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Giacomo BERTINI

Comment êtes-vous entré dans la magie ? A quand remonte votre premier déclic ?

J’avais 5 ans et j’étais un petit enfant qui ne savait même pas écrire ! Mais je me souviens que ce fut Silvan, avec son émission « Sim Sala Bim » diffusé sur la Rai au milieu des années 1970, qui m’a fait découvrir la magie. A cette époque, il n’y avait malheureusement pas de magasins de magie en Italie. Trois ans plus tard, en vacances à Paris, mes parents m’ont acheté, au marché aux puces, un livre de magie à un petit vendeur de rue intitulé La Foire aux trucs. Mon premier vrai livre de magie fut Tours Divers aux éditions Payot. Puis je suis allé à la boutique Mayette magie moderne, qui était à l’époque dirigée par Michel Hatte, et j’ai acheté les boules excelsior, mon premier tour de magie.

Dès le début, j’ai été attiré par la manipulation, tout ce que le magicien faisait grâce à son habileté et à sa dextérité, en utilisant des techniques qui pouvaient être apprises grâce à des années de formation et d’étude. C’est pour cette raison que j’ai décidé de me consacrer au close-up.

Quand avez-vous franchi le premier pas et comment avez-vous appris ?

Au départ, compte tenu de mon âge, j’ai pratiqué seul, j’achetais des livres et du matériel par correspondance, chez Magicorama, et Mayette. Je dois dire que sans la France, je n’aurais pas été en mesure de lancer, ni de maintenir ma passion pour la magie.

A l’âge de 16 ans j’ai rejoint le CMI (Club Magico Italiano), commençant ainsi à fréquenter le milieu des magiciens professionnels. Durant ces années de formation, j’ai affiné mes goûts, je me suis affirmé à travers mes premiers spectacles et mes expériences m’ont amené, de plus en plus, vers le close-up.

Quelles sont les personnes ou les opportunités qui vous ont aidé. A l’inverse, un évènement vous a-t-il freiné ?

Je pense que chaque artiste doit avoir l’opportunité de rencontrer des gens, sinon il n’est pas facile d’exprimer ce que l’on fait. Il y a beaucoup de personnes qui m’ont aidé au fil des ans. Bien sûr, j’ai rencontré d’autres magiciens, mais également des musiciens, des peintres, des poètes, et d’autres artistes en côtoyant une association culturelle à Florence.

Une rencontre très importante pour moi fut celle avec Steve Draun, qui a vraiment porté ma magie et m’a aidé à la développer. Steve m’a fait comprendre les bases méthodologiques pour construire une bonne routine et m’aider à promouvoir ma magie.

Je ne peux pas dire qu’il y ait eu un événement qui m’a freiné. Mais, ce qui me remplit de tristesse, c’est quand vous êtes trahis par des amis à qui vous avez offert votre aide ; mais cela se produit dans toutes les situations, et pas seulement artistiques.

Dans quelles conditions travaillez-vous ?

Je travaille presque exclusivement en close-up, pour des soirées privées, des dîners, et des conventions. Le Close-up, avec son sens du contact, est ce que je préfère. De plus, je me suis investi dans l’enseignement et la diffusion de la magie. J’ai quelques étudiants à qui j’enseigne mon travail, parce que je pense que mon travail est comme mon fils et je ne voudrais pas qu’il disparaisse avec moi. Je suis pour la divulgation de notre art et je n’aime pas le concept du magicien qui détient tous les secrets. L’art c’est la diffusion et la transmission ! Sans communication, l’art se meurt. C’est pour cette raison que chaque année j’organise un séminaire international de close-up à Milan : l’European Close-up Magic Symposium.

Quelles sont les prestations de magiciens ou d’artistes qui vous ont marquées ?

Le premier est Michael Rubinstein. Quand je l’ai rencontré, je ne connaissais rien à la magie des pièces ; ce fut pour moi une révélation ! Merci à lui. J’ai pu apprendre toutes les techniques de base et les classiques sur le sujet, ce qui m’a permis de développer mon propre système et de développer mes propres techniques que j’ai ainsi eu l’occasion de partager avec beaucoup de satisfactions avec la communauté magique.

Le deuxième est David Roth, qui a sans aucun doute marqué au fer rouge ma sensibilité artistique.

Avec Rubinstein, j’ai appris une méthodologie concrète, existante et technique. Avec Roth, j’ai profondément compris l’importance d’un système et d’une méthode pour la manipulation liée à des techniques individuelles, ce qui m’a permis de développer une vision personnelle. D’autres magiciens me sont chers comme : Tony Slydini, Al Goshman, Bertram Ross et, bien sûr, John Ramsay.

Quels sont les styles de magie qui vous attirent ?

En tant que spectateur, je suis fasciné par tous les styles de magie. Honnêtement, que ce soit du close-up, de la magie de scène, du mentalisme, de la magie comique ; si n’importe quel style est artistiquement bien exécuté c’est agréable. J’aime tout ce qui est magique ! Et en tant que magicien, ma préférence va pour le close-up.

Quelles sont vos influences artistiques ?

En dehors du monde des magiciens, j’aime vraiment le cinéma, et des cinéastes comme Charlie Chaplin, Stanley Kubrick, Brian De Palma, Sergio Leone et beaucoup d’autres... J’aime la musique et le jazz, qui utilisent les mêmes principes d’improvisation que dans l’art magique et du close-up en particulier.

Quel conseil et quel chemin conseiller à un magicien débutant ?

Le premier conseil est d’être vous-même. Ne vous précipitez pas. Essayez des choses, jusqu’à ce que vous trouviez exactement ce que vous aimez le plus, puis engagez-vous pleinement, à tous points de vue. Essayez d’être le plus original possible, non pas en copiant le numéro d’un autre magicien, mais en vous inspirant de certains aspects. Essayez de construire votre personnage avec ce que vous aimez et en fonction de votre style. N’oubliez pas que vous n’avez pas besoin de copier pour bien faire les choses. Si vous copiez, vous n’êtes pas un artiste, mais un simple artisan.

Quel regard portez-vous sur la magie actuelle ?

Aujourd’hui, le monde des magiciens me semble manquer d’engagement et de créativité. Tout le monde essaie de faire les choses rapidement, alors que l’art se situe dans l’engagement et dans la persévérance. Etre créatif, être un artiste magicien, nécessite une étude approfondie de nous-même et des autres.

Quelle est l´importance de la culture dans l´approche de la magie ?

Évidemment, il ne peut y avoir de forme artistique sans un fond culturel. Je pense que sans une connaissance de la culture générale, et pas seulement sectorielle, tout artiste s’exprime plus difficilement et risque de devenir un artisan, comme je l’ai dit ci-dessus.

Vos hobbies en dehors de la magie ?

J’aime la nourriture, manger et boire ! J’aime cuisiner, aller au restaurant, me rendre dans les magasins de vin. J’aime boire un bon vin, de préférence du rouge. J’aime voyager dans divers pays et apprendre les différentes coutumes et traditions. J’aime les paysages, l’architecture. J’aime rencontrer et parler avec des gens différents qui ont des traditions différentes, ce qui m’inspire aussi artistiquement… Quand j’ai le temps, je joue aux échecs, et Aaron Nimzowitsch est mon joueur préféré !

- Interview réalisée en janvier 2014.

A visiter :
- Les sites de Giacomo Bertini www.giacomobertini.net / www.giacomobertini.com

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Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 24 mars 2014.
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ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France : ISSN 2276-3341

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