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CHUNG LING SOO

Extrait de L’Illusionniste, Vol. 7, N° 81 de septembre 1908.

Alhambra. — II y avait longtemps, chers lecteurs, que le Servant de Scène n’avait eu le plaisir de prendre la plume pour vous narrer un de ces merveilleux numéros de magie qui attirent tout Paris dans les établissements qui les ont adoptés. Mais je crois que nous allons enfin rattraper le temps perdu. De tous côtés les music-halls annoncent leur réouverture et en vedette de leurs programmes ne manquent pas de faire figurer le sensationnel « Conjurer » dont le spectacle est, de plus en plus, apprécié du public.

A l’Alhambra, la saison s’inaugure brillamment avec Chung Ling Soo et je n’attendrai pas davantage pour vous dire que dès la première représentation ce grand artiste a conquis Paris. Son acte est l’un des plus beaux que nous ayons jamais eu sous les yeux et quoiqu’il l’ait composé d’une profusion de tours merveilleux, il les exécute avec une lenteur si sûre, si artistique — voire même avec un flegme tout oriental — que les spectateurs ont le loisir de voir, d’analyser et, finalement d’admirer sans réserve l’adresse et le talent du célèbre magicien.

Chung Ling Soo en civil, alias William Ellsworth Robinson (1861-1918).

Dès son entrée sur une scène aux jolis décors japonais, Chung Ling Soo présente le tour du verre d’encre et des poissons tel que nous l’avons décrit ici-même dans le numéro 78. Puis un foulard, mis dans une carafe non recouverte, passe entre deux autres noués ensemble (XXe siècle). Vient ensuite le tour du café et des haricots exécuté avec l’appareil 678, puis celui du tambourin inépuisable fait avec un véritable tambour. Le mouchoir coupé et raccommodé avec la pièce de 5 francs fut un de ceux accueillis avec le plus de sympathie, ce qui prouve une fois de plus que les vieux tours sont toujours bons. Une gracieuse apparition de fleurs à la Kellar lui succéda, puis les anneaux chinois exécutés d’une façon très remarquable.

L’émerveillement du public fut à son comble lorsque Chung Ling Soo présenta sa fameuse expérience : « Le mangeur de feu ». Ce n’est autre chose que le n° 528 du catalogue Caroly mais l’exécution en est si parfaite qu’elle dépasse de beaucoup tout ce que nous avons pu voir en ce genre pourtant si connu.

Voici ensuite pour les spectatrices le petit frisson de terreur. Une cible est installée devant laquelle se place une femme... Le magicien tire une flèche à laquelle est fixé un ruban blanc et la jeune martyre, toujours souriante, en est traversée de part en part.

William Ellsworth Robinson après sa transformation.

Enfin pour terminer, deux grands trucs d’apparition de Mme Suee-Seen.
- Dans le premier, 4 dés sont empilés et recouverts d’une cheminée ; celle-ci étant relevée, les dés ont disparu et sont remplacés par la mignonne japonaise.
- Une nouvelle apparition a lieu au sein d’une cage de verre non recouverte et suspendue au milieu de la scène.

Des rappels enthousiastes ramènent Chung Ling Soo accompagné de sa charmante famille. Sa mimique et les chaudes poignées de mains qu’il semble vouloir distribuer a à tous ses admirateurs disent assez la joie qu’il éprouve devant cette ovation générale qu’il a superbement méritée. Tous nos lecteurs, amateur de belle magie, voudront certainement s’y joindre pour en conserver ensuite comme nous, un inoubliable souvenir.

Jean Caroly

A lire :
- Chung ling soo a t-il été assassiné ?.

Document : Collection Christian Fechner / Didier Morax.

Auteur : Collectif Artefake


Mise à jour effectuée le : 8 août 2013.
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