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Horace GOLDIN

Le magicien tourbillon (1873-1939).

Pendant presque quarante ans, Horace Goldin fut l’une des plus grandes vedettes internationales de la magie. Avec un style tourbillonnant : « 45 tours en 17 minutes » (plus que ses prédécesseurs n’en faisaient en toute une soirée) et un sens de la publicité qui venait au second rang après celui d’Houdini, il donna au public un nouveau genre de spectacles de magie, dans laquelle les illusions spectaculaires et déconcertantes se succédaient avec une telle rapidité que le public en était hébété. Son slogan était : « Ne sourcillez pas des yeux, vous risqueriez de manquer une illusion ! ».

Le jeune Horace Goldin en 1893.

Goldin — de son vrai nom Hyman Elias Goldstein — naquit en Pologne en 1873. A seize ans il émigra aux Etats-Unis. Une critique ancienne de son numéro faisait l’éloge de sa magie, mais aussi des réflexions sur le mauvais anglais, du jeune magicien. Goldin décida alors de réaliser un numéro silencieux, ajoutant un maximum de tours pendant le temps qu’il aurait passé à parler.

Après un apprentissage effectué dans les spectacles forains et les musées populaires, Goldin décrocha le gros lot : les tournées du Keith Circuit aux Etats-Unis, ainsi qu’un formidable engagement de six mois au Palace Theatre de Londres. A vingt-sept ans, il passa dans le monde entier. Il arborait des épingles de cravate incrustées de pierres précieuses, qui étaient autant de présents du roi Edouard VII, du roi George, de la reine de Saxe et du roi du Siam (qui fit construire un théâtre exprès pour le spectacle de Goldin.) Les épingles furent reproduites sur sa voiture et sur ses affiches ; il se fit ainsi appeler « l’illusionniste royal ».

Affiche de 1907.

En plus de son style de présentation dynamique, Goldin avait le flair pour inventer des illusions qu’il reliait à des histoires dont on parlait, ou à des événements de l’actualité. Ainsi, un de ses premiers numéros, qui le fit engager dans les plus grands théâtres de music-hall américains, fut « Dreyfus s’évade de l’île du Diable », et une illusion plus tardive, « John la Patate », reposait sur les exploits d’un héros des manchettes de journaux qui avait brisé le blocus de l’Espagne. Il créa même une de ses illusions « la Présentation de la coupe d’or », en quelques heures, après avoir appris qu’on avait volé la coupe d’or d’Ascot à 11 h 30 du matin, en plein dans l’actualité, Goldin, le soir même, présenta à son programme une illusion descriptive du vol.

Manipulateur de grande classe, il exécutait également d’innombrables petits tours, comme par exemple : « Le papier de soie déchiré et raccommodé », « Le dé libéré du ruban », « La corde coupée », « Le sac à l’œuf », etc. Il les faisait devant un rideau pour que ses assistants puissent préparer sur scène ses grandes illusions. Ainsi, sur un tempo d’enfer, les petits trucs succédaient aux grands trucs et inversement.

« Le Miracle vivant ». Affiche de 1932.

L’effet le plus sensationnel de Goldin fut probablement son tour de « la Femme sciée en deux », qui est devenu synonyme de Magie au même titre qu’un lapin sortant d’un chapeau. Bien que l’idée ait à l’origine été de P. T. Selbit, Goldin perfectionna sa version populaire dès 1921 et, quand des imitateurs représentèrent l’illusion dans le monde entier (on y voyait la jeune fille dans une caisse, la tête pendant d’un côté et les pieds de l’autre), Goldin mit au point une version nouvelle, appelée « Le miracle vivant », dans laquelle il n’y avait plus de caisse ; la femme était visiblement tronçonnée en deux par une scie géante et grinçante. Quand Goldin et son illusion avec la scie furent têtes d’affiche au music-hall, la demande, pour ce tour, fut si grande qu’on envoya six autres troupes jouer dans les théâtres où Goldin ne pouvait jouer lui-même. Il se fit de la publicité dans chaque ville en assurant la jeune fille pour de grosses sommes d’argent, en déchirant sa robe avec la scie (le public criait « assassin »), en faisant stationner des ambulances avec des infirmières devant le théâtre, pour l’éventualité où une horrible tragédie se produirait. Des entrepreneurs de pompes funèbres arpentaient les rues avec des scies à main et menaient les foules excitées droit à la caisse du théâtre.

Les autres tours caractéristiques de Goldin étaient : « La femme qui traverse une vitre », « L’apparition miraculeuse de canards », « L’exécution orientale », « Les ombres vivantes », Le repas magique », « L’arabe transpercé », « La jeune fille et le piano volatilisés »

« La jeune fille et le piano volatilisés ».

« Le Film de la Vie », du cinéma magique, où le réel agit directement sur l’image projetée et inversement. Voici quelques effets de cette merveilleuse illusion exécutée dès 1910 : sur scène est tendu un véritable écran de cinéma. Commence alors une sarabande, un va et vient extravagant et incompréhensible entre les personnages projetés cinématographiquement sur la toile et Horace Goldin en chair et en os sur la scène. L’illusionniste s’approche de l’écran avec sa cigarette et se fait donner du « vrai » feu par la jeune femme du film. Il lui tend son mouchoir, elle le prend...et l’on voit miraculeusement le mouchoir quitter la main de Goldin pour se retrouver entre les mains de la personne filmée. Celle-ci, dans l’image mouvante, saisit une chaise qu’elle tend vers le magicien, qui s’en empare. Et le voici sur scène, en possession d’un vrai siège qu’on ne voit plus sur l’écran. Pour terminer Goldin entre carrément dans l’écran où il se trouve instantanément « projeté », pendant que sa partenaire quitte résolument la toile blanche pour se retrouver vivante sur la scène.

« le Dieu tigre » ou « Le [sic] Danse des passions », une pièce qui se passe au Maroc et dans laquelle une jeune femme est jetée dans une cage avec un vrai tigre du Bengale, uniquement pour que Goldin fasse disparaître le tigre en un éclair de temps. Avec « la Femme sciée en deux », l’illusion du tigre fut le plus grand succès financier du magicien polonais.

Horace Goldin mourut le 22 août 1939, à soixante-six ans, après avoir inauguré son spectacle au Woodgreen Empire Theatre de Londres, le théâtre où Chung Ling Soo avait été tué sur scène par un coup de feu vingt et un ans plus tôt.

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Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 19 avril 2017.
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ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France : ISSN 2276-3341

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