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Adélaïde HERRMANN

(1853-1932).

Les femmes magiciennes furent assez rares dans l’histoire, et celles qui rivalisèrent avec les meilleurs de leurs confrères masculins par l’habileté et le talent furent encore plus rares. La plus grande est sans doute Adélaïde Herrmann.

Depuis le milieu du XIXe siècle jusqu’aux années 1920, sur une période de plus de quatre-vingts ans, le nom de Herrmann était synonyme de grande magie sur les scènes du monde entier. D’abord Carl Herrmann, puis son plus jeune frère Alexander, puis leur neveu Léon et enfin la veuve d’Alexander, Adélaïde, tous représentèrent pour le public l’emblème de la mystification.

Adélaïde Herrmann en danseuse (1890).

« La plus grande magicienne du monde » naquit de parents belges en 1853 à Londres sous le nom d’Adele Celine Scarcez. Encore adolescente, elle entra dans le monde du spectacle comme danseuse et en réalisant un numéro à bicyclette. Elle rencontra ensuite le grand magicien Alexander Herrmann à Egyptian Hall et devint son assistante principale, puis l’épousa en 1875 à l’âge de vingt-deux ans.

Adélaïde Herrmann et son mari Alexander.

Il était rare à l’époque qu’un magicien partage l’affiche avec une femme. Adélaïde jouait un rôle majeur dans les spectacles d’Alexander et exécutait à la perfection la danse du serpent. Parmi leurs numéros phares se trouvaient une magnifique suspension aérienne nommée The Slave Girl’s Dream, L’illusion de la crémation, et un tour où Adélaïde était propulsée d’un canon !

La fiancée fantôme (1894). Dissimulée sous un voile de gaz, Adélaïde devenait un fantôme. Dans cette étourdissante illusion inventée par William Ellsworth Robinson, une dame assise sur une chaise était hissée en l’air. Un coup de feu et un nuage de fumée plus tard, la chaise retombait sur la scène, la dame envolée.

Sleeping beauty (Harvard Theatre Collection).

Après la mort de son mari, le 17 décembre 1896 Adélaïde forma la « Grande Compagnie Herrmann » et tourna pendant trois saisons avec son neveu par alliance, Léon. Elle monta ainsi un luxueux et habile numéro de magie dans les théâtres de variétés. Quand, à cause de certains différents, ils rompirent leur association, Adélaïde se retrouva avec un entrepôt rempli d’accessoires de magie et un nom prestigieux. Elle décida de continuer seule pour devenir une des têtes d’affiche du spectacle pendant plus de trente ans. Elle joua à Paris aux Folies-Bergère, à Londres à l’Hippodrome, à Berlin au Wintergarten, et dans les principaux théâtres des Etats-Unis, pays qu’elle aimait par-dessus tout.

Magie hindoue. La décapitation réalisée par Adélaïde Herrmann semblerait être une de celles qu’Alexander présentait avec elle dans ses premiers spectacles, bien qu’il en ait présenté beaucoup. Dans cette illusion, l’artiste sort une femme d’un crâne, lui donne une chaise et (pour une raison inconnue) la décapite immédiatement avec un sabre. Sur un piédestal, surgi brusquement, il pose la tête, qui bouge et parle. Le magicien peut remettre la tête à sa place, la femme se relève, se penche et disparaît.

Affiche de 1903 reprenant le graphisme de l’Art nouveau de l’époque.

Les talents de danseuse d’Adélaïde faisaient d’elle une magicienne idéale. Elle présentait des tours de manipulation compliqués avec des boules de billard ainsi que de superbes et spectaculaires illusions. Un critique loua ainsi sa longue carrière : « Madame Herrmann s’est produite pendant 20 ans. C’était une actrice qui, outre des talents de magicienne, avait un charme fou. »

Manipulation de boules en 1899.

Adélaïde Herrmann a été l’une des seules magiciennes à effectuer le tour de la cible vivante où elle devait rattraper des balles au vol, un tour reprit de son mari Alexander et tristement popularisé par Chung Lin Soo. Elle se tenait devant un peloton d’exécution et capturait, dans sa bouche, six balles tirées sur elle par des miliciens locaux.

Célèbre pour ses décors et ses costumes très élaborés, elle changeait périodiquement le thème de son spectacle. Fin 1910 elle apparut au théâtre Victoria de Hammerstein à New York en Cagliostro, le maître des mystères, dans un somptueux décor de palais magique. Adélaïde Herrmann était coiffée d’une perruque blanche et vêtue d’un pantalon noir. Six ans plus tard (à l’âge de soixante-quatre ans) elle parut en Cléopâtre dans un décor égyptien tout aussi soigné.

En 1918 elle ouvrit un « Palais des Mystères » dans le Luna Park de Coney-lsland à New York. Elle entreprit régulièrement des tournées dans les principaux théâtres de variétés jusqu’à l’âge de soixante-quinze ans.

Adélaïde Herrmann prit sa retraite en 1928 après que tout son spectacle ait été détruit dans l’incendie d’un entrepôt ! Elle mourut à soixante-dix-neuf ans dans la suite d’un hôtel de New York, le 19 février 1932, auréolée par presque un demi-siècle de gloire dans le monde du spectacle. Pour tous les publics du monde elle avait été la reine de la magie.

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Auteur : Sébastien BAZOU


Mise à jour effectuée le : 29 avril 2015.
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ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France : ISSN 2276-3341

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