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DAVID COPPERFIELD

Illusion.

C’est avec jubilation que nous plongeons dans l’univers d’un des plus grands magiciens de tout les temps. David Seth Kotkin a pris le pseudonyme de David Copperfield en hommage au héros de Charles Dickens. C’est un magicien précoce. Dès l’age de 16 ans il enseigne l’art de la prestidigitation à l’université et est engagé pour une comédie musicale « The Magic Man » produite à Chicago où il chante, danse et crée toutes les illusions du spectacle. En 1977, la chaîne ABC engage le jeune homme pour une série télévisée nommée "Magic of ABC" puis en 1978  : « La Magie de David Copperfield ». C’est un énorme succès et une remarquable réussite artistique. CBS l’engage aussitôt pour une série de spectacles de magie télévisuelle : « David Copperfield TV Specials ». Depuis il ne cessera d’éblouir les téléspectateurs du monde entier avec des grandes illusions hors du commun. Il sait se faire entouré des meilleurs créateurs (dont Chris Kenner dès 1991). Grâce à son charisme, et à un bon coup de publicité avec le mannequin Claudia Schiffer, il devient très vite le magicien le plus connu de tout les temps. Depuis plus de 30 ans, il reste LA référence en matière de grandes illusions. Seule sa tournée mondiale en 2005 n’a pas convaincu. Nous étions tellement habitués à le voir mettre la barre à chaque fois de plus en plus haut. Comme Houdini, David Copperfield est et restera une figure incontournable et inoubliable, une légende. LE magicien du XXème siècle pour beaucoup, détronant les grands illusionnistes comme Thurston ou Kellar.

Le documentaire « 15 ans de Magie » de 1993, retrace ses débuts à la télé en 1977, depuis son incroyable série de grandes illusions, jusqu’à sa consécration en 1993 : l’étoile sur le « Walk of Fame » d’Hollywood boulevard. Au côté de ses illusions qui ont marqué le monde entier, le documentaire est riche en images d’archives où l’on découvre le magicien en close up man accompli. Avant de devenir le spécialiste des méga illusions, David Copperfield fut un prestidigitateur polyvalent d’une grande habileté. La séquence dédiée au close-up nous le prouve : Lévitation d’un kleenex, carte déchirée en son coin qui se retrouve derrière une fenêtre de train, bague à la rose, carte déchirée et reconstituée...

Mais revenons aux grandes illusions. Ce qui frappe d’emblé, ce sont les grands thèmes abordés par l’illusionniste : L’amour, la mort, le romantisme, le patriotisme. Ces notions gravées dans notre inconscient collectif rendent ses expériences troublantes et inoubliables. Il a compris que la magie est un formidable outil pour réunir en une seule entité des milliers de personnes. Il parle un langage commun et universel. Seul ce côté « américain » nous dérange parfois, un romantisme dégoulinant, un chantage à l’émotion appuyé par des musiques sirupeuses et des regards au lointain... Ces attitudes ont été reprises depuis par une majorité de magiciens de scène, pas de chance pour nos chers spectateurs ! David Copperfield est excellent quand il met de côté cette mise en scène douteuse. Il atteint parfois l’universel et le sublime grâce à une mise en scène sobre et efficace dans ses chef d’œuvres : Flying, Death saw, The great wall of China. On est également frappé par l’étroite corrélation avec l’univers de Harry Houdini. Même sens du spectaculaire, même sens de la publicité. David Copperfield ira même jusqu’à reproduire certaines illusions de ce pionnier de l’escapologie : L’évasion d’un coffre fort (Imploding building), d’une camisole de force (Fires of passion), des chutes du Niagara, ou d’un container rempli d’eau.

Revenons maintenant sur trois de ses plus grandes illusions. Celles-ci sont devenues des références en la matière.

« Flying » lui a demandé 7 ans de préparation. C’est la signature de David Copperfield. L’illusion la plus reconnue à travers le monde. Malgré le débinage dont elle a fait l’objet, elle reste la référence ultime en matière de lévitation. De tous temps l’homme a voulu voler, c’est un rêve commun au plus grand nombre qui prend racine dans le mythe d’Icare. Dans une ambiance bleutée reconstituant les cieux parsemés de nuages, David Copperfield se met à voler avec une facilité déconcertante. La fluidité des mouvements et la chorégraphie réglée au millimètre procurent à la scène une troublante vérité, comme si l’homme avait toujours su planer ! Peter Pan, Superman ? La gestuelle est la même que celle de nos super héros. Mais ce qui force l’admiration, c’est l’esthétique et les talents de comédien de l’illusionniste. Son physique longitudinal s’accord parfaitement à la grâce de l’apesanteur. L’apogée est atteinte quand il invite une spectatrice à voler avec lui. Le rêve devient également réalité pour le commun des mortels ! C’est du grand art.

« Death saw » : L’homme coupé en deux par une scie circulaire. David Copperfield reprend et dynamite un classique de la grande illusion : La femme coupée en deux popularisée dans les années 1920 par Horace Goldin, avec déjà une énorme scie circulaire.

« La scie de la mort » possède une remarquable construction dramatique. Le compte à rebours mettant la scie en action induit la notion de temps qui prendra tout son sens à la fin quand le magicien commandera les actions à l’envers. Il y a aussi l’idée de l’évasion (encore une référence à Houdini), du dysfonctionnement, de l’autodérision dans la séquence où, coupé en deux, il regarde avec étonnement ses pieds. Cette illusion est construite comme un rêve. Au départ un challenge réaliste qui vire ensuite au cauchemar surréaliste pour finir par un voyage dans le temps. La mort, le rêve, le temps... Des notions universelles chorégraphiées à la perfection.

« The great wall of China » : La traversée de la grande muraille de Chine a fait couler beaucoup d’encre. Encore un coup de maître, mais aussi tout un symbole revisité à sa façon. David Copperfield voyage, il est universel et peut réaliser des miracles avec n’importe quel symbole national. En choisissant des lieux mythiques, il s’inscrit lui-même dans le mythe, c’est là sa grande force. L’illusion doit être à la hauteur « du site », au moins aussi impressionnante. C’est le cas pour cette traversée à travers la matière. Une cabine où est enfermé le magicien, une pénétration du mur suggérée en ombre chinoise, une disparition, une réapparition de l’autre côté de la muraille et des spectateurs subjugués. La mise en scène est travaillée dans les moindres détails jusqu’à la présence d’une mini parabole sensée capter le rythme cardiaque de l’illusionniste, avec encéphalogramme plat à la clé. L’effet est montré en plan séquence, sans coupure de la caméra, avec des témoins autour. L’illusion fonctionne et a un fort impact parce qu’elle est mise en image selon un cadre précis. On ne voit pas ce qui se passe hors champ et cela à une importance considérable. Eloignant l’idée du trucage télévisuel, le point de vue est dirigé là où le magicien le veut.

Les bonus :

L’édition collector nous gratifie de trois formidables illusions supplémentaires faisant partie du show de 1995 sur broadway intitulé "Dreams and Nightmares". « Grandpa’s Aces », « Barclay house » et « Snow ».

« Les As du Grand Père » jouent sur la nostalgie de l’enfance, sur l’hommage de l’illusionniste à l’égard de son grand père. David Copperfield effectue le tour alors que celui ci n’est plus là pour le voir. Le tour est spectaculaire et émouvant. Il s’agit d’une production des quatre as, de leur disparition successive et de leur apparition sous le quatrième as. Un super MacDonald Aces de folie ! La mise en scène procure à ce tour de Close Up la force et l’impact d’une grande illusion. L’auteur de ce tour est le magicien canadien Alain Choquette qui a donné l’autorisation à Copperfield de présenter ce bijoux à sa façon.

« The Barclay house » est placé sous le signe du spiritisme très prisé au début du XX° siècle. C’est une super production, comme pour un film. Le conseillé artistique n’est autre que le réalisateur Francis Ford Coppola. On sent d’ailleurs sa patte dans la reconstitution d’une pièce de la célèbre maison Barclay des années 1920 qui rappel la stylistique des décors de Dracula. Effets pyrotechniques, musique de Bernard Hermann (le compositeur d’Hitchcock), décors de cinéma, images d’archives. L’atmosphère est digne des plus grands films fantastiques et les effets s’enchaînent crescendo jusqu’au final époustouflant. David Copperfield est ligoté par deux spectateurs et placé à l’intérieur de la pièce ouverte sur la salle. Deux assistantes lèvent un drap devant lui et tout à coup, différents objets placés à l’intérieur s’animent. Le magicien convoquant les esprits parvient à enfiler une veste alors qu’il est toujours ligoté. Puis un spectateur est invité à entrer dans la pièce avec l’illusionniste. Celui-ci en ressort à moitié déshabillé. La pièce est refermé vide et des esprits s’animent à l’intérieur (des mains sortent des fenêtres). Trois spectateurs sont introduit à l’intérieur puis disparaissent dans une explosion. C’est au tour des fantômes de faire leur apparition dans la salle. Des « esprits » animés volent dans tous les sens. Le show se termine par la réapparition des trois spectateurs sur une planche et deux tréteaux. Spectaculaire ! Une cabine spirite puissance 1000.

« Snow » est la matérialisation d’un rêve d’enfant (Sur une idée de Kevin James). Voir et produire de la neige à volonté. Un plaisir simple : Sentir la neige tomber sur son visage. Après une introduction faisant appel à son enfance, David Copperfield produit de la neige les mains nues. Celle-ci envahie progressivement toute la scène puis la salle. Il redevient alors enfant par un effet magique, est ensuite confronté à son double pour finir seul sous la neige en communion avec le public.

Autres curiosités des bonus, une parodie gentiment déjantée, des bandes annonces (trailers) de ses méga illusions façon sérial des années 1920 (les premiers films à épisodes), et surtout une visite dans son extraordinaire musée de la magie. David Copperfield possède la plus grande collection d’objets magiques au monde. On trouve des pièces rares, comme la première édition du livre « The discovery of Witchcraft » datant de 1584, des automates et des pièces d’horlogerie de Robert-Houdin, ou des objets personnels des plus légendaires illusionnistes comme Herrmann, Okito, Houdini, Chung Ling Soo...

Grâce à de bons conseillers, à un talent fou et un travail acharné, David Copperfield fait partie des rares personnages qui ont réussi à construire leur légende de leur vivant.

A voir :
- Illusion de David Copperfield. DVD disponible chez Copperfield Studios (2001).
- Une hilarante parodie avec Daniel Chesterfield.

A lire :
- le compte-rendu de sa tournée 2005.
- David Copperfield, une vie de magie de Benoît Grenier. Editions Amalthée (2008).

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Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 30 septembre 2016.
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