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Gérard SOUCHET

Comment êtes-vous entré dans la magie ? A quand remonte votre premier déclic ?

La magie est avant tout une émotion très forte et très ancienne… Tout a commencé lorsque mon père me présentait l’effet sensationnel de la pièce fondante dans un verre d’eau. Je devais avoir 5-6 ans environ.

Derrière la stupéfaction qui entraînait en moi ce tour présenté avec un simple verre en pyrex, une pièce de monnaie, un peu d’eau et un mouchoir, dans la tête d’un très jeune garçon que j’étais, c’est un ressenti incroyable qui m’envahissait à chaque fois. Comment était-il possible qu’avec des objets du quotidien, des objets manipulés quelques secondes encore avant par toutes et tous, comment était-il possible que cette pièce tenue à travers le mouchoir, cette pièce que j’entendais tomber dans l’eau pouvait disparaître totalement et se retrouver immédiatement ailleurs. La notion de mystère, cette première émotion qui vous façonne (et magique en ce qui me concerne) remonte sans doute à cette époque.

Parallèlement, habitant à côté d’un petit patronage qui faisait aussi office de théâtre et de cinéma dans ma commune, nombreux sont les jours où j’aimais serpenter sur la scène, dans les coulisses et à travers les rangées de fauteuils, comme pour mieux apprivoiser ce lieu gorgé de vie et de symboles.

Lire vers 6-7 ans un livre de Maurice Druon : Tistou les pouces verts fut aussi une chance. Un livre initiatique qui explique sûrement une partie de mon affection pour le surréalisme et la poésie. Un vrai livre magique.

Enfin, j’ai eu la chance, de découvrir en spectacle (en live disent nos amis anglais) de très nombreux artistes : le peintre chiffonnier Rob Suvac dont je garde un souvenir très fort, les frères Jacques, de nombreux chanteurs, clowns - Les Bario notamment - mais aussi Garcimore (évidemment !) et tout un tas d’autres artistes du spectacle vivant jongleurs, acrobates, fantaisistes etc...

Quand avez-vous franchi le premier pas et comment avez-vous appris ?

Tout s’est déroulé progressivement, presque “naturellement” : attiré par la magie, je découpais tout ce qu’il m’était possible de lire sur cet art mystérieux et fascinant à la fois. Après lecture des magazines, journaux et autres périodiques, et après un petit découpage aux ciseaux, mes trouvailles trouvaient leur place dans un cahier à spirales (cahier dissimulé sous un matelas pour que l’on ne puisse pas découvrir les “secrets” qu’il contenait).

Plus tard, la découverte chez un bouquiniste d’un livre de Jacques Delord aura été… LA Révélation. Les mots du maître me permettaient enfin de prendre conscience d’un monde immense : ce monde de la magie que je découvrais peu à peu.

Gérard Souchet avec Jacques Delord.

Enfin, lycéen puis étudiant, j’ai fréquenté le Cercle Magie Bretagne. Progressivement, l’âge aidant, de nouvelles rencontres se sont présentées avec de nombreux autres artistes (jongleurs, clowns, échassiers, comédiens mais aussi magiciens). Occasion unique de prendre des cours, d’échanger afin d’enrichir mon bagage.

Quelles sont les personnes ou les opportunités qui vous ont aidé. A l’inverse, un évènement vous a t-il freiné ?

Le premier fait marquant a été la visite chez Georges Cochet dans son appartement rennais, qui très gentiment m’a ouvert sa bibliothèque fantastique. Pour la première fois de ma vie (vers 15-16 ans il me semble), je prenais connaissance de l’existence de l’immensité de la littérature magique et du volume de connaissances qui y était lié : des centaines d’ouvrages traitant de toutes les familles de la magie, sans oublier toute la collection des Revues de la Prestidigitation. Et deux découvertes incroyables : les 8 volumes du Dr Jules Dhotel dont j’ignorais totalement l’existence. Toute la magie en 8 volumes… Un rêve pour l’étudiant magicien que j’étais (et que je suis toujours…). Au sein du Cercle Magie Bretagne, c’est Christian Guignet qui m’a accompagné pour passer mon examen FFAP.

Mon premier congrès FFAP (à Vichy) a aussi été une étape importante. Grâce à Yves Plancard, Michel Carpier, Marie Madeleine et Jacqueline, leur épouses respectives, j’ai pu profiter pleinement de 3 jours éblouissants sans repartir ruiné. Leur bienveillance, leur attention et leur pétillance font que je leur en suis toujours reconnaissant.

Plus tard, les rencontres avec James Hodges, Jean Merlin, Gaëtan Bloom mais aussi Dr Barouf, (sans oublier des visites régulières chez Mayette Magie Moderne et Guy Lore) auront été déterminantes pour mes différentes époques et étapes magiques.

De nombreux autres artistes m’ont ébloui : Jean Le Poulain, Gérard Dhery et les branquignols, Pierre Etaix, dans un autre genre Pierre Repp, Popeck, Raymond Devos, Charlie Rivels, Georges Carl, sans oublier le clown Sol mais aussi Bernard Haller, Michel Serrault et sans oublier d’innombrables artistes de music-hall, inventeurs et précurseurs dans leur catégorie (Lon Chaney, Mack Sennett, Maurice Baquet et tant d’autres).

Plus récemment, au-delà des magiciens, ce sont des hommes d’abord, qui ont compté. Magiciens, certes, mais avant tout, des artistes : Christophe Boisselier génie de la cuisine, de l’accord met-vins sans qui le Festival International de Magie n’aurait jamais pu démarrer et ne serait pas ce qu’il est devenu. Vincent Delourmel, mnémoniste extraordinaire, doué d’un sens de la communication Internet avec toujours un temps d’avance. En toute bienveillance et discrétion, il a aidé à bâtir le site www.vivelamagie.com et à m’expliquer l’Internet comme personne ne l’avait fait avant. Tout en vérifiant que tout fonctionne pour dire ensuite “je n’y suis pour presque rien” alors qu’il y est pour beaucoup.

Dans quelles conditions travaillez-vous ?

Au fil des années, j’ai toujours cherché à monter un spectacle complet qui peut tenir dans une petite valise. Encore 50 ou 60 ans et peut être vais-je y arriver… Blague à part, dépouiller, aller à l’essentiel est un objectif intéressant à plusieurs points de vue. Se débarrasser du superflu, pour ne garder que l’essentiel oblige à revenir au sens même du spectacle : le public. Le matériel ne doit pas être une barrière ou pire, un élément pour se cacher. Avec 3 bouts de cordes, 1 ou 2 petits foulards, 1 chapeau de Tabarin et quelques autres accessoires, vous être vraiment seul et c’est à ce moment uniquement que le travail artistique démarre (certes… à vos risques et périls…). Mais c’est à ce moment que la magie trouve son sens le plus important...

Au départ, afin de payer mes études à partir de septembre 1985, le close-up était une solution idéale… J’ai alors progressivement abordé la magie rapprochée (que je pratiquais déjà au lycée en dilettante) avec un objectif professionnel, ce qui change tout. Durant plusieurs années chaque soir, durant 3 ou 4 heures de nombreuses techniques et routines se sont affinées au fil des ans. Confronté au public, l’approche magique devient rapidement différente. La création de routines change totalement d’aspect. On dépouille, on allège, on affine, on cherche à aller à l’essentiel. Les échecs répétés deviennent aussi progressivement une force qui donne ainsi un solide capital confiance.

Lorsque j’ai rencontré la femme qui partage ma vie (qui était encore institutrice), toute ma vie s’est retrouvée chamboulée et les horaires aussi : progressivement, les spectacles du soir dans les restaurants se sont vus remplacés par des créations destinées au jeune public. Ce fut alors la découverte d’une autre magie tout aussi exigeante. Souvent peu considérée (car mal connue et avec son lot de préjugés) par les magiciens mais bigrement fascinante et intéressante. Travailler pour les enfants impose de travailler vraiment comme un artiste et pas seulement comme un magicien. C’est une nuance qui fait toute la différence. La rencontre, dès 1990, avec Marvin L. Hardy et le fait de travailler avec lui (puis d’avoir aidé à le faire venir au congrès FFAP à St Malo pour le faire découvrir aux magiciens français pour la 1ère fois) aura aussi joué un rôle déterminant dans le reste de ma carrière.

Gérard Souchet et Marvin L. Hardy.

J’ai eu aussi cette chance de travailler à une époque où le close-up, mais également la magie pour enfant, étaient peu ou pas connus, peu ou pas pratiqués professionnellement. C’est ainsi que dans les années 1992-1997, je présentais jusqu’à 200-250 spectacles pour enfant par an, mêlant magie et ballons. Je suis également devenu parallèlement, durant cette même époque, le premier conférencier francophone pour les ballons Qualatex en 1997 (moodeling et décoration).

En 2000, toujours dans l’optique de découvrir de nouvelles approches de l’art magique, l’idée même de monter un spectacle de grandes illusions pour les enfants (avec 5 partenaires) a germé. Ce spectacle aura tourné durant 1 an et demi mais les besoins en camions et les problèmes logistiques auront eu raison de cette nouvelle passion.

Close-up, magie pour enfants, tout naturellement, les spectacles de “seul en scène” pour adultes se sont présentés. Alterner le close-up, les spectacles enfants et les spectacles adultes aura toujours eu une saveur plus qu’intéressante. Travailler dans ces 3 directions offre une complémentarité dans les engagements certes, mais aussi dans l’approche de sa magie, sa construction, son imagination aussi.

C’est en 2008 que l’idée du Festival de magie est arrivée. D’un projet imaginé depuis longtemps, le coup de pouce du destin aura fait le reste. La production étant une des facettes pas encore expérimentées… Avec toujours ce goût de l’entreprise, notre petite SARL s’est alors ouverte naturellement vers la production.

D’abord de taille modeste, (et n’étant pas intermittent), avec mon épouse, nous avons chaque année choisi de prendre de plus en plus de risques pour mettre en place ce Festival avec une approche professionnelle. Bien nous en a pris, car après des débuts un peu compliqués, c’est ce Festival qui fait maintenant référence, si l’on croit l’ensemble des retours, commentaires amicaux et le nombre de DVD et de vidéos que nous recevons et les artistes qui travaillent avec nous.

Certes, comme pour l’ensemble des projets différents qui sortent un peu des sentiers battus, on nous aura traité d’inconscients, d’incapables, et même de fous (compliment ultime !). La jalousie aura aussi été très présente. Elle aura fait dire ou écrire des choses excessives. L’envie criante de certains de s’inspirer de nos succès nous honore également. Enfin, n’oublions pas ceux, visionnaires et toujours très encourageants, pour qui “ça ne marchera jamais”...

Photo : Franck Boisselier.

Très vite le travail mis en place nous aura rapprochés de François Normag et Hugues Protat qui savent aussi très bien ce qu’est un Festival. Eux qui organisent depuis 30 ans le Festival International des Magiciens au Casino de Forges Les Eaux.

Il est peut être bon de rappeler que la force de notre projet est qu’il n’est pas financier. C’est sans doute la raison principale de sa longévité ! Il faut toujours garder en tête que l’argent est une conséquence et ne peut jamais être un but.

Le Festival « vivelamagie.com » est le seul festival magique en France dont la production est 100% indépendante. C’est aussi ce qui explique son développement et son rayonnement. Contrairement aux autres évènements, le fait d’être totalement autonome (du point de vue production, logistique, technique, programmation artistique etc.) permet de continuer à créer des nouvelles éditions dans de nouvelles villes sans rester cantonné ou assujetti à un secteur, une collectivité territoriale, une zone géographique ou sous l’emprise d’un commanditaire. Il nous est même arrivé de déménager de quelques kilomètres pour changer de ville avec un public qui nous suit en toute liberté.

Quelles sont les prestations de magiciens ou d’artistes qui vous ont marqué ?

Question difficile tant ils sont nombreux. En voici quelques-uns mais la liste n’est pas exhaustive.

Méliès par son inventivité, bien sûr, mais aussi Fred Astaire pour sa légèreté, sa grâce et le fait qu’il n’appartienne à aucune catégorie (ou qu’il appartienne à toutes en même temps), les films d’Yves Robert pour leur humanité et leur justesse, Pierre Etaix pour son amour du gag épatant et Dactylographisme (notamment) qui m’a fait hurler de rire au lycée (et après aussi), Patrice Leconte pour Le mari de la coiffeuse, Gérard Sety pour m’avoir fait rêver avec quelques bouts de tissus, Jean Merlin pour sa précision, son amour du métier, du travail bien fait et une fragilité attachante qu’il cache méticuleusement, Vasarely pour m’avoir ouvert un peu l’œil sur l’art contemporain et la différence, Sylvain Rollet qui a toujours répondu présent pour m’accompagner sur des projets fous et qui sont désormais quelques-uns des plus grands décors et lâchers de ballons originaux jamais réalisé en France et en Europe, Les tontons flingueurs pour ces moments de complicité unique avec mon fils Antoine, Mistinguett pour l’amour du music-hall et pour avoir permis de faire découvrir à mes filles Clémentine et Margot la joie d’assister à une comédie musicale, Sylvain Guillaume sans qui le DVD réalisé avec Gaëtan Bloom n’aurait jamais vu le jour, Daniel Prévost parce que !, Gérard Bakner pour sa bienveillance, son accueil et sa confiance alors que j’étais tout jeune artiste, les tournées Baret qui revenaient chaque année dans ma région quand j’étais enfant et dont les affiches me faisaient rêver, Léonard De Vinci pour son génie incroyable, James Hodges pour les mêmes critères que Léonard ci-avant, Michel Audiard pour ses dialogues qui font mouche, Loïc Baylacq pour son talent de jeu, d’écriture ciselée et son amitié, Henri Mancini pour ses mélodies qui font rêver, Mozart pour tout et pour le reste, Gaëtan Bloom pour la créativité et sa salade que j’aime à déguster sans fin, Jean Régil pour sa connaissance infinie du spectacle et sa gentillesse désarmante, Franck Sinatra pour m’accompagner en voiture à l’aller et Bach pour m’accompagner au retour, Tina Lenert pour sa grâce, Dion pour son talent à l’état pur, Shimada pour sa perfection, André Sanlaville pour avoir mis en place des tournées magiques dont on parle encore, Jacques Delord par son approche philosophique et la densité de l’échange lors d’une soirée mémorable chez Christophe Boisselier, Jan Madd pour sa verve irrésistible et son charme fou, François Normag pour son sens incroyable du timing, son goût immodéré du spectacle et son amitié et last, but not least, l’unique et créative Monique pour avoir quitté un confort assuré afin d’accepter de prendre des risques et de partager avec moi tous ces moments uniques qui nous rendent en fin de compte heureux.

Quels sont les styles de magie qui vous attirent ?

Toutes les magies m’attirent. C’est la pluralité qui me fait vibrer. Tout ce qui est différent, loin de moi peut me faire vibrer. De la différence naît la richesse. Trop souvent le monde magique préfère s’installer dans la pauvreté par confort. Que d’occasions ratées….

L’intelligence magique de Philippe Genty, Scott & Muriel qui ont inventé un style bien à eux, Raphaël Navarro qui a un temps d’avance (peut-être même deux) sur toute la communauté magique et est totalement en phase avec son époque, le style inimitable de Jean Régil avec toute sa science et son humilité, Jan Madd qui est capable de vous faire prendre des vessies pour les lanternes mais avec talent et humour et du coup, hop ! On en redemande, le travail artistique merveilleux de Grégoire Fromont qui est marionnettiste mais aussi un subtil magicien avec sa Cie la Malle Théâtre, la présence et l’énergie de François Normag en scène.., et tant d’autres qu’il est impossible de nommer ici tant ils sont nombreux.

Quelles sont vos influences artistiques ?

Elles sont nombreuses, très, très nombreuses même : musicales, théâtrales, clownesques, picturales, poétiques mais aussi magiques. Il est difficile de les énumérer ici car à chaque fois que j’ai pu découvrir un univers nouveau, une approche différente, un angle de vue singulier, la curiosité, l’envie de comprendre, la soif de connaissance m’a toujours emmené à des degrés plus ou moins importants à modifier un texte, un élément de mise en scène (même infime), un déplacement, un élément de timing…. Il me faut l’avouer, ce sont souvent les spectacles pour enfants qui auront bénéficié de ces approches.

Quel conseil et quel chemin conseiller à un magicien débutant ?

Un bon conseil : méfiez-vous des conseils !

En fait, je ne suis pas sûr de pouvoir conseiller un chemin car seul chacun choisit sa route… Peut-être pourrais je lui dire tout simplement d’aller au théâtre (classique, mais aussi de boulevard, au café-théâtre et une scène nationale), au concert (rock, classique, pop, etc.), au musée (d’Orsay, au Grand Palais, Picasso, et aussi au musée de la magie), bref être curieux, gourmand aussi, gourmet également mais surtout ouvrir, s’ouvrir pour accueillir.

Peut-être puis je aussi suggérer de s’intéresser à l’histoire de la magie et du music-hall. Combien de magiciens s’enorgueillissent de vouloir dépoussiérer la magie avec une disparition sur chaise alors qu’ils connaissent à peine (ou même pas du tout parfois) Buatier de Kolta et ses collègues de bureau...

Quel regard portez-vous sur la magie actuelle ?

La magie est en plein renouveau. C’est formidable le nombre incroyable de jeunes qui aiment et pratiquent cet art du merveilleux. C’est une chance unique pour toute la communauté magique. A nous d’être à la hauteur pour accueillir toutes ces nouvelles énergies pour aider à perpétuer cet art qui nous fascine tant et que nous nous devons de transmettre.

Je profite de cet interview pour faire une petite remarque à propos de faits et de déclarations que l’on voit ça et là. Peut-être est-ce un trait de caractère de franco-français. De nombreux individus (magiciens ou proche des milieux magiques) participent à l’organisation de spectacles magiques et aiment à s’afficher “producteurs”, “directeurs artistiques”, etc. Il est même amusant de constater que presque toutes ces manifestations sont subventionnées ou financées en grande partie par un tiers et n’existent qu’avec un statut associatif.

Certes, il est valorisant de s’auto-revendiquer “producteur”, “directeur artistique”, etc. Mais il me semble néanmoins important de rappeler ce qu’est un producteur de spectacle vivant en France. En regard de la loi du 18 mars 1999, En France, un producteur de spectacle vivant est un professionnel qui a « la responsabilité d’un spectacle et notamment celle d’employeur à l’égard du plateau artistique ». Le producteur réunit les éléments nécessaires à la création du spectacle. Il est responsable du choix de l’œuvre, sollicite les autorisations de représentation de cette œuvre, conçoit et monte les spectacles, coordonne les moyens humains, financiers, techniques et artistiques nécessaires et assume le risque financier de sa commercialisation. Lorsqu’il reprend un spectacle déjà existant, le producteur est qualifié d’entrepreneur de tournée.

Outre la responsabilité du spectacle, le producteur et l’entrepreneur de tournées, sauf s’ils sont simplement diffuseurs, ont la responsabilité d’employeurs à l’égard du plateau artistique (artistes-interprètes et personnel technique attaché directement à la production).

Quelle est l’importance de la culture dans l’approche de la magie ?

Culture ? Voilà un bien grand mot. Puis-je vraiment y répondre ? Et d’ailleurs… qu’est-ce que la culture ? De quelle culture parlons-nous ? De la culture légitime, de la culture officielle et subventionnée, de la culture populaire, voire de la culture underground ? Mon passé d’étudiant en sociologie ressurgit aussitôt… Vaste débat que la culture.

La question est énorme. Mais s’y attarder est important aussi… Pour aller vite, je préfère parler de connaissance générale et préfère réduire le champ lexical à des connaissances techniques, mécaniques, électroniques mais aussi littéraires, musicales, magiques, culinaires, sémantiques, juridiques, informatiques. L’ensemble de ces connaissances ouvrira (ou pas) les cellules, les gardera en éveil, puis en fonction du caractère, pourront susciter une création plus ou moins fournie, un état d’esprit qui favorisera la création, la mise en place de projets théâtraux, magiques etc.

Depuis la nuit des temps, la connaissance (donc une certaine forme de culture) est intrinsèquement liée à la magie. Tout comme le contrôle de l’information qui est aussi une clé pour être un bon magicien, la connaissance ouvre le champ des possibles. Sans doute faut-il aussi évoquer les phénomènes sociologiques d’endoculturation qui aideront, inciteront invisiblement à une certaine forme d’inventivité et de créativité.

Vos hobbies en dehors de la magie ?

Emprunter le GR 34 au printemps, en été, en automne, en hiver, m’occuper de mon jardin pour y faire pousser chaque année de jolies tomates (et me régaler avec ensuite), goûter des vins avec Christophe Boisselier et prendre des leçons d’œnologie, consolider ma connaissance de l’œuvre de Pierre Etaix, découvrir, pratiquer et enrichir mon éventail des arts annexes (plus complexes parfois que les techniques magiques et souvent plus créatifs aussi), re-découvrir le travail de Pierre Bourdieu, dîner avec l’équipe du Festival et passer un bon moment, tout simplement, installer des décors de ballons, assister aux grandes marées à St Malo avec un gros imper et aller boire un chocolat chaud pour se réchauffer ensuite un soir d’été et sentir cet air iodé unique, marcher sur le sillon à St Malo, toujours, dénicher des ouvrages liés à l’histoire du music-hall pour y découvrir des artistes, des routines, des costumes, des dialogues peu ou pas connus, jouer de la scie musicale et du concertina, relire les Mad Magic et y trouver toujours quelque chose de nouveau, marcher un jour de grand vent sur une plage avec un pull épais, prendre le temps de rire, re-lire Simenon et ses descriptions par petites touches de la nature humaine, aller voir un film au cinéma, partager le réveillon avec mes proches amis au bord de la mer, préparer une omelette généreuse avec les œufs de nos poules : Carla et Rachida, nager 1.5 km au minimum 1 fois par semaine, lire un bon polar le matin très tôt quand tout le monde dort encore, faire mes courses au marché des Lices le samedi matin, manger une bonne galette, et tout un tas d’autres choses, s’émerveiller et se réjouir chaque jour de cette vie incroyable qui m’est offerte par tous les gens que je rencontre chaque jour et les moments de bonheur que me procurent mes proches.

Vive la Magie !

- Interview réalisée en décembre 2016.

A visiter :
- Le site de Gérard Souchet.
- Le Festival International de Magie.

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Auteur : Sébastien BAZOU


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