches qu’il multiplie, passant par exemple une semaine dans un trou creusé dans le sol d’une galerie et recouvert par une pierre d’une tonne. En 2013, il renoue avec l’isolement souterrain et analyse la perte totale des repères visuels et temporels en habitant, pendant cinq jours, une grotte privée de lumière.

Ryan GANDER

L’artiste nous présente une série de trois sculptures en marbre (matériau pérenne et noble) d’après des abris de fortune réalisés par sa petite fille. Il met en exergue l’idée de protection dans un jeu délicat en trompe-l’œil : de la fragile cabane d’enfant dont la protection symbolique est immense, à la cabane de marbre, certes solide, mais imperméable, avec ses drapés caractéristiques de la sculpture classique.

Ion GRIGORESCU

Dans Boxing, l’artiste combat son double à mains nues. Par un trucage simple, la double exposition du film, il met en images une lutte intérieure, la dualité de chacun et le dédoublement de la vie individuelle et publique. Il utilise dès les années 1970 son propre corps comme principal outil d’expérimentation. Réalisés dans la clandestinité, ses premiers films le mettent en scène, souvent nu, dans l’intimité de son espace domestique, loin de la surveillance policière du régime de Ceausescu.

A voir  :
- Exposition Inside au Palais de Tokyo du 20 octobre 2014 au 11 janvier 2015.

Crédit photos : S. Bazou. Tous les documents et archives sont proposés sauf avis contraire des ayants-droit, et dans ce cas seraient retirés.

Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 3 décembre 2014.
MENTIONS LEGALES :

ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France : ISSN 2276-3341

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