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BARNABARN Circus Company

Présentez-nous votre compagnie

BARNABARN est un mot islandais qui signifie littéralement « l’enfant de l’enfant », autrement dit le petit fils ou la petite fille de ses grands parents. C’est pour nous important de composer avec ce que nous sommes et qui nous avons appris à être. Nous ne serions jamais cet homme ou cette femme-là sans l’héritage des générations précédentes. Le mot est en Islandais car nous voulions également faire planer au dessus de la Barnabarn Circus Company un vent chaud sur de la glace, un état de sérénité propre à ce pays et aux sonorités de sa langue.

La compagnie est née de la collaboration entre Mikaël C. Dubois et Chloé Fournier sur le projet Cartoon, un travail ambitieux autour de l’accident, du traumatisme inconscient et du coma comme prétexte pour parler de notre perception du monde qui nous entoure. Au fur et à mesure de nos recherches, nous nous entourons de quelques personnes pour nous accompagner sur ce projet. La compagnie s’étoffe ainsi d’Albin Warette (metteur en scène), Ludovic Kierasinski (compositeur), Makyo (scénariste et dessinateur BD), Elsa Revol (éclairagiste), Didier Deret (sculpteur, dinandier), Fréderic Bihel (dessinateur BD), Jean-Michel Roggeman (régisseur), Pierre Millien (régisseur), Mathilde Brette (costumière), Florence Cherel (chargée de production/diffusion).

Mikaël et Chloé se sont rencontrés au Lido, centre municipal des Arts du Cirque de Toulouse, où était également Etienne Saglio. Nous avons rencontré Raphaël Navarro et Clément Debailleul au détour d’une carte blanche d’Etienne à laquelle nous étions invités, et les choses se sont enchaînées. A chaque question que nous avions à l’un des trois, la réponse était : « Dans l’absolu, tout est possible ! ». Alors on a demandé à Etienne et Raphaël d’être des sortes de « conseillers » en magie sur Cartoon, et de superviser notre travail.

Sur quelle(s) thématique(s) travaillez-vous ?

Dans tout ce que nous proposons, nous cherchons toujours à raconter quelque chose. Que cette histoire prenne la forme d’un récit ou non, nous avons besoin d’entrer dans le monde parallèle que l’on crée par l’histoire. Ecrire une histoire, c’est plonger dans une autre réalité que la nôtre dans laquelle tout est réinventé, sublimé, ou déconstruit. Nous n’avons pas à proprement parlé de thématiques sur lesquelles nous travaillons. Nous avançons à l’instinct.

Mais si nous devions extraire un mot de nos travaux, nous parlerions de perception. Car la Réalité est un mot inventé par l’humanité pour désigner ce qu’elle voit. Or si chaque être est différent, la réalité aura une représentation et un sens différent pour chaque être. Les chamans amérindiens disent que la matière n’existe pas. La science tente de le prouver en cherchant le boson de Higgs. Alors la réalité telle que la perçoit nos yeux ne serait qu’une illusion ? Peut-être.

Ce n’est pas un hasard si la première histoire que nous racontons parle d’un homme qui perd connaissance dans la rue, et se retrouve seul à l’intérieur de lui, perdu dans son inconscience traumatisée par l’accident qu’il vient de subir. Oscillant entre la vie et la mort, sa perception du réel, justement, est extrêmement perturbée.

Parlez-nous de vos spectacles

Nos spectacles sont composés dans le but de distraire « celui qui regarde ». Qu’est ce qu’être divertit sinon être intellectuellement et émotionnellement immergé dans la cérémonie du récit de façon satisfaisante ?

KASPAR est un numéro de mât chinois librement inspiré de Kaspar Hauser de Peter Handke. Il parle de la difficulté d’apprendre son métier d’homme. Kaspar à passé 17 ans enfermé dans une cave, et dès qu’il en est sortit, les humains lui ont tout appris : se tenir debout sur deux jambes, parler, apprendre le vocabulaire, apprendre les codes des êtres humains, apprendre. Ca l’a tué…

« Je me suis dégagé de la nature. Je suis devenu contre-nature. J’ai été forcé. J’ai été forcé d’agir. J’ai été forcé de m’abstenir. J’ai dû parfois laisser faire. J’ai pris connaissance des règlements. J’ai dû accepter les règlements. J’ai appris qu’il y avait des règlements pour la conduite et pour la pensée. J’ai appris qu’il y avait des règlements pour l’intérieur et pour le dehors. Des règlements pour les choses et pour les hommes. Des règlements généraux et particuliers. Des règlements pour l’air, le feu, le vent, la terre. J’ai appris les règlements et les dérogations. Les règles fondamentales et les règles dérivées. J’ai appris à me plier aux règlements. Je suis devenu un animal social. » Peter Handke – Kaspar Hauser

CARTOON est un spectacle de cirque et de magie nouvelle sur le monde fantasmagorique d’un homme inconscient.

« Il était une fois un homme allongé sur le bitume. Il avait perdu conscience à la suite d’un accident. Il erre désormais dans un labyrinthe intérieur et tente de retrouver son chemin avec l’aide d’une mystérieuse femme pas toujours bienveillante... »

C’est un voyage initiatique au cours duquel le personnage va devoir apprendre à choisir entre son aspiration à retrouver la vie et la menace fascinante et terrible de se laisser glisser vers la mort. Le personnage qui l’accompagne appartient au monde surréaliste des Toons et correspond à sa conscience, parfois un petit ange sur l’épaule gauche et parfois un petit diable sur la droite.

Le Toon est un genre de personnage, habituellement de dessin-animé, surréaliste et comique, souvent hystérique. Il est capable de défier les lois de la physique et/ou de la logique pour rythmer ses histoires. Le Toon correspond parfaitement à l’univers artistique du « délire ». Il a un corps élastique et indestructible, il peut faire apparaître des objets de n’importe où, il peut marcher dans le vide tant qu’il ne remarque pas l’absence de support, peut tomber de très haut et passer à travers les murs (il ne laisse qu’un trou de la forme de sa silhouette). On peut également voir ses yeux dans le noir.

Par rapport à toutes ces caractéristiques et aussi parce que les personnages de Tex Avery ou d’Hanna Barbera sont devenus universels, le Toon est un formidable terrain de jeu pour le cirque et la magie.

Cartoon est régit par une double écriture. Celle de l’invisible et du visible. Ce qui se passe réellement dans la rue (arrivée des secours, oxygène, soins, mise en civière, réanimation,…), nous ne le verrons jamais. Ce que nous verrons, c’est l’interprétation en son for-intérieur de ce qu’il ressent, comment il prend les informations du réel pour les traduire en sensations.

Comment intervient la magie dans votre travail ?

Nous l’abordons comme une magie sans magicien, dramaturgique et esthétique. La magie est pour nous l’une des réponses à toute question au même titre que le corps. Elle nous permet d’aller bien plus loin dans l’expression, d’aller chercher des choses physiquement impossibles, de ralentir le temps ou de l’accélérer, d’étirer son corps, de rendre la matière molle, de marcher dans le vide, etc. A chaque fois, elle crée la surprise. Elle permet d’aller infiniment plus loin dans le traitement visuel d’une histoire. Elle nourrit l’imaginaire en modifiant la réalité. Son utilisation est des plus riches.

Quelles sont vos influences artistiques ?

Le surréalisme, et tout ce qui vient questionner le réel en général. Nous nous inspirons beaucoup du cinéma et des réalisateurs tels que David Lynch, Marc Forster ou encore Allan Parker, qui font partie de nos favoris pour leurs façons de traiter les images, de jouer avec nos perceptions, avec nos sensations.

L’Islande, et notamment les artistes islandais (comme par exemple Jón Thor Birgisson, Balthasar Kormakur ou Erna Ómarsdóttir) nous inspirent aussi beaucoup. L’énergie brute qui se dégage de leur art nous parle énormément. Le travail des Peeping Tom nous a également beaucoup marqués.

Quel regard portez-vous sur la magie actuelle ?

Chaque Art connait à un moment donné une remise en question plus forte et plus profonde que d’habitude. Ce que vit la magie aujourd’hui est très comparable à cette mutation qu’à connu le cirque dans les années 1970/80 (le Nouveau Cirque), par le fait qu’elle passe du statut de pur divertissement par la démonstration de performances, à la volonté de questionnement sur soi, son rôle et ce qui la constitue. La magie, par essence, a toujours questionné le réel. Mais depuis une dizaine d’années c’est comme si elle cherchait un nouvel angle d’attaque.

- Interview réalisée en avril 2011.

A voir :
- Cartoon le jeudi 26 avril 2012 au Lieu Unique (scène nationale de Nantes).

A visiter :
- Le site de la compagnie Barnabarn.

Crédits photos : Sigurdur Mikason et Thierry Soufflard. Tous les documents et archives sont proposés sauf avis contraire des ayant-droits, et dans ce cas seraient retirés.

Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 5 février 2015.
MENTIONS LEGALES :

ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France : ISSN 2276-3341

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