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ELASTIC / ARTISTO

Selongey (samedi 26 janvier 2013).

Clown liégeois autodidacte, Stéphane Delvaux alias Elastic est un phénomène. Touche à tout, il manie aussi bien le mime, la magie, le jonglage que la performance. Son univers se situe entre le music-hall et le cirque, entre la comédie et l’absurde, entre le burlesque et la prestidigitation. Cet artiste multicarte est connu pour son fameux saut à l’élastique horizontal. Une entrée irrésistible unique au monde !

Le saut à l’élastique

Sur une musique d’entrée des athlètes, Elastic tire un élastique de « jardin à cour » et disparaît derrière le rideau. D’un coup, il traverse la scène dans l’autre sens comme une balle. Un peu chamboulé, après avoir tiré un peu trop sur la corde, Elastic revient sur scène en rigolant bêtement pendant une bonne minute. Il mime son saut improbable à l’horizontal et termine par « …Voilà, merci ! » Le public est déjà dans le bain !

Echauffements

Elastic commence par échauffer ses doigts en les faisant craquer, puis les étirent à la façon des magiciens (phalanges pliées et pouce sauteur). Muni d’un cerceau jaune, le comique va poser les règles et les bases du spectacle « spectaculo », du public « publico » et de l’artiste « artisto ». A chaque passage dans le cerceau, le public applaudit, ce qui donne tout de suite l’ambiance de la soirée. L’artiste se permettant, au passage, quelques petites blagues pour taquiner la salle.

Le fakir troué

Sur une musique de mambo, Elastic arrive avec un panier de ballons longilignes gonflés. Pendant sa chorégraphie, les ballons se dégonflent tout seul. Il revient alors avec un second panier et confectionne, dans la traditionnelle sculpture sur ballon, un chapeau d’indien, un arc et une flèche ; qu’il lance.

Coup de gong et changement de personnage en la figure d’un karatéka, ou plutôt d’un « Karaté-Kata-Kiri » (le chapeau d’indien étant mis à l’envers). La flèche devient une épée qui est coupée en deux, sans que le ballon ne se dégonfle. Elastic se fait ensuite hara-kiri avec les deux morceaux qu’il place de part et d’autre de son buste.

Coup de gong et apparition d’« el fakir » et de la « magia ». Elastic explique qu’il va avaler un ballon gonflé, comme un sabre. Il s’exécute et sa posture est un poil raide, ce qui lui permet quelques facéties. Il essaye de redresser sa tête mais n’y arrive pas. Quand tout à coup la pointe de l’épée apparaît par un autre orifice situé plus bas !

Cette séquence de « ballonneur » détourne le coté spectaculaire du transformisme en utilisant des objets minimalistes et rudimentaires. L’artiste mise tout sur sa capacité à camper un personnage en utilisant des gestes et des mimiques précises tel un mime.

L’élastique n°2

La musique du début revient et Elastic tire une nouvelle fois son élastique de gauche à droite. Arrivé en coulisse, l’élastique casse. On entend un brouhaha monstre et on voit réapparaître l’artiste « emmêlé » puis repartir à jardin.

Le saut de la mort…qui tue

Sur scène sont disposés deux tréteaux, une planche et dessus, une malle placée à la verticale. Elastic pose ensuite une veste en cuir sur l’installation improbable et finit par ajuster une rampe. Sur une musique du générique de Magnum, il annonce son prochain numéro : « El salto de la muerte », un frisson monte dans la salle…

Il chausse sa veste de cuir et des lunettes à un verre, ferme ses 8 fermetures éclair de son blouson une à une (irrésistible), enfile des gants troués, un casque et finit par attacher sa ceinture de sécurité… Il a le « look coco » !

Il part en coulisse. On entend alors un bruit de moto ; arrive sur scène un monocycle avec dessus, notre cascadeur du dimanche. Une image surréaliste et drôle. Elastic mime le motocycle en tenant un guidon imaginaire et en produisant des bruits de sa bouche. Il s’arrête, regarde le public, lance trois clins d’œil et repart. Tout à coup, il se casse la figure en avant, dans un beau gadin, et fait semblant d’avoir mal à la cheville. Un technicien vient lui porter secours, c’est Fabricio. L’assistant raccompagne Elastic en coulisse ainsi que la vespa (le monocycle).

2ème tentative du « saut de la mort », mais au naturel (sans accessoires) « à ne pas confondre avec le naturisme » dixit Elastic. Le public tape dans ses mains pour encourager l’artiste qui danse au rythme des applaudissements et fait tomber un des tréteaux ! Il se remet en place, franchit la rampe et monte en équilibre sur la malle, la tête en bas. Il se remet alors debout mais glisse et tombe à cheval sur la malle : « Il n’y a pas de problemo… Artisto ». On a quand même mal pour lui…

Flypo, le raton laveur

Elastic amène une boîte avec écrit dessus « FLYPO ». Il l’ouvre et en sort un gobelet en plastique rouge qu’il clipse à sa ceinture. Il sort ensuite le fameux Flypo qui s’avère être un raccoon. Celui-ci dit bonsoir au public en soulevant un sourcil. S’inspirant sans le copier du numéro déjanté de David Williamson, Flypo le raccoon va divertir formidablement le public grâce à sa vivacité.

Elastic demande à une « señorita » du public de venir donner un sucre à Flypo. Comme son nom l’indique, Flypo est complètement flippé. Il a le trac et essaye de se cacher à la moindre occasion. L’artiste l’amadoue avec du sucre, puis décide de l’hypnotiser pour le calmer. Ne parvenant pas à l’endormir, il emploie la méthode forte en le frappant contre la boîte ! Elastic panique car l’animal ne se réveille plus malgré différentes tentatives : sucre passé sous son nez et klaxon au raz des tympans ! Finalement, il le réanime, en lui pratiquant le bouche-à-bouche. Flypo se réfugie le nez dans le gobelet, puis son maître le range dans la mallette en se coinçant le pouce (gag du gros pouce).

L’élastique n°3

La musique du début revient ainsi qu’Elastic qui tire une nouvelle fois son élastique de gauche à droite. Arrivé en coulisse, l’élastique casse et par avec un bras à jardin. L’artiste revient sur scène et replace son bras à l’envers en le « revissant ». Il réalise alors un truc de magicien qui consiste à montrer un bras plus long que l’autre en position horizontale.

Le cerceau

Elastic joue de nouveau avec le public en utilisant le cerceau du début. Il passe son index dedans et le public applaudit. Il lance ensuite le cerceau sur le sol et il revient deux fois à lui. Au troisième lancé, le cercle part en coulisse et revient sur scène 5 seconde après, dans un effet de décalage. Quatre autres cerceaux défilent alors derrière lui ! Pour finir, Elastic lance le cerceau sur le pied de micro et finit par dire « Artisto ! ».

Le jongleur coincé

Elastic arrive avec une valise sur laquelle est écrit « JONGLAGE ». La valise reste sur place et l’artiste en fait le tour façon mime. Il lâche ensuite les deux mains et elle tient toute seule en lévitation, jusqu’à ce qu’un petit tabouret vienne se placer dessous magiquement.

Il sort de la valise une balle de volley et la fait tourner sur son doigt. Il jongle ensuite avec trois ballons sur une musique kitschissime des années 1980, au son d’un synthétiseur New wave. Elastic range ses trois ballons et sort une valise encore plus petite de la précédente dans laquelle se trouvent trois balles blanches de jonglage, avec lesquelles il jongle. Pour finir, il range ses trois balles et sort une minuscule valise des deux autres avec à l’intérieur, trois balles de ping-pong. Il place les trois balles dans sa bouche et jongle en les éjectant à la verticale.

Face au public, Elastic, la gueule de hamster, essaye de recracher les balles mais n’y arrive pas ! Il reste planté devant le public avec la tronche déformée et un sourire forcé ridicule. Il a un léger « piti problemo ! ». Il demande alors à un spectateur de venir sur scène l’aider et lui montre une affiche de lui-même en baragouinant quelques mots qui s’avèrent être des onomatopées incompréhensibles.

C’est alors qu’un téléphone sonne dans la salle. Elastic descend de la scène et se précipite sur un spectateur en lui arrachant son portable. Il parle à la personne au bout du fil et tape le téléphone sur sa valise, car il ne comprend rien au dialogue qui s’instaure. « Y challait cuper ! » dit-il.

Deux autres personnes sont invitées sur scène, un homme et une femme. Le dialogue est surréaliste. L’homme ne comprend rien et la femme, lorsqu’elle parvient à l’aider, est montrée en exemple à celui qui n’a rien compris. Celle-ci tient la valise du début à l’horizontale sur ses avant bras, tandis qu’Elastic prend un gourdin à l’intérieur et scotch sur le revers du couvercle deux yeux. L’image est plaisante car on voit les pieds de la femme avec un tronc et un visage fabriqué. L’homme, quand a lui, saisit le gourdin et tape sur la tête de l’artiste qui crache enfin ses balles de ping-pong ! Pour les remercier, Elastic fait applaudir les deux spectateurs en leur passant le cerceau autour de leur tête (running gag). Le cerceau est ensuite lancé autour du pied de micro.

L’haltérophile nain

Sur une musique de flamenco, Elastic disparaît derrière un petit paravent et laisse place à un petit homme bizarre. Fesses au public, une figure est dessinée sur son short représentant un haltérophile nain ! Le petit homme veut soulever une barre de poids mais n’y arrive pas. Il a alors l’idée de boire une célèbre boisson énergisante « qui donne des ailes » et soulève sans problème la barre en exécutant des équilibres impossibles avec. Le nain entame alors une danse endiablée devant le public et disparaît derrière le paravent. La séquence est un peu surréaliste, entre le kitsch assumé du personnage et le mauvais goût de la posture.

Le ballon

C’est la touche « Poesia » du spectacle comme l’annonce Elastic. Arrive sur scène un aspirateur. Imaginez de la poésie moderne avec un objet ménager ! Un ballon entre à cour avec lequel Elastic chorégraphie un ballet improbable ; dirigé et aspiré par le manche de l’aspirateur. Le petit ballon part en coulisse et revient sous la forme d’un gros ballon de baudruche. Suit une séquence muette très influencée par la scène du Dictateur de Charlie Chaplin. Le ballon éclate, ne reste plus que des lambeaux dans les mains de l’artiste ; qui place tous les bouts dans l’aspirateur. Le couvercle de la machine s’ouvre et réapparaît le ballon, qui se regonfle tout seul. La dernière image montre Elastic repartant avec la baudruche luminescente en coulisse.

L’élastique n°4

La musique du début revient ainsi qu’Elastic qui tire une dernière fois son élastique de gauche à droite. Arrivé en coulisse, l’élastique reste à l’horizontal et l’on voit défiler, à contre sens, les vêtements de l’artiste un à un : chemise, pantalon, bretelles, chaussette et slip ! Elastic revient sur scène nu comme un ver, puis se pare d’une serviette sur laquelle est écrit le mot « FIN ».

Conclusion

Pendant une petite heure, Stéphane Delvaux nous divertit avec intelligence grâce à son sens du gag millimétré. Avec du matériel réduit au minimum, il en fait des tonnes ! Ses mimiques touchent à coup sûr le plus réfractaire des spectateurs. Comment résister à son univers décalé, à son personnage sympathique et foutraque ? Artisto est ponctué d’un vrai « fil rouge », ou plutôt d’un élastique, qui revient comme un boomerang rappeler la facilité de l’artiste à passer d’un registre à un autre.

Toutes les saynètes sont à mourir de rire, même si, à la fin, le spectacle se dirige vers une poésie un peu convenue. Artisto est bel et bien un vrai spectacle populaire, unique, qui précipite les grands comme les petits dans une euphorie de rigolade. Un bon antidépresseur par les temps qui courrent…

A lire :
- Le passage d’Elastic lors du Congrés de la FFAP 2007 à Angers.

A visiter :
- le site de l’artiste.

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Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 25 mars 2013.
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ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France : ISSN 2276-3341

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