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Alberto GIORGI

Comment êtes-vous entré dans la magie ? A quand remonte votre premier déclic ?

Enfant, j’étais fasciné par Silvan, le magicien italien. Un jour, j’étais en vacances avec mes parents et j’ai vu un spectacle de magie, exécuté en direct, par ce grand artiste. Depuis ce moment, j’ai compris ce que je voulais faire. Mes parents pensaient que c’était juste une passion momentanée et n’en n’ont pas tenu compte. Je leur ai laissé penser ça !

Quand avez-vous franchi le premier pas et comment avez-vous appris ?

Mes premiers tours étaient ceux du livre de Silvan et ceux d’un vieux livre (Il nuovo Bosco, il diavolo color di rosa) que j’ai trouvé sur un marché aux puces. Il y avait aussi dans les années 1980 un magazine hebdomadaire nommé Stupire (étonner). Un beau magazine avec beaucoup de trucs faciles à faire agrémentés de notions historiques. J’ai commencé à apprécier et à respecter l’histoire de cet art et les grands maîtres ci-rattachant. Mes premiers rudiments professionnels proviennent du livre de Patrick Page : The big book of magic. Beaucoup de manipulations classiques de base intéressantes et quelques secrets accessibles aux profanes.

Quelles sont les personnes ou les opportunités qui vous ont aidé. A l’inverse, un évènement vous a-t-il freiné ?

Quand j’étais jeune j’ai partagé ma passion pour la magie avec mon ami Pietro Micheli. Nous avons collaboré ensemble pour en étudier les fondements. Aujourd’hui, son intérêt se concentre autour de la recherche et de l’étude historique de l’art magique. En grand expert, il collectionne les fiches sur tous les magiciens.

Plus tard, j’ai fondé avec quelques amis (Luciano Donzella, Alberto Tanfi et Marco Orsetti) un club de magie avec un petit théâtre où nous avons donné des représentations tous les mois pour un public profane (La Corte dei Miracoli). Ce fut d’une grande formation et encore maintenant quand j’ai de nouveaux numéros, je tiens à les tester là-bas. Un moment unique a été la rencontre avec ma future femme et assistante Laura, qui me suit partout, partage mes représentations et la partie créative du métier. J’ai aussi eu le soutien inconditionnel de ma famille.

Dans quelles conditions travaillez-vous ?

Dans de nombreux lieux différents. J’aime pouvoir faire de la magie partout. De congrès en galas et parfois de dîner spectacle en émission de variété.

Quelles sont les prestations de magiciens ou d’artistes qui vous ont marquées ?

Quand j’ai vu le numéro de Vito Lupo à Stresa, il y a de nombreuses années, cela a été décisif en ce qui concerne ma formation. J’ai capté la puissance de l’art à l’intérieur d’un numéro magique. C’est comme si j’avais découvert, en ouvrant une porte, un magnifique jardin coloré !

Quels sont les styles de magie qui vous attirent ?

J’aime la bonne magie. Du close-up en passant par la grande illusion, du mentalisme à la comédie. Surtout quand je découvre, derrière le numéro, certains aspects de la recherche artistique. J’évite le cliché. Je prétends que tout artiste doit travailler dur pour être différent et unique. J’ai horreur qu’un magicien vole le travail d’un autre et j’aime tous ceux qui essaient de s’aventurer dans de nouvelles choses.

Quelles sont vos influences artistiques ?

En magie, Richiardi Jr. pour sa capacité à donner de la crédibilité à l’image d’un puissant sorcier. Vito Lupo pour sa vision d’un nouvel âge de la magie. Je pense qu’il est l’illusionniste qui m’a le plus fait vibrer. J’ai beaucoup d’autres mentors, mais la liste serait trop longue.

En art plastique, Caravage est le premier peintre que j’aime, pour le réalisme, les couleurs, la lumière et l’extrême modernité de sa vision. Artemisia Gentileschi pour l’énergie intérieure de ses peintures. René Magritte pour sa capacité à donner des émotions simples. Leonard de Vinci, en particulier le scientifique, pour le rêve de faire avancer la connaissance.

En littérature, Umberto Eco pour le jeu historique. Jules Verne, HG Wells pour leur capacité à dépasser le présent. Pawels et Bergier, les créateurs du réalisme fantastique, auteurs du Matin des Magiciens, un livre intéressant où les écrivains essayent de donner un autre point de vue sur l’histoire fantastique et ses légendes.

Au cinéma, Tim Burton pour ses sombres contes. Et Sergio Leone.

Au théâtre, Le Cirque invisible de Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thiérrée.

En réalité, ce que je veux dire c’est que nous sommes constamment influencés par les belles choses qui nous séduisent. Plusieurs d’entre elles entrent dans notre vie. Nous en avons besoin pour essayer d’exprimer la beauté du monde au sens global.

Quel conseil et quel chemin conseiller à un magicien débutant ?

D’aimer cet art. Tout le reste suivra cette donnée essentielle. Si vous aimez la magie, vous travaillerez dur sans effort et vous vous engagerez à respecter votre public.

Quel regard portez-vous sur la magie actuelle ?

Parfois, il y a trop d’attention à chercher « l’effet qui tue ». Il est parfois nécessaire de hausser son niveau magique pour chercher à faire des choses impossibles et d’accepter des compromis (avec la télévision, par exemple).

Je vois la magie comme une expérience artistique où il n’est pas nécessaire de chercher à être unique pour faire apparaitre le plus grand objet ou marcher sur un plafond, mais juste de montrer l’unicité particulière propre à chacun d’entre nous. Présenter de tout, même des classiques, mais d’une manière nouvelle, différente et personnelle.

Quelle est l´importance de la culture dans l´approche de la magie ?

Je ne peux pas imaginer une expérience artistique sans culture. En magie, la culture nous aide à concrétiser et convertir beaucoup de belles énigmes en expériences fascinantes.

Vos hobbies en dehors de la magie ?

Le modélisme, l’histoire napoléonienne, l’art moderne, les objets anciens et ma famille.

- Interview réalisée en octobre 2013.

A visiter :
- Le site d’Alberto Giorgi.

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Auteur : Sébastien BAZOU


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